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* Pour cette plateforme de soutien à la candidature de Moïse Katumbià la présidentielle de 2017, l’ONU devra superviser le scrutin, au cas où à l’échéance, il n’y aurait pas d’institutions légitimes.

Il n’y aura pas de délégués du G7 au Conseil national de suivi de l’Accord du 31 décembre 2016 (CNSA, en cours de constitution. Pierre Lumbi, président en exercice de ce cartel politique l’a déclaré au cours d’une conférence de presse hier à Kinshasa. Selon le conférencier, l’avènement de cette institution d’appui à la démocratie est le fruit d’un arrangement frauduleux, sans aucun respect des clauses dudit Accord. D’où, le refus du G7 d’y participer. Par contre, la plateforme chère à Pierre Lumbi dit se concentrer sur les élections prévues au plus tard en décembre prochain. Cependant, le G7 fait savoir que si ledit scrutin n’est pas organisé à l’échéance reprise ci-dessus, les élections seront organisées sans le Président Joseph Kabila. Ce n’est pas tout. Les Katumbistes exigeront par ailleurs, que la CENI organise les élections sous la supervision des Nations Unies, soulignant que dans ces conditions, il n’y aura aucune institution légitime. Se mettant désormais en ordre utile de la bataille à la prochaine présidentielle, le G7 exige le retour au pays, de son candidat Moïse Katumbi Chapwe. Ce, sans aucune condition. Par rapport à l’avenir politique de la RD Congo, Pierre Lumbi est formel : " le G7 n’acceptera pas un troisième dialogue. Car, il n’y a plus rien à négocier ", dit-il. Il poursuit en disant que " dépassée la date du 31 juillet 2017 sans, d’une part, que la CENI n’ait clôturé les opérations d’identification et d’enrôlement, ni publié le calendrier électoral, et d’autre part, sans que le Gouvernement n’ait mis en œuvre les mesures de décrispation, le G7 lancera avec l’ensemble des organisations politiques et sociales, des actions de mobilisation populaires et de désobéissance civique, conformément à l’article 64 de la Constitution ". Ci-dessous, le texte intégral de la communication du président de G7 aux médias. Grevisse KABREL

" La tenue des élections est l’objectif prioritaire pour mettre fin aux tensions politiques ", dixit Pierre Lumbi
MESDAMES ET MESSIEURS DE LA PRESSE,
Notre dernier rendez-vous au siège du G7 remonte au 23 février 2017. Un long moment de silence diriez-vous, mais une trêve volontairement observée par le G7 pour donner la chance aux négociations politiques sur l’Arrangement particulier qui devait définir les modalités pratiques de mise en œuvre de l’Accord politique et global du 31 décembre 2016.
Mais hélas, Joseph Kabila et ses alliés, plus que jamais déterminés à bloquer l’organisation des élections et à tout détruire n’ont pas trouvé mieux que de faire signer, le 27 avril 2017, un arrangement particulier inachevé et dénaturé, en l’absence du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement et de la CENCO, médiateur attitré. Qui pis est, cet arrangement frauduleux a même modifié l’Accord dans ses clauses essentielles relatives à la nomination du Premier Ministre et à la désignation du Président du Conseil National de suivi de l’Accord et du processus électoral, CNSA.
Bien plus, la récente interview de Joseph Kabila au journal allemand De Spiegel a dissipé toute équivoque sur son rejet de l’Accord du 31 décembre 2016 et démontré qu’il n’est pas un interlocuteur fiable. Il ne respecte ni la Constitution, ni les lois de la République, ni les accords signés de bonne foi, ni sa propre parole.

MESDAMES ET MESSIEURS DE LA PRESSE,
Point n’est besoin de rappeler, en effet, que l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 est apparu à tous non seulement comme une avancée significative dans la direction du règlement pacifique de la crise politique artificiellement créée par Joseph Kabila pour se maintenir au pouvoir, mais aussi comme un espoir réel pour la tenue des élections véritablement démocratiques avant la fin de cette année.
Cet Accord qui avait fait baisser l’extrême tension qui régnait dans notre pays au 19 décembre 2016, date de la fin du deuxième et dernier mandat du Président Joseph Kabila, a obtenu non seulement l’adhésion de l’ensemble du Peuple congolais mais aussi celle de la communauté internationale comme en témoignent la résolution 2348 votée à l’unanimité par son Conseil de sécurité des Nations Unies, les déclarations de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, des Etats Unis d’Amérique et, récemment l’Appel lancé le 15 juin dernier par Monsieur Kofi Annan et neuf anciens chefs d’Etat africains.

MESDAMES ET MESSIEURS DE LA PRESSE,

L’impasse politique actuelle se développe sur fond de la faillite de l’Etat, de la déroute économique et de la dégradation accélérée des conditions de vie des populations congolaises.
A cet égard, pour ne prendre que les indicateurs les plus palpables, vous pouvez faire avec moi le constat peu reluisant ci-après :
déjà endémique à l’Est du pays, l’insécurité a atteint son paroxysme au centre, avec la tragédie du grand Kasaï et a causé, en une année, des milliers des morts dont deux experts des Nations Unies, et forcé plus d’un millions des Congolais au déplacement interne et à l’exil en Angola ;
A ce propos, le G7 soutient l’idée d’une enquête internationale indépendante concernant les atrocités commises dans le grand Kasaï et plus particulièrement celles commises dans le Kasaï central.
les évasions massives et en cascade des prisonniers connues ces derniers temps à Kinshasa, dans la province du Kongo central et au Nord-Kivu n’ont fait que confirmer l’absence de l’autorité de l’Etat et l’échec des politiques carcérales du régime Kabila ;
le Franc congolais s’est fortement déprécié par rapport au dollar américain et vaut à ce jour 1500 Francs contre 930 à la même période de l’année dernière, soit une dépréciation de plus de 55% en une année. Selon la prévision du FMI, en décembre de cette année, un dollar américain vaudra 2000 FC, soit une dépréciation de plus de 100% par rapport au taux d’octobre 2016. Le taux de croissance annuel de l’économie nationale qui était de 7% en décembre 2016 ne dépassera pas 4% à la fin de l’année en cours, selon les prévisions les plus optimistes. Les prix de denrées alimentaires et du carburant ont augmenté d’environ 25% par rapport à leur niveau de janvier dernier. Les réserves de change ne peuvent plus couvrir que 2 à 3 semaines d’importation au maximum tandis que les recettes publiques sont en chute libre. Elles ont dépassé à peine 1 milliards de dollars américains pour le premier semestre de 2017. Les investissements publics sont à l’arrêt ;
sous l’effet combiné de la contraction des ressources de l’Etat, de la dépréciation monétaire et de l’inflation, non seulement les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat sont devenus plus insignifiants et les arriérés s’accumulent de plus en plus aussi bien dans le secteur public que parapublic jusqu’à 5 mois, mais aussi, le pouvoir d’achat des populations s’est effrité d’au moins 30% au cours de six derniers mois.
Une aggravation du délabrement des infrastructures routières, sanitaires et scolaires ;
la tension sociale est à peine voilée en RDC, plus particulièrement dans les villes où environ 80% des jeunes sont au chômage ;
les nouvelles provinces installées dans la précipitation se sont transformées en foyer des malversations financières et des tensions politiques permanentes. Comme en témoigne le nombre de motions de défiance contre les gouverneurs de provinces.
Ce tableau sombre est la conséquence logique d’une gestion désastreuse du pays qui a caractérisé le régime Kabila particulièrement au cours de son dernier mandat.
Ainsi, par la seule volonté de Joseph Kabila et de sa famille politique élargie, la RDC est plongée dans une double crise de gouvernance et de légitimité des ses dirigeants qui plante le décor de l’éclatement, à terme, d’une énième guerre civile et d’un chaos dont les conséquences ne feront que fragiliser la cohésion nationale et compromettre la paix civile, la stabilité de ses institutions ainsi que toutes ses chances de développement socio-économique.

Chers amis,
Face à un niveau aussi élevé de misère et de souffrance du peuple, de destruction de l’Etat et à une menace aussi grave à la stabilité ainsi qu’à la paix :
- Comment peut-on rester sourd et insensible ?
- Comment peut-on continuer à croire que tout va bien ?
- Comment peut-on continuer à s’enfermer dans une stratégie du pire ?
- Comment le régime actuel peut-il afficher une telle insouciance ?
- Et, enfin, quelle est la finalité de l’action politique pour ceux qui nous gouvernent ?

MESDAMES ET MESSIEURS DE LA PRESSE,

En ce qui le concerne, le G7 ne donnera à personne ni l’occasion ni l’alibi pour précipiter notre pays dans un gouffre aussi ténébreux dont, du reste, il n’est pas évident qu’il sortira avant longtemps.
Le G7 ne permettra pas à la Majorité Présidentielle et Alliés de continuer sa politique machiavélique de la terre brûlée et de destruction méchante de la République.
A ce sujet, le G7 tient à souligner que dans un régime démocratique, la crise de gouvernance et de légitimité ne peut être résorbée que par l’arbitrage du Peuple se prononçant à travers des élections libres, pluralistes, inclusives, transparentes et crédibles selon les modalités et les échéances contraignantes définies par la Constitution.
La tenue de ces élections est donc l’objectif prioritaire et ultime à atteindre par tous pour mettre fin aux tensions politiques, freiner la dégradation de la situation sécuritaire, économique et sociale et recréer la confiance aussi bien du Peuple que des partenaires extérieurs aux dirigeants de la RDC.
Pour le G7, l’Accord de la Saint Sylvestre demeure le seul cadre idéal et consensuel pour la tenue des telles élections grâce au dispositif normatif et institutionnel cohérent convenu par toutes les parties prenantes. On ne peut pas atteindre cet objectif ni espérer organiser des bonnes élections par une application à géométrie variable ou par saucissonnage des clauses de l’Accord.
C’est pourquoi et afin d’éviter le chaos à la RDC, le G7 s’est impliqué activement dans la démarche du Rassemblement appelant le Secrétaire Général de l’O.N.U à user de ses bons offices conformément au point 7 de la Résolution 2348 (2017) du Conseil de sécurité pour que toutes les parties signataires de l’Accord du 31 décembre 2016 l’exécutent dans son intégralité et de bonne foi.
Cependant, en attendant l’aboutissement heureux des bons offices du Secrétaire Général de l’O.N.U et pour ne pas tomber dans le piège de Monsieur Joseph Kabila qui use de toutes les manœuvres dilatoires pour renvoyer les élections aux calendes grecques, le G7 considère que tout en cherchant la mise en œuvre intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement devrait mettre le cap sur les élections.
Que l’on se comprenne bien à cet égard. Le G7 ne plaide pas pour les élections dans n’importe quelles conditions.
Bien au contraire. Le G7 estime qu’il ne peut y avoir des élections crédibles et véritablement démocratiques que dans les conditions et avec les garanties prévues par l’Accord du 31 décembre 2016, à savoir :
l’application des toutes les mesures de décrispation politique convenues afin d’assurer l’égalité de traitement et offrir des chances égales à tous les candidats. Ces mesures impliquent notamment :
la libération des détenus politiques et d’opinion, nous pensons notamment à Franck Diongo, Jean Claude Muyambo, Huit Mulongo, Saa Sita et ses codétenus de Goma et aussi des dizaines d’autres détenus aussi bien au Katanga qu’à Kinshasa
la levée des entraves de toutes natures aux activités politiques des partis et leaders du Rassemblement, nous pensons particulièrement au Président Gabriel Kyungu wa Kumwanza,
la fin du dédoublement des partis politiques de l’Opposition, la réouverture des médias privés proches de l’Opposition et l’accès des médias publics à tous les courants de pensée,
le respect des droits et libertés fondamentaux,
la fin de toutes les tracasseries administratives, policières et fiscales contre les membres de l’Opposition ;
et la fin des poursuites judiciaires infondées contre Moïse Katumbi Chapwe comme l’a demandé la CENCO et son retour au pays sans condition et en toute liberté,
A suivre les déclarations du Ministre Thambwe lors de sa conférence de presse tenue ce 19 juin 2017 à Genève, peut-on encore, mesdames et messiers de la presse, douter de la détermination de Joseph Kabila d’écarter Moïse Katumbi de la course à la présidence de la République. A cet égard, il est tout de même curieux que c’est seulement aujourd’hui que les stratèges de la Majorité présidentielle découvrent que Moïse Katumbi aurait une double nationalité alors qu’il a été élu Député national, Député provincial et Gouverneur de la province du Katanga qu’il a dirigé pendant 10 ans. Et même alors, n’est-ce pas violer la Constitution et les lois de la République qu’un Ministre de la Justice déclare déjà l’irrecevabilité de la candidature de Moïse Katumbi à la place de la CENI comme pour instruire celle-ci et le Procureur Général de la République d’y veiller.
Quoiqu’il en soit, les déclarations du Ministre Thambwe confirment que le régime de Monsieur Kabila n’a que du mépris pour les institutions internationales et les droits de l’homme.
En plus des mesures de décrispation,
la clôture des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs à la date du 31 juillet 2017 selon l’engagement pris par la CENI au début de l’année dernière (2016). Les cas des provinces qui n’auront pas terminé à temps imparti et pour des raisons objectives l’enrôlement des électeurs devront être examinés dans le cadre conjoint de concertation CENI- partis politiques- société civile ;
publication du calendrier électoral par la CENI avant le 31 juillet 2017 ;
audit et redynamisation de la CENI afin de renforcer son indépendance et son impartialité et d’améliorer sa gestion tant financière que technique. Il importe de relever que le Rassemblement n’est pas représenté au sein des organes nationaux et provinciaux de la CENI. Ces organes ne sont composés que des délégués de la coalition au pouvoir et de la société civile de son obédience ;
le renforcement du dispositif de la MONUSCO et le déploiement plus large de ses troupes à travers le pays pour sécuriser les opérations électorales et les candidats aux côtés de la Police Nationale ;
le déblocage effectif des ressources promises par les partenaires extérieurs notamment dans le cadre du PACEC ;
l’implication plus formelle et contraignante des Nations Unies ainsi que de l’OIF dans le suivi du processus électoral selon leurs propres mécanismes et sur base de leurs expériences antérieures ;
l’assistance au renforcement des capacités des observateurs des organisations crédibles de la société civile et leur déploiement en nombre suffisant à travers le territoire national ;

MESDAMES ET MESSIEURS DE LA PRESSE,
Il ne fait l’ombre d’aucun doute que Joseph Kabila est l’unique obstacle à l’organisation des élections libres, transparentes, inclusives et crédibles en vue de l’alternance démocratique en RDC, alors que les mandats de tous les membres des institutions à élection ont déjà expiré.

Ceci dit, voici en synthèse la position du G7 en cinq points :
Le G7 n’ayant pas accepté d’entrer dans le gouvernement mis en place sur base d’un arrangement frauduleux, car ne respectant pas les clauses de l’Accord, refuse, pour la même raison de participer au CNSA en cours de constitution ;
Le G7 maintient, contre vents et marrées, le cap vers les élections devant se tenir au plus tard en décembre 2017. Il est à souligner que si à cette échéance, les élections n’étaient pas organisées, il en sera tiré les conséquences suivantes :
- Les élections seront organisées sans Kabila ;
- Le G7 exigera que la CENI organise les élections sous la supervision des Nations Unies étant donné qu’il n’y aura aucune institution légitime.
Le G7 exige, en outre, le retour sans condition du Président Moïse Katumbi et réaffirme qu’il est son candidat à la prochaine élection présidentielle ;
Le G7 n’acceptera pas un troisième dialogue car, il n’y a plus rien à négocier ;
Dépassée la date du 31 juillet 2017 sans, d’une part, que la CENI n’ait clôturé les opérations d’identification et d’enrôlement, ni publié le calendrier électoral ; et, d’autre part, sans que le Gouvernement n’ait mis en œuvre les mesures de décrispation, le G7 lancera avec l’ensemble des organisations politiques et sociales des actions de mobilisation populaire et de désobéissance civique, conformément à l’Article 64 de la Constitution.

Mesdames et messieurs,
Je ne saurais terminer ce point de presse sans saluer l’appel de Kofi Annan, ancien secrétaire Général des Nations Unies et les 9 Anciens Présidents Africains, Pionniers de la démocratie Africaine.
En effet, par leur appel du 15 juin dernier, ils viennent d’interpeller les dirigeants africains et de leur rappeler que la dynamique démocratique dans laquelle les peuples d’Afrique se sont engagés est irréversible. Tout celui qui tenterait de s’y écarter s’engage dans une voie suicidaire.
Je vous remercie.

Pour le G7,
Le Président en exercice
Pierre Lumbi Okongo

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