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Ça gronde à la MIBA avec ondes de choc sur toute la ville de Mbuji-Mayi. Une grosse pierre de 146,80 carats récupérée dans des graviers se serait volatilisée du polygone minier…avec la complicité de la direction générale, râlent des travailleurs. Qui avaient déjà dû refroidir leurs espoirs en raison des perspectives du départ imminent du fils du terroir, Samy Badibanga, qui s’est pourtant engagé devant l’Assemblée nationale à relancer la Minière à court terme. 
La tension est montée d’un cran le 28 décembre dernier dans le polygone de la Minière où des travailleurs étaient sur le point de battre le pavé suite à la confusion sur la destination finale de la fameuse pierre. On le sait, quand la MIBA éternue, toute la ville de Mbuji-Mayi s’en trouve fébrile. La ville diamantifère est, on le sait, sous régime de couvre-feu voilà trois mois.
Sur demande expresse des autorités provinciales du Kasaï oriental, a-t-on appris, une assemblée générale extraordinaire de la mouvance syndicale élargie aux cadres de direction s’est tenue le jour suivant au siège de la Minière en vue de calmer l’ire des travailleurs dont les conditions sociales sont de plus précaires depuis des lustres. Le bureau syndical a, au terme de ladite assemblée, appelé les travailleurs au calme, soutenant avoir reçu de la direction générale des assurances que la fameuse pierre est toujours conservée dans le coffre-fort de l’entreprise et n’a jamais été expédiée en catimini à Kinshasa. Sans convaincre. Ici l’on se rappelle de l’affaire Ngokas, du nom d’une grosse pierre ramassée par l’alors creseur artisanal à la tête d’une corporation montée de bric et de broc, la FECODI, Alphonse Ngoy Kasanji. Il avait fallu des pressions, y compris de la presse nationale et internationale, pour que le pouvoir de Kinshasa lui restitue sa gemme. La Minière, foi du bureau, ne tient que par la volonté de ses travailleurs et de sa direction générale. L’Etat n’a pas réussi, ces dix dernières années, une stratégie de relance de cette entreprise.
La direction générale de la MIBA assure cependant que la fameuse pierre sera vendue au plus offrant, dès que toutes les conditions seront réunies. La MIBA accuse une dette sociale de plus de 150 millions de dollars. Sa principale commissaire au compte, Eliane Munkeni, est plutôt d’avis qu’elle doit être déclarée en faillite. A Mbuji-Mayi – qui demeure le centre névralgique de l’espace kasaïen, quoique saucissonné -, les complaintes du «Kasaï région-laissée-pour-compte», du «Kasaïen luba paria» gagnent l’opinion. La Dakor, un mouvement citoyen type «Y en a marre», a même tenté, mais sans succès, de dégager Ngoy Kasanji, le représentant de l’Etat à Mbuji-Mayi.
Dans l’espoir de calmer la tempête de contestation qui va se politisant, la société civile a même offert de tartiner la Minière pour sauver ce qui peut encore l’être. Niet du banc syndical. Pourtant, enfer ou paradis, peu importe, il faut des soins d’urgence à la MIBA qui est financièrement exsangue, d’après le check-up dressé par sa commissaire au compte, Eliane Munkeni.
Après un prêt de 11 millions de dollars obtenu contre un gage de 4 titres miniers en 2005, la MIBA pourrait à nouveau se tourner vers la RAWBANK, propriété des frères pakistanais Rawji, pour un emprunt additionnel de 85 millions de dollars. Le 15 septembre 2015, le DG intérimaire de la Minière, Dieudonné Mbaya Ciakanyi, avait laissé entendre que cette somme pourrait être décaissée à l’issue des négociations en cours entre la banque et la MIBA. Il y a peu, la MIBA a acquis des matériels roulants pour ses activités, sur fonds propres, a-t-on appris. Courant août 2015, une institution financière indienne, PML, a également proposé d’injecter 35 millions de dollars et de doter la MIBA d’engins lourds pour faciliter l’exploitation du diamant dans les roches dures des kimberlites. Avis d’experts, ça ne serait que cautère sur jambe de bois.
Plus d’une fois, les quelque 3.400 agents de la Minière se sont prononcés et ont manifesté pour du nouveau, pour MWANA AFRICA, dirigé par un fils du terroir, Kalaa Mpinga. Bémol, de lui on dit qu’en janvier 2001, il aurait tenté en vain d’amadouer Robert Mugabe pour le faire adouber Chef de l’Etat dans la suite des incertitudes inhérentes à l’assassinat de M’zee Laurent-Désiré Kabila. Depuis, l’homme est présenté comme personna non grata en R-dC. Pourtant, officiellement, l’Etat n’a jamais décidé du bannissement du fils Mpinga Kasenda, ancien Premier ministre sous Mobutu.
MWANA AFRICA a, en effet, racheté en 2006 la SIBEKA, actionnaire minoritaire avec 20% des parts dans la MIBA. L’Etat, actionnaire majoritaire à 80%, n’a jamais été mis au courant de cette transaction. Depuis la SIBEKA propose à l’Etat un montage financier pour la relance de la MIBA, selon un rapport conjoint daté de mi- octobre et rédigé par la ministre du Portefeuille, Louise Munga et son collègue des Mines, Martin Kabuelulu. Mais l’offre de la SIBEKA est assortie de préalables que les deux ministres jugent… irrévérencieux vis-à-vis de l’Etat.
«A notre avis
, expliquent les deux ministres, il n’est pas approprié de fonder les rapports contractuels sur la base de « la stratégie du couteau sous la gorge ». «Je constate, écrit Mme la ministre du Portefeuille au Premier ministre, que la plupart d’exigences exprimées par SIBEKA ne donne pas d’ouverture à la reprise d’une relation harmonieuse. Aussi, je propose que la reprise de contact avec SIBEKA ne puisse se faire qu’après que le gouvernement se soit prononcé sur les exigences de la SIBEKA ».
MWANA AFRICA/SIBEKA exige que la gestion de la MIBA soit cédée, pour une période de 3 ans, à une société spécialisée sélectionnée sur base d’un appel d’offres international auquel la MWANA AFRICA/SIBEKA aura le droit de soumissionner. Conditionnalité rejetée par la ministre du Portefeuille. Qui soutient que durant une dizaine d’années, toute la gestion de la MIBA était concentrée à Bruxelles ; les approvisionnements, la commercialisation et même les finances. Alors que la MIBA affichait des résultats négatifs, indique Munga Mesozi, la SIBEKA se retrouvait respectivement dans les approvisionnements et la vente de diamant. Le prix de vente officiel négocié par SIBEKA oscillait entre USD 7,00 et USD 11,00/carat alors que, sur le marché, le diamant brut coûtait entre USD 25- USD 35/carat. Cette opacité, poursuit Munga, a continué même pendant la période où SIBEKA assumait le poste d’ADG. SIBEKA était donc au centre de toutes les décisions jusqu’à l’arrêt de leur participation en avril 2009, coïncidant avec l’absence de production de diamant par la MIBA. Et Munga de poursuivre «Le Gouvernement devrait apprécier s’il est souhaitable de donner la Direction Générale de la société à la SIBEKA dont nous déplorons quelques années de gestion calamiteuse ou à une société tierce ».
Et voilà SIBEKA qui offre sa version révisée des statuts de la MIBA dans lesquels elle insère, selon la ministre du Portefeuille, diverses règles nouvelles visant essentiellement à renforcer sa position d’actionnaire minoritaire au sein de la société et son contrôle sur le quorum et le mode décisionnel au sein des organes sociaux. SIBEKA tiendrait à désigner seule l’ADG de la MIBA. Elle préfère la nomination d’un seul administrateur indépendant alors que l’Etat avait déjà suggéré la désignation d’au moins deux Administrateurs indépendants, l’un par l’Etat et l’autre par SIBEKA. MWANA AFRICA/SIBEKA s’oppose également à la proposition du gouvernement d’incorporer aux fonds propres de la MIBA toutes les interventions financières faites par l’Etat à la MIBA. Il s’agit près de USD 25 millions (dont USD 11 millions obtenus, mi-2007, auprès de la RawBank, au taux d’intérêt de 10% pour 2 ans. Puis de plus de USD 3 millions décaissés, entre 2009 et 2013, pour la paie des administrateurs recrutés dont Joffrey Ovian. Et enfin les USD 10 millions en 2010 en vue entre autres de la certification des réserves de la Minière). Pour MWANA AFRICA/ SIBEKA, les appuis financiers de l’Etat ne peuvent nullement être considérés comme des dettes contractées par la MIBA. D’autant plus qu’ils n’ont guère contribué à la relance de la Minière de Bakwanga. L’une des conditions posées par MWANA AFRICA/SIBEKA pour la relance de la Minière est l’introduction de la MIBA, 4 ans après sa reprise, en bourse. Proposition approuvée par la Commission interministérielle, mais que la ministre du Portefeuille a finalement rejeté. Pourtant la Commission ad hoc sur la Minière de Bakwanga (composée d’Experts représentant la Primature, la Vice-Primature en charge du Budget, les Ministères du Portefeuille et des Mines ainsi que le COPIREP) a officiellement recommandé au gouvernement l’harmonisation des rapports entre les deux actionnaires Etat et SIBEKA, comme préalable à toute initiative de relance de la MIBA.
POLD LEVI
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