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La République Démocratique du Congo est l’un des rares pays où des particuliers sont plus friqués que l’Etat. Il suffit de voir les grattes ciels qui poussent à travers la Ville mégalopole de Kinshasa appartenant à des individus pour s’en rendre compte. Des études menées par certaines structures spécialisées laissent entendre qu’un individu peut se procurer seul, jusqu’à dix, voire plus de vingt villas huppés. Un pays dépourvu du Smig et où la tension salariale ou barémique n’est pas clairement définie s’expose à un déséquilibre accru entre la population. Au point de se demander d’où provient la fortune qui enrichit certains, pendant que d’autres sont dans une extrême pauvreté? La réponse est toute simple. Selon bon nombre d’observateurs, c’est le fruit de la velléité de la corruption qui a atteint le seuil de paroxysme. La corruption est plus vielle que le monde. Elle est devenue pratiquement un fléau de la société congolaise. Qui plus est, aucune instance du pays n’est épargnée à la corruption. Le rapport de Transparency International, sur l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2016, à travers le monde, publié dernièrement vient davantage enfoncer le clou. La RDC a occupé la 156ème place sur 177 pays où règnent les inégalités causées par la corruption dans le monde. Soit 21% en termes de score. Comparé au classement précédent de 2016, il y a une nette régression d’un point passant de 22 à 21%. Et ce, malgré l’engagement de l’exécutif national à promouvoir et à lutter contre la corruption dans la gestion de la chose publique. Plusieurs tentatives de stopper l’hémorragie liée à la corruption ont été prises dans ce sens allant jusqu’à la nomination par le Chef de l’Etat Joseph Kabila, d’un Conseiller spécial en matière de lutte contre la corruption, et le blanchiment des capitaux. Malheureusement, depuis qu’il a été investi à ce poste, voici près de deux années, aucun signal n’est perceptible à l’oreille apprenant qu’une personnalité quelconque, politique ou non, se serait rendue coupable de crime de corruption et jeter en prison. C’est pourquoi, la Ligue Congolaise de Lutte contre la Corruption (LICOCO), invite les autorités congolaises à briser le cycle d’impunité pour atteindre les objectifs de développement durable en RD-Congo. Par ailleurs, elle en appelle au gouvernement en gestation issu de l’Accord de la Saint Sylvestre de prendre le taureau par ses cornes pour endiguer ce fléau exsangue qui mine la société congolaise jusqu’à la rendre plus pauvre que l’indigent lui-même. Un véritable engagement patriotique d’autant plus que les pays qui appliquent la « bonne gouvernance », attirent moult investisseurs étrangers et cela amène la croissance économique. Fort malheureusement, la réalité en RD-Congo est toute autre. L’Evêque protestant qui avait prêché à la Cathédrale du Centenaire protestant lors de la commémoration, le 16 janvier 2017, de 16èmeanniversaire de l’assassinat de Mzee Laurent Désiré Kabila, a craché la vérité. La RDC a raté plusieurs investissements parce que le ministre qui est appelé à signer le dossier du contrat d’investissement exige à l’investisseur de pot de vin, allant jusqu’à 100 mille dollars avant d’apposer sa signature alors que l’investissement n’a pas encore démarré et est profitable au pays. La LICOCO est revenue avec force détail, sur des cas avérés à travers lesquels, la RDC s’est mise au devant de la scène à la suite de plusieurs cas de corruption (Dossier BGFI Bank, Dossier FPI, Dossier Gécamines, Dossier Fibre optique, Dossier RVA, Dossier BIAC etc.). Contre toute attente, la Licoco exhorte le Chef de l’Etat à s’impliquer personnellement à travers le bureau de son Conseiller en matière de lutte contre la corruption pour renforcer son action et aider ses services à collaborer étroitement avec d’autres services de l’Etat afin de combattre la corruption en RDC. Ouvrir l’œil sur des crédits qui tombent en annulation La plupart des administrations centrales de différents ministères de l’Etat se plaignent de ne jamais utiliser la ligne budgétaire qui leur est allouée. L’administration publique, en dehors des finances et budget, ne consomme que moins de 20% de ce qui est prévue dans la ligne budgétaire. Les agents et cadres commis aux secrétariats généraux de deux ministères des finances et budget ont tellement verrouillé le circuit des dossiers, que lorsque vous introduisez le plan d’engagement des dépenses, très souvent, il n’aboutisse pas et pas par conséquent, il tombe en annulation. Les pauvres fonctionnaires ont toujours cherché de savoir qui ‘’bouffe’’ ces grosses sommes qui tombent en annulation? D’après certaines indiscrétions, ce sont les agents de finances et budget qui savent eux-mêmes la destination que prend souvent cet argent, a soutenu un fonctionnaire ayant requis l’anonymat. Par ailleurs, il revient que certaines personnes qualifiées d’intouchables, sont à la quête des dossiers d’argent de particuliers à débloquer dans des ministères ou quelques entreprises du portefeuille, moyennant des commissions à percevoir. Dans l’un ou l’autre cas, si la RDC veut aller loin dans cette démarche, elle n’a qu’à s’inspirer du modèle du nouveau président ghanéen Nana Akufo Addo qui s’est engagé à nommer un procureur indépendant pour enquêter spécifiquement sur les allégations de corruption et éviter l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
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