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La plupart des prisonniers politiques sont rests en prison. Témoignage d’un jeune évadé.
« Il faisait très noir quand tout a commencé », explique Jérémiah (c’est son surnom). « Pas plus de trois heures trente du matin. Ca a tiré un peu. Puis on a entendu une explosion et ensuite tout a été très vite. Il ya eu un mouvement, des gars se sont mis à courrir. Je ne me suis pas posé de question, j’ai suivi « , poursuit-il. « On n’a vu personne. Personne ne nous a tiré dessus. C’est incroyable ce qui s’est passé. Certains n’ont pas voulu partir parce qu’ils disaient qu’on allait se faire abattre mais il n’ y a rien eu de tout ça. J’entendais des coups de feu mais je ne pense pas qu’on me visait. Je n’ai pa vu de corps parmi les évadés. On m’a dit que des militants de Ne Mwanda Nsemi auraient été abattus. Je ne peux rien confirmer, sauf que ça a continué à tirer très longtemps mais je n’ai pas attendu… »
Beaucoup s’interrogent sur le manque de réaction des policiers et des militaires. « Il a fallu plus de deux heures pour que les forces de l’ordre arrivent sur place », explique un élu de Kinshasa. « A cette heure-là, ils ne peuvent pas invoquer les habituels embouteillages pour expliquer leur lenteur. Non, franchement, il y a beaucoup de questions sans réponse après cette évasion. A qui profite le crime et d’ailleurs que faisait Ne Mwanda Nsemi à Makala? Il devait être en résidence surveillée. Mais tout le monde se moque de la loi ici. Ce n’est plus un Etat de droit, ce n’est même plus un Etat du tout ».
Les prisonniers politiques n’ont vsiblement pas été concernés par ce mouvement. « Ils auraient pu partir mais ils n’ont pas voulu. Frank Diongo et même Eddy Kapend (condamné à mort dans le dossier de l’exécution du Président Kabila) n’ont pas voulu partir comme des droits communs », nous explique un autre politicien proche de Diongo. « S’ils avaient fui, ils auraient été présentés comme des coupables en fuite. Or, ils clament leur innocence depuis le premier jour. Ils ne feront pas ce plaisir à Kabila.
Comme à Lubumbashi
Les événements de ce mercredi 17 mai 2017 ne sont pas sans rappeler ceux du 8 septembre 2011. Un mercredi aussi. Ce jour-là, dans la périphérie de Lubumbashi, des hommes armés, cagoulés, attaquent en pleine matinée la prison de Kassapa. L’assaut durera deux heures et verra 1 000 prisonniers s’envoler dans la nature, avant que la police réussisse a en rattrapper 150. Ce mercredi en fin d’après-midi, la police de Kinshasa vient de commencer à annoncer qu’elle avait arrêté des évadés de Makala dans plusieurs communes de Kinshasa. Autre parallèle.
En septembre 2011, à Lubumbashi, des témoins nous racontaient : « huit hommes armés et cagoulés sont descendus d’un minibus en profitant de la journée des visites pour passer inaperçu. Ils ont tiré sur la police et les militaires de garde. Ensuite,ils ont libéré un ancien chef milicien et près d’un millier de détenus ».
« L’attaque qui a eu lieu à la prison de Kassapa, située en périphérie de la ville de Lubumbashi, a commencé mercredi à 10H00 (08H00 GMT). Il y a eu des crépitements de balles pendant deux heures entre les gardiens de la prison et les assaillants, des hommes fortement armés et habillés en civil », déclarait à l’AFP une source militaire.
Gédéon comme Ne Mwanda Nsemi
« Kyungu Mutanga, alias Gédéon, chef Maï Maï qui a sévit au Katanga au début des années 2000, a été le premier à être libéré », affirmait alors le ministre provincial de l’Intérieur.
En mars 2009, un tribunal militaire du Katanga avait condamné le « Commandant Gédéon » à la peine de mort pour « crimes de guerre, crimes contre l’humanité, mouvement insurrectionnel et terrorisme », commis dans les territoires katangais de Mitwaba, Pweto et Manono entre 2003 et 2006. Une condamnation largement oubliée aujourd’hui. Gédéon a déposé les armes et ne semble plus devoir subir la moindre pression du pouvoir…
Après l’attaque, une partie du mur d’enceinte de la prison s’est écroulée et des militaires de la Garde républicaine protégeaient le site, a constaté l’AFP dans l’après-midi. La prison de Kassapa était jusque-là considérée comme la plus sûre du pays, elle accueillait des prisonniers politiques et des grands criminels.

afrique.lalibre.be
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