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*Il aura rencontré tout le monde, sauf la branche radicale de l’Opposition constituée essentiellement, du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au changement, menée par le duo Félix et Lumbi. Pendant ce temps, du côté de l’Onu, des USA, de la France, de la Belgique, du Canada, de l’Union Européenne et de l’Union Africaine, des appels au consensus se multiplient. Alors que les Evêques ont été dessaisis de leur mission de bons offices, depuis le 28 mars 2017, la question de la signature de l’Arrangement Particulier, demeure, cependant, la condition sine qua non, pour la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre. Au plan social, la grogne alimentée par la crise économique avec l’érosion monétaire et la flambée des prix sur le marché des biens et services, plante, paradoxalement, un décor qui exige, à la fois, des moyens ainsi que la vraie cohésion nationale, pour le début de la transition orientée vers des élections apaisées, libres, transparentes, justes et démocratiques, à des échéances fixées à fin décembre 2017.

Tractations

Là où les Félix récusent, avec véhémence, la démarche de Maman Sambo Sidikou, le Représentant Spécial d’Antonio Guterres, le Secrétaire Général de l’Onu, qui, ce week-end, à Kinshasa, aurait parlé de l’inclusivité de ce nouveau gouvernement, Bruno Tshibala a, plutôt, reçu l’appui de l’Opposition signataire et non signataire de l’Accord du 18 octobre. Vital Kamerhe, Azarias Ruberwa, José Makila, Steve Mbikayi et Jean-Lucien Bussa Togba ne lui demandent pas plus. Si ce n’est l’exigence de leur participation accrue au futur gouvernement.

Tandis que M. Aubin Minaku Ndjalandjoko, agissant au nom de la Majorité Présidentielle, a conduit, pour sa part, une forte délégation qui, elle, est restée logique avec elle-même, au sujet des termes fixés par le Président Kabila, dans son discours du 5 avril dernier, lorsqu’il s’adressait aux Députés et Sénateurs, réunis en Congrès. Bien d’autres groupes hétéroclites, venus de la Société civile signataire et non signataire, ont eu des entretiens nourris avec Bruno Tshibala. Le Cartel de Partis de l’Opposition signataire, animé par Gaston Dyndo Zabondo, les alliés de Tshisekedi, avec Jean-Pierre Lisanga, en tête, la Dynamique de l’Opposition et le Rassemblement de Joseph Olenghankoy, Me Lumeya Dhu Maleghi, Ingele Ifoto, Roger Lumbala et consorts, lui ont, tour à tour, transmis leurs propositions sur la configuration du gouvernement de transition.

A la société civile, ça bouge. Tout risque de tourner au vinaigre. Car, le tollé est général. Au moment où Tshibala met la dernière main sur les listes et les noms, Jean-Marie Ntantu Mey, craignant que le désordre ne prenne le dessus sur la raison, crie déjà à la tricherie. Il semble que des personnalités qui ont vu, dernièrement, Bruno Tshibala pour négocier avec lui leur entrée dans son équipe gouvernementale, n’auraient ni titre, ni qualité, pour engager la Société civile, dixit l’un des ses Doyens. Faut-il ou ne pas l’écouter? La question reste posée. Il appartient, néanmoins, au nouveau Premier Ministre d’y répondre, après vérification. Mais, quoi qu’il en soit, il n’y aura pas de places pour tous les congolais au gouvernement de transition. La taille est strictement limitée. Et, les moyens aussi.

Cap sur les élections

L’essentiel, pour certains analystes, est d’aller aux élections. L’actuel débat centré sur la querelle des postes serait de nature à éluder les causes de la crise à laquelle la RD. Congo est confrontée. Si, hier, l’objet de la crise était lié à la non-organisation des élections dans les délais constitutionnels, à la fin du deuxième et dernier mandat du Président Kabila et à l’institution d’une transition non prévue par la Constitution, celle d’aujourd’hui, prendrait une autre forme. Elle tiendrait, peut-être, du fait du non-respect du chrono et des échéances, de la non-application intégrale de l’Accord du 31 décembre ou, à la limite, de celui du 18 octobre 2016, et, surtout, en raison de la non-tenue des élections dans les délais prévus par les deux Accords signés dans l’espace de deux à trois mois. Aujourd’hui plus qu’hier, la crise née de la rupture du dialogue au Centre catholique Interdiocésain, offre une perspective pernicieuse pour l’avenir du pays, si la gestion consensuelle, telle que négociée avec Etienne Tshisekedi wa Mulumba, décédé le 1er février 2017 et dont le corps traîne encore à Bruxelles, n’est pas organisée. Tshibala, l’un des ses disciples, dès sa première sortie publique, il y a plus d’une semaine à Lemba, son bastion naturel, à Kinshasa, aurait pris le pari de tout faire, pour appliquer l’Accord du 31 décembre 2017 et amener, par ricochet, les congolais aux élections. Il sera, certainement, jugé à la pièce. Car, les congolais, eux, loin d’être des moutons des panurges, savent bien lire entre les lignes, tous les actes posés.

Vers un deuxième tête-à-tête

A l’issue de ses tractations, depuis qu’il a été nommé aux prestigieuses et juteuses fonctions de Premier Ministre, le 7 avril 2017, Bruno Tshibala Nzenzhe, devrait, en principe, revoir le Président Kabila, le mandant, pour lui faire le point de la situation. Une telle rencontre, dans son format habituel, revêt toujours un caractère solennel. Normalement, elle aurait lieu, sans nul doute, dans les prochaines 24 ou 48 heures, si pas dans la journée d’aujourd’hui, s’il faut que le gouvernement soit connu cette semaine. Ceci permettrait, par exemple, au Président de la République, en vertu de tous ses pouvoirs régaliens et des listes et propositions formulées par Tshibala, de signer, enfin, l’Ordonnance portant nomination de 53 membres du Gouvernement de Transition, conformément à une des clauses de l’Arrangement Particulier, même si celui-ci n’avait pas été signé, en dépit de tous les efforts et sacrifices consentis par les Evêques, du 8 décembre 2016 au 27 mars 2017, dernier jour des discussions directes, au Centre Interdiocésain, à la Gombe.
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