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Le régime congolais est à l’offensive diplomatique depuis quelques jours, dans la sous-région comme ailleurs sur le continent. Objectif : trouver une écoute favorable auprès de quelques pays et aider ainsi Kinshasa à accréditer l’idée que la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre est en bonne voie. Et Joseph Kabila a fort à faire pour accréditer cette interprétation !

La thèse selon laquelle les récentes évolutions gouvernementales sont la stricte application de l’accord du 31 décembre est pour l’instant largement battue en brèche au sein de la communauté internationale (ONU, Etats-Unis, Union européenne, etc.) qui « n’achète » pas la nomination de Bruno Tshibala comme Premier ministre au motif qu’elle... contrevient directement aux dispositions de l’Accord de la Saint-Sylvestre et à la résolution 2348, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Frénésie diplomatique

Leonard She Okitundu, le ministre des Affaires étrangères RD congolais, accompagné de Kikaya Bin Karubi et d’Adolphe Lumanu, deux proches conseillers de Joseph Kabila, étaient hier au Burundi et hier soir au Rwanda, ef ils sont arrives ce jour en Ouganda. Une frénésie diplomatique qui cache mal la difficulté du régime de Kinshasa à trouver des oreilles attentives dans la sous-région.

En effet, au-delà des postures officielles et des discours convenus, les dirigeants des Etats de la sous-région, pourtant peu réputés pour leur attachement à l’ordre constitutionnel, sont tout particulièrement inquiets de l’incapacité croissante de Joseph Kabila à stabiliser la situation sur le plan sécuritaire en RDC. Troubles à l’Est, au Kasaï, tensions à Kinshasa… Les motifs d’inquiétude ne manquent pas. D’autant que la situation est aggravée par une crise politique aiguë provoquée par le chef de l’Etat RD congolais lui-même, qui refuse de quitter le pouvoir, alors que son second et dernier mandat constitutionnel est arrivé à échéance le 19 décembre 2016.

Kabila isolé sur fond de crainte de déstabilisation de la sous-région

En Egypte, où Joseph Kabila s’est rendu il y a quelques jours, pour tenter de « faire passer des messages à l’attention des Etats-Unis » (le président Abdel Fattah al-Sissi étant un allié de la première puissance mondiale dans la région), l’écoute a été « polie mais sans plus », indique un diplomate. Au Congo-Brazzaville et au Rwanda, c’est l’inquiétude qui domine, Joseph Kabila n’étant plus perçu comme le garant de la stabilité et les craintes de déstabilisation de la sous-région étant désormais bien réelles.

Des craintes particulièrement vives en Angola, qui a fermé il y a quelques semaines sa frontière avec le Congo-Kinshasa. Des milliers de personnes avaient toutefois eu le temps de la traverser. Même au Gabon, où le Président Bongo – réélu difficilement en 2016 – est gêné aux entournures, la RDC fait l’effet d’un caillou dans la chaussure. « Officiellement, le pays soutient – du bout des lèvres – le régime de Joseph Kabila. Mais en off, le discours est radicalement différent. Kabila n’est plus perçu comme le garant de la sécurité mais comme une source potentielle d’instabilité », explique un diplomate attentif.

En apparence, le chef de l’Etat RD congolais semble être le maître du jeu et des horloges. Mais c’est au prix d’un isolement diplomatique croissant. Même Jacob Zuma, l’un de ses plus fervents partisans, a de plus en plus de mal à lui afficher son soutien. Empêtré dans une série d’affaires qui le rendent impopulaire, il quittera l’année prochaine le pouvoir, au terme de son second et dernier mandat, se conformant ainsi à la Constitution. Un exemple que beaucoup de chefs d’Etat en Afrique centrale souhaiteraient désormais que Joseph Kabila suive, afin d’éviter que la sous-région ne sombre dans un chaos généralisé dont nul ne pourrait prévoir les effets.

Afrik.com
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