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Journaliste et secrétaire de rédaction à Radio Okapi, Serge Maheshe a été assassiné de trois balles dans la nuit du 13 juin 2007, à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, en pleine rue, par deux hommes en civil, armés de kalachnikovs.

« Les véritables coupables et commanditaires du meurtre n’ont toujours pas été arrêtés. Des informations recueillies par Reporters sans frontières (RSF) confirment l’inaction des autorités et même l’implication de la hiérarchie militaire congolaise, » dit un communiqué de RSF qui ajoute qu’«à l’issue d’un procès mascarade, dénoncé dans un rapport du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU et durant lequel les avocats de la défense ont reçu des menaces de mort, trois individus ont été condamnés à la peine capitale. De l’aveu même du tribunal militaire en charge de juger l’affaire, ce jugement n’a pas permis de lever toutes les “zones d’ombres” de ce dossier, » rappelle l’ONG.
RSF dit s’être entretenue avec un ancien officier de l’armée congolaise, Gabriel Maindo, qui en mai 2015 avait déclaré avoir recueilli les confessions d’un des assassins de Serge Maheshe. Deux ans plus tard, l’ex-militaire a confirmé ses propos à RSF et a raconté comment un officier nommé Pacifique K., lui a révélé qu’il était, avec deux autres officiers, responsables de l’assassinat de Serge Maheshe. Ces deux militaires ont d’ailleurs fait partie des personnes initialement arrêtées dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste, avant d’être relâchés, sans être poursuivis. L’officier Pacifique K. a également désigné le Général Gabriel Amisi alors commandant de la 10ème région militaire du Sud Kivu, et le Colonel Thierry Illunga comme étant les commanditaires du meurtre, ajoute l’ONG. D’après Pacifique K., cité par la même source les deux gradés reprochaient à Serge Maheshe ses enquêtes sur les exactions commises par leurs troupes contre les civils pendant et après la guerre de 1998.

« Malgré ces révélations faites il y a plus de deux ans, les autorités congolaises n’ont entrepris aucune démarche pour poursuivre en justice ou même interroger ces trois suspects. Loin d’être inquiété, l’officier qui s’est confié à Gabriel Maindo a même, depuis, été promu dans les services de renseignement. Le général Amisi a quant à lui été nommé commandant militaire de la zone de Kinshasa, bien qu’accusé de trafic d’armes par l’ONU, dit RSF.
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