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*Les Evêques bouclent les discussions directes aujourd’hui, 28 janvier 2017. C’en est donc fini avec les arrangements particuliers. Le trio Ruberwa, Bussa et Makila, trois des ceux de l’actuel gouvernement qui ne voulaient pas signer l’Accord, y ont, enfin, adhéré. Demain, dimanche 29 janvier 2017, les Evêques s’envolent en direction de Genève, en Suisse, pour un congé de dix jours. Derrière eux, ils laissent la responsabilité à la Majorité, au Rassemblement, à l’Opposition signataire de l’Accord du 18 octobre 2016, à l’Opposition Républicaine et à la Société civile, de se partager les postes des responsabilités au gouvernement, au Conseil National de suivi de l’Accord et, dans la mesure de la restructuration partielle, à la CENI et au CSAC. Plus tard, la même poussée ira jusqu’aux gouvernements provinciaux, à l’exception des postes liés aux mandats électifs. Il semble que les entreprises publiques ne feront exception à cette règle d’or jusqu’au bout de l’application du double Accord du 18 octobre et du 31 décembre 2016 et de leurs effets subséquents. Place au soleil Longtemps, on s’est battu. Longtemps, on veut, cette fois-ci ou jamais, avoir ne serait-ce qu’un petit morceau. Plus personne n’a un minimum de sommeil. La scène politique congolaise est tellement en ébullition que les uns et les autres se réunissent à l’infini. Des tractations, conciliabules et autres stratégies se peaufinent de nuit comme de jour, pourvu qu’on ait une place au soleil. Chacun y va de ses moyens et de ses relations. L’essentiel est, semble-t-il, d’être embarqué dans ce prochain bateau dont le capitaine est jusqu’ici, inconnu. Seuls, Kabila et Tshisekedi, appelés à agir, en dernier ressort, doivent déterminer dans quelle direction et entre les mains de qui, ils laisseront conduire les rênes de l’Exécutif national pour les onze mois à venir. Tshisekedi désignera ou proposera, c’est selon. Et, Kabila, en définitive, nommera. Le tout, au nom de l’embellie dont est porteur l’Accord de la Saint Sylvestre, un texte laborieusement négocié par les Evêques, sous la main invisible du Très-Haut, les conseils pontificaux, l’appui de la Communauté internationale et, pourquoi pas, l’union des prières des fidèles catholiques de la RD. Congo et d’ailleurs. Dépeçage du gâteau 53 membres dont 43 Ministres et 10 Vice-Ministres. Telle est la taille du futur gouvernement d’union nationale. Toutes les parties prenantes ont adopté une clé de répartition qui, finalement, les aurait mises au point de convoler en justes noces, pour une gestion consensuelle de la transition d’ici la fin de l’année 2017. La Majorité : 18 Ministres et 3 Vice-Ministres, le Rassemblement : 13 Ministres et 3 Vice-Ministres, l’Opposition signataire : 8 Ministres et 3 Vice-Ministres, l’Opposition Républicaine de Kengo : 2 Ministres et 1 Vice-Ministres et, enfin, la Société Civile : 2 Ministres. Si la question persistante sur le mode désignation du Premier Ministre est réglée, comme d’aucuns s’y attendaient hier, dans la soirée, il va de soi qu’en vertu du chronogramme arrêté et convenu, qu’on passe à la vitesse supérieure. En avant marche ! Au niveau du Conseil National de Suivi de l’Accord, toutes les divergences ont été vidées. Tshisekedi wa Mulumba Etienne, devait être notifié, depuis le 26 janvier, pour sa confirmation à la tête du CNSA, devenu, ici, une des Institutions d’Appui à la démocratie pour la période charnière de la transition vers des élections libres, transparentes et démocratiques. Les trois autres Vice-Présidents du CNSA provenant respectivement, de la Majorité (Relations avec les Institutions), du Front pour le Respect de la Constitution (le suivi du Processus électoral) et de l’Opposition Signataire (la Mise en œuvre de l’Accord), devraient, eux aussi, être connus, très rapidement. Il était prévu, d’après le même chrono, que la publication du gouvernement interviendrait, dès la première semaine du mois de février, avant, évidemment, de passer au crible, toutes les étapes consécutives à l’investiture, lors d’une nouvelle session extraordinaire du Parlement, et, même, son entrée en fonction, avant le 15 mars 2017. Processus électoral Quant au processus électoral, le calendrier est attendu, au plus tard, le 15 avril 2017. Tandis que la fin de la refonte totale du fichier reste maintenue au 31 juillet 2017 et la convocation du corps électoral, au 30 octobre 2017 pour des élections prévues vers fin décembre 2017, telles que Nangaa les envisageait, du haut de la tribune du dialogue de la Cité de l’Union Africaine, à Mont-Ngaliema. Quelques détails demeurent, cependant, sur l’autre versant, au niveau de la décrispation politique et de la mise en œuvre d’autres mesures de confiance. Allusion faite, ici, aux relaxations pompeusement annoncées mais, non encore, exécutées, des prisonniers dits d’opinion ou politiques, à la réactivation des manifestations publiques via la levée, sans plus tarder, de la mesure d’interdiction, et de la réouverture des médias proches de l’Opposition qui, autrefois, avaient été fermés dans des conditions impromptues. L’application intégrale d’une telle mesure ferait que même le signal de Rfi, coupé ou interrompu, pour une raison ou pour une autre, soit aujourd’hui rétabli, dans la foulée. L’orage au passé Un mois et vingt jours, c’est la durée maximale au cours de laquelle les Evêques auront tout sacrifié, y compris leurs vies et tâches pastorales dans leurs Diocèses respectifs, pour ramener les acteurs politiques congolais, ceux-là même qui, à l’approche du 19 décembre, date de la fin du deuxième et dernier mandat présidentiel, se promettaient l’apocalypse ou, à la limite, la mort. La Majorité, de son côté, disait que ce jour-là, le soleil se lèverait à l’Est ou se cacherait à l’Ouest, comme d’habitude. Alors que le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au changement, une des plus grandes plateformes politiques de l’Opposition que la RD. Congo ait connues, depuis des temps immémoriaux, réaffirmait, pour sa part, que ce même jour-là, le peuple congolais allait, lui-même, se prendre en charge. Autrement dit, le Rassemblement, avec Etienne Tshisekedi wa Mulumba, en tête, brandissait le spectre du carton rouge, avec son cortège de manifestations des rues, des casses et plasticages des sièges des partis politiques, des arrestations et autres cas liés notamment, à la furie mêlée à la colère d’un peuple bousculé vers le Palais de la Nation où il devrait, vraisemblablement, récupérer, selon le Rassemblement, les clés de la gestion de la Res Publica que détient Kabila, depuis son accession au pouvoir, il y a 16 ans. Tempérance Entre les deux visions rivales sur l’avenir de la RDC, il fallait bien cliquer sur le clavier de la tempérance, pour une traversée en douceur de cette date dite fatidique du 19 décembre 2016. Tel est, littéralement, le rôle qu’auront joué les Evêques, plus particulièrement, entre deux camps diamétralement opposés et cristallisés autour de deux icônes politiques, à savoir, Joseph Kabila, l’Autorité Morale de la Majorité, et Etienne Tshisekedi, le Président du Comité des sages du Rassemblement. Des navettes opérées par les Evêques pour jeter le pont du dialogue en disent long sur la profondeur du fossé ainsi que les surprises qui étaient inscrites au rendez-vous, entre ces deux blocs. Grâce à la médiation des Evêques, le pire, comme tout le monde peut le dire, a été évité de justesse au pays. Le chaos s’est mué en un avorton. La catastrophe, longtemps attendue, s’est vite retournée en un petit pétard mouillé. La tension qui, pourtant, était à environ 100 %, est revenue dans des proportions optimales. Dialogue Plus personne ne voyait l’intérêt de percer, de pousser son outrecuidance vers l’avalanche des faits et gestes dus à la violence. La page a été donc, tournée. Et, dans la suite, c’est le dialogue, avec ses multiples vertus cardinales qui s’est imposé dans le microcosme politique. Surclassant celui de Kodjo, le dialogue des Evêques et son succédané, l’Accord du 31 décembre, est devenu, au fil des temps, la base essentielle de la nouvelle feuille de route grâce à laquelle, nul n’a le droit de ramer à contre-courant, sans provoquer un épisode de tensions abyssales.
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