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Des accrochages commencé la nuit du lundi 13 février, entre les forces de l'ordre et les adeptes de la secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo (BDK), dans la commune de Ngiri-Ngiri, ont semé la panique dans la capitale.

Tout est parti dans l'après-midi de ce même lundi, quand un groupe d'adeptes de BDK dont le chef spirituel est le député national Ne Muanda Nsemi, s'est opposé aux policiers venus le déloger sur l'avenue Bosenge n°22 dans la commune de Ngiri-Ngiri.

Selon Jean Onema, bourgmestre de la commune, les accrochages ont occasionné deux morts. Quant au motif, le bourgmestre déclare que les autorités étaient informées de la présence des adeptes de Bundu dia Kongo dans le quartier, dont la plupart sont venus de la province du Kongo central.« Depuis une semaine, ils y commettaient des actes inadmissibles », d'après Jean Onema. « Ils se retrouvaient à 30 ou 40 dans une maison. Certains provoquaient la police en insultant les autorités de la place, » renchérit une source sécuritaire.

C'est ainsi qu'il a été décidé de les déloger. Mais à l'arrivée des policiers, ces derniers ont opposé une résistance farouche, ce qui a conduit à des accrochages sanglants.

Bilan « partiel »

Cette situation est restée tendue jusqu'aux environs de 19h30' « Les policiers qui sont partis déloger certains adeptes de Ne Mwanda Nsemi dans sa parcelle de Bosenge font face à une résistance farouche de ces derniers. Les adeptes de BDK ripostent aux gaz lacrymogènes lancés par la police, » a témoigné un habitant du quartier, joint au téléphone lundi soir.

En réponse, la police a riposté à ce qu'elle qualifie de « provocation des militants de BDK », a indiqué une source sécuritaire, affirmant que « la police a réussi à les confiner dans leur lieu de retranchement. »

Le bilan partiel des accrochages, donné par la Police nationale congolaise (PNC), fait état de « 22 personnes interpellées dont 8 blessés graves dans la commune de Ngiri-Ngiri », indique un communiqué de la PNC publié mardi. Cependant, la police qui n'évoque pas le cas de morts, affirme avoir saisi cinq armes dont quatre AKA et un Uzi. Mais aussi, deux jeeps de particuliers auraient été brûlées par « les combattants » de BDK.

Un assaut décisif

Les heurts se sont poursuivis mardi à Ngaliema, une autre commune située à l'ouest de Kinshasa, non loin de la résidence officielle du chef spirituel de BDK. Le matin, un important dispositif policier a été observé autour de la résidence de Ne Mwanda Nsemi.

Selon des témoins sur place, il y aurait plusieurs morts et plusieurs blessés dans les rangs de Bundu Dia Kongo. « Il y a plusieurs détonations depuis 4 heures du matin. La police a utilisé le gaz lacrymogène également ».

« Nous sommes encerclés depuis quatre heures par les forces de sécurité. On les a repoussées à plusieurs reprises. Mais la situation est très grave, il y a des morts ici dans la parcelle et plusieurs blessés, nous cherchons comment évacuer ces blessés. Le chef lui-même est sur place » a témoigné ce cadre de BDK, joint au téléphone par Afriqueactualite.com.

Le quartier se vide

Les ambulances de la Croix-Rouge de la RDC, sont en train d'évacuer les corps sans vie ainsi que les blessés, dans la résidence de Ne Muanda Nsemi à Ngaliema. La tension est toujours vive autour de la résidence du député et chef spirituel. Le dispositif policier sur place est composé de quatre jeeps et deux camions anti-émeutes. Trois véhicules de la mission onusienne (Monusco) sont également sur place.

Jusqu'à tard dans l'après-midi mardi, la situation n'avait pas évolué dans la commune de Ngaliema où la police tentait de neutraliser les partisans de BDK retranchés dans la résidence de leur chef spirituel. Plusieurs activités ont été paralysées dans les quartiers environnants. Boutiques et magasins sont restés fermés.

Le commissaire provincial de la police à Kinshasa, Célestin Kanyama, de passage sur place, aurait promis de lancer d'abord un assaut définitif contre les combattants de la secte politique-religieuse, avant de faire un communiqué officiel, rapporte un confère d'Actualite.cd.

Pendant ce temps, plusieurs habitants qui résident dans les parages abandonnent leurs maisons, craignant ainsi le pire. Certaines familles fuient avec leurs enfants, emportant leurs bagages. On peut également voir les traces de sang dans certains coins de la rue.

13 millions de dollars USD de dommages

Depuis quelques semaines, le torchon brûle entre le pouvoir et les adeptes de le secte très influente dans le Kongo central. Dans une vidéo qui a fait le tour de la toile récemment, Ne Mwanda Nsemi avait appelé ses partisans à chasser le président Joseph Kabila qu'il traitait de « Rwandais ».

Par ailleurs, entre autres revendications, le député-chef spirituel de BDK réclame au président Joseph Kabila, « 13 millions de dollars à titre de dommages et intérêts pour lui et ses militants massacrés » en 2008. Décision prise, selon lui, par le parlement congolais.

« En 2008, on a massacré les adeptes de Bundu dia Kongo. Et le parlement a voté une loi, selon laquelle, le gouvernement doit payer des dommages et intérêts à Bundu dia Kongo (...) divisés en deux parties: il faut payer trois millions de dollars à Ne Muanda Nsemi pour compenser les souffrances morales qu'il a endurées quand on a tué ses disciples. Deuxièmement, dix millions de dollars que doivent se partager les fidèles dont on a brûlé les maisons et dont on a tué », explique le député Ne Muanda Nsemi, dans une vidéo diffusée sur youtube à la fin du mois de janvier.

Réponse du berger à la bergère

Pour le gouvernement congolais, le député national, Ne Muanda Nsemi, est recherché par la justice en vue d'être jugé en procédure de flagrance pour des troubles ayant causé mort d'hommes au mois de janvier à Kimpese et Songololo, dans la province du Kongo central.

« C'est une affaire judiciaire. Je pense que la justice est en train de procéder à l'interpellation d'un député en procédure de flagrance suite à des actes de violence qui ont coûté la vie à plusieurs personnes dans la province du Kongo central. Tout le monde sait ce qui s'est passé à Kimpese et Songololo. Et manifestement il y a de la résistance à cette arrestation», a déclaré Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, avant d'inviter la population kinoise au calme.
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