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* Il n’est meilleure façon de mépriser quelqu’un que d’interpréter faussement à son intention des faits pourtant avérés. L’actualité congolaise nous en fournit quatre.

Le premier est l’interview du Président Joseph Kabila au journal allemand Dier Spiegel. Pour avoir dit "Je n’ai rien promis" à l’observation de ce média selon laquelle il fait la "promesse de tenir des élections d’ici à la fin de cette année", le Chef de l’Etat voit sa réponse totalement déformée par des médias étrangers. Et plusieurs acteurs civils et sociaux de l’Opposition la récupèrent pour inciter les combattants à évoquer l’article 64 de la Constitution. La perfidie se situe dans la volonté d’isoler cette partie de la réponse du reste du texte.

Pourtant, ce dernier traduit la détermination du Raïs de voir les élections se tenir rapidement, et encore de bonnes élections, et rappelle l’identité du pouvoir organisateur du scrutin en RDC. "Nous avons une commission indépendante qui, conformément à notre constitution, est chargée d’organiser les élections. Cette commission travaille déjà et les résultats sont positifs. Nous nous dirigeons vers 24 millions d’électeurs déjà inscrits. Nous avançons", y affirme-t-il.
- Le deuxième fait est justement l’article 64 de la Constitution. Le texte complet est : "Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi ".
Depuis qu’ils l’évoquent à tout bout de champ, les adversaires du Président Joseph Kabila et de la Mp se limitent à l’alinéa 1. Ils font donc exprès de taire l’alinéa 2, estimant que le peuple n’a pas la capacité d’en saisir le sens.
L’ennui est que même lorsqu’ils sont en prestation dans des tribunes diplomatiques, universitaires et médiatiques à l’étranger, ils ont le culot de se jouer de l’assistance.
C’était déjà le cas avec l’article 70 constitué de deux alinéas également. A savoir : "Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu".
Du sang et des larmes ont coulé avant de voir les mêmes adversaires finir par reconnaître dans l’Accord du 31 décembre 2016 que "Sous la réserve émise par le Front pour le Respect de la Constitution, il s’ensuit que, bien qu’étant à la fin de son mandat, le Président de la République restera en fonction jusqu’à l’installation effective de son successeur élu".
Or, c’est la même interprétation donnée par la Cour constitutionnelle à la requête de plus de 250 députés nationaux au sujet justement de l’alinéa 2 dudit article en mai 2016. Dire qu’ils ont dressé la rue, alias "Peuple D’Abord" contre cette instance judiciaire.
- Le troisième fait est l’interprétation de l’article 4 de Loi n° 07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’opposition politique en République Démocratique du Congo".
Son libellé, connu de tous les acteurs politiques et civils de l’Opposition, est le suivant : "Est réputé avoir renoncé au statut de l’Opposition politique, le parti politique ou le regroupement politique qui accepte de partager les responsabilités de l’Exécutif aux niveaux national, provincial, urbain, municipal ou local".
A ce sujet, les adversaires réfractaires ont fait passer Samy Badibanga pour nouvelle recrue de la Majorité présidentielle. Ils viennent de le faire pour Bruno Tshibala. Entre-temps, ils réclament la primature pour Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi (Fatshi) au motif de la lettre testamentaire (jamais publiée) d’Etienne Tshisekedi désignant son fils à ce poste.
Or, dans la même logique, la primature Fatshi signifie aussi basculement de ce dernier dans la Majorité présidentielle ! Et la rue kinoise est "travaillée" de façon à croire que dans un Exécutif national, on peut avoir un Président de la République qui soit chef de file de la Majorité et un Premier ministre qui reste chef de l’Opposition. C’est-à-dire un Chef de Gouvernement-Chef de l’Opposition. Mieux, un Chef de Gouvernement s’opposant à lui-même !
- Le quatrième fait concerne les enquêtes sur les événements en cours dans les Kasaï. Il y a eu mort de deux experts de l’Onu, Zaida Catalan et Michael Sharp.
L’article 49 de l’Accord de siège conclu le 4 mai 2.000 dispose pourtant clairement que "Le Gouvernement se charge des poursuites contre les personnes relevant de sa juridiction pénale et accusées d’avoir commis, à l’égard de la Monuc ou de ses membres, des actes qui, s’ils avaient été commis à l’égard des forces du gouvernement ou de la population civile locale, auraient exposé les auteurs à des poursuites".
Les mêmes adversaires politiques et civils refusent ainsi au Gouvernement le droit de faire valoir cet article.
C’est à croire que se rendant finalement compte de la capacité du Raïs et des siens à sortir de tous les pièges jusque-là tendus contre eux, ils se résolvent à mettre tout le paquet dans cette "affaire Lititi mboka" de laquelle ils espèrent enfin assommer le Pouvoir.
C’est à se demander ce qu’il faut espérer d’une alternance favorable à des acteurs dont toute la stratégie de combat se fonde sur le mépris du peuple, tout en lui donnant des assurances de la solidarité.
De fausses assurances.
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