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Le décès d’Étienne Tshisekedi met à l’épreuve l’opposition congolaise qui s’était rangée derrière cette figure iconique. Sa disparition constitue un "défi", en pleine négociations des modalités d’application de l’accord du 31 décembre.

Pour se rendre compte du choc que constitue la disparition d’Étienne Tshisekedi en République démocratique du Congo, il suffit de lire les premières lignes de l’hommage qui lui a été rendu, au lendemain de sa mort, sur le site local d’actualité politique, politico.cd. "Le baobab de Kananga (sa ville d’origine, NDLR) s’est couché. Chacun l’aime désormais. Même ceux qui, alors, s’opposaient à lui dans les éternelles et glissantes discussions directes de la Cenco (Conférence épiscopale nationale qui arbitre les négociations entre l'opposition et la majorité autour de l’accord de transition, NDLR). Il est le héros absolu. On cite ses mots. On apprend ses pensées. On singe ses discours. Jamais peut-être, un homme n’a été aussi grand dans la mort. Car à la différence de ceux qu’on élève quand ils rendent l’âme, lui était déjà immense, de son vivant ", écrit le directeur de la publication et fondateur du site, Litsani Choukran.

Étienne Tshisekedi est décédé, mercredi 1er février, en Belgique, soit un mois après la signature, le 31 décembre dernier, d'un accord inédit entre l’opposition et la majorité présidentielle. Le texte prévoit une cogestion du pays jusqu’à l’organisation d’une élection présidentielle fin 2017. Joseph Kabila, qui perd avec le décès de Tshisekedi son opposant le plus féroce, est maintenu au pouvoir durant la transition, et s’est engagé à ne pas se représenter. Étienne Tshisekedi s’en va au moment où les modalités d’application du texte sont toujours en cours de discussions, les deux camps achoppant sur plusieurs points. Désigné pour prendre la tête du comité de suivi, il devait jouer un rôle déterminant dans le déroulement de la transition. Interrogé par France 24, François Muamba, président de l’Alliance pour le développement et la république (ACR) et membre de la coalition de l’opposition "Le rassemblement", décrit un clan "effondré par la douleur", mais déterminé à poursuivre le combat politique de leur leader. "Au-delà de la peine et de la souffrance, nous allons poursuivre le chemin. Il nous a indiqué la route vers un État fort, vers une démocratie qui permette de résoudre les problèmes des Congolais, nous allons aller jusqu’à la fin de la route", explique-t-il. L’accord de transition est "au-delà de la douleur, la priorité des priorités".

Le décès d’Étienne Tshisekedi, président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et leader du Rassemblement, constitue "un défi supplémentaire", estime François Muamba. "Je ne minimise pas la difficulté, mais je pense que les hommes d’État se révèlent aussi face à des situations comme celle-ci. Je suis convaincu qu’avec tous mes camarades, nous allons être dignes de cet héritage, que nous allons rester unis et forts". Les membres de la coalition de l'opposition doivent se retrouver jeudi 2 février pour parler de l’avenir de leur clan. "Nous allons faire en sorte de trouver vite la formule pour permettre d’aller de l’avant et conclure l’accord. C’est la priorité des priorités, au-delà de la douleur", espère François Muamba. Interrogé par RFI, l'historien congolais Isidore Ndaywel, auteur de l'ouvrage "Histoire générale du Congo", veut croire également que cette disparition ne mettra pas à mal tous les efforts déployés pour aboutir à une transition pacifique : "Souhaitons que cette disparition soit une occasion pour qu’il y ait un sursaut tant au niveau des pouvoirs publics, que du président de la République et de l’opposition, pour que finalement cet accord soit mis en place."

"Je pense qu’aujourd’hui, tous ceux qui croyaient que Tshisekedi leur faisait de l’ombre, c’est le moment de sortir pour essayer de rassembler l’opposition et de se ressaisir de manière à continuer le processus, arriver jusqu’au bout et organiser les élections au mois de décembre comme il a été arrêté dans l’accord du 31 décembre", souhaite aussi Joseph Kongolo, spécialiste politique intérrogé par Radio Okapi. Je pense que c’est un défi pour l’ensemble de la classe politique congolaise et pour l’ensemble des acteurs du Rassemblement, surtout ses sages. C’est le moment de prouver leur sagesse. Nous allons juger de leur sagesse après la mort de Tshisekedi, s’ils peuvent prendre le relais pour faire aboutir ce processus qui est en cours." Sur cette même radio, le ministre congolais des Médias et de Communication, Lambert Mendé, a annoncé l’organisation de funérailles "officielles" pour Étienne Tshisekedi . À l'annonce de sa disparition mercredi soir, plusieurs dizaines de ses partisans ont été visés par des tirs de grenades lacrymogènes alors qu'ils lui rendaient hommage.

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