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En expliquant aux journalistes, le 19 juin 2017 à Genève en Suisse, que le candidat déclaré à la prochaine présidentielle rd congolaise, Moïse Katumbi d’Agnano, pourrait rencontrer des difficultés à faire valoir ses prétentions à sa candidature s’il était établi qu’il possédait deux nationalités, Alexis Thambwe Mwamba semble avoir mis le doigt dans un essaim d’abeilles.



 « C’est le coup le plus dur asséné à un groupe d’opportunistes qui tentent de faire main basse sur la terre de nos aïeuls », soutient un membre de cabinet du gouverneur du Haut Katanga, en séjour dans la capitale. Le « fumigène Thambwe Mwamba » aura eu le don de faire bondir hors du bois plus d’un acteur politique de la nouvelle opposition radicale. A commencer par l’intéressé lui-même qui, de la lointaine Europe où il s’est retranché depuis plusieurs mois, s’est cru obligé de réaffirmer avec des trémolos dans la voix sa nationalité rd congolaise sur les antennes de RFI, et d’accuser Kinshasa de comploter contre … sa candidature à la présidentielle. Dans les rangs des alter egos de l’ancien gouverneur de l’ex province du Katanga s’observe la même angoisse fébrile. De Lubumbashi, Gabriel Kyungu wa Kumwanza a cru noyer le fumigène dans l’eau en rappelant à l’opinion les dernières responsabilités politiques assumées par le candidat soutenu par le G7, sa plateforme politique. Mais l’argument ne convainc pas grand monde, dans l’ex Katanga particulièrement où nombreux sont ceux qui estiment que la magistrature suprême est une fonction bien trop importante pour être confiée à une personne de nationalité sujette à contestation.
« Fumigène Thambwe Mwamba »
Les ondes de choc de la bombe larguée par le ministre d’Etat en charge de la Justice, Garde des Sceaux la semaine dernière n’ont pas épargné la classe politique et l’opinion publique avertie de la capitale. Le G7 Delly Sessanga, un des principaux bénéficiaires des largesses de Katumbi, a été parmi les premiers acteurs politiques à réagir aux propos de Thambwe Mwamba le 24 juin dernier. Il a déclaré qu’ils étaient susceptibles de plonger la RD Congo dans l’instabilité. « A ce que je sache, le ministre de la Justice n’a pas compétence de se substituer à la CENI afin de se prononcer sur la recevabilité des candidatures des uns et des autres. Je voudrais ici mettre en garde ceux qui agitent cela. Qui sait le Rwandais qui sommeille en chacun, qui sait l’Angolais qui sommeille en chacun, qui sait le non-Congolais qui est là ? Ce débat de la congolité est un débat qui peut mener ce pays à une forte instabilité. Nous recommandons de la retenue à tous les acteurs politiques … », a plaidé véhémentement le président de la minuscule Alliance pour le Renouveau (AR), une des plateformes composant l’aile katumbiste du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (RASSOP).
Mais le plus agité de tous aura été sans doute Olivier Kamitatu Etsu, récemment recruté comme porte-parole de Katumbi, candidat déclaré à l’élection présidentielle. Devant les caméras de TV5, lundi 26 juin dernier, cet ancien speaker de l’Assemblée nationale, élu de Bulungu, a lui aussi réaffirmé la nationalité rd congolaise de son nouveau patron après le MLC Jean-Pierre Bemba et annoncé, sur le ton du défi, son retour « imminent » au pays. Qui ne serait plus retardé que par une affaire de valises à boucler, selon lui. Olivier Kamitatu n’avait pas encore recouvré tout son calme, parce qu’il a ajouté pouvoir prendre sur lui de susciter dès la fin du mois prochain un soulèvement populaire que des évêques catholiques politisés comme Mgrs. Muteba et Ambongo associés aux radicaux de l’opposition politique en RD Congo projetaient jusque-là pour fin décembre 2017. « Nous n’avons qu’un seul objectif, nous attendons le calendrier électoral que la CENI doit publier le 31 juillet. Si elle ne le publie pas, nous allons prendre nos responsabilités. Nous irons dans la désobéissance civile et dans la résistance. Nous voulons des élections au plus tard en 2017 selon les prescrits de l’accord de la Saint-Sylvestre », a menti Kamitatu Fils sur TV5. Parce qu’au 31 juillet était attendue la fin de la révision du fichier, et non pas la publication du calendrier électoral, selon les projections de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qui datent du dialogue politique de la Cité de l’OUA clôturé à la fin du mois d’août 2016. Encore que beaucoup doutent de la capacité du tout nouveau factotum de Moïse Katumbi à mobiliser des masses en RD Congo. Comme ce fonctionnaire originaire du Kwango, la province d’origine des Kamitatu, qui assure que son co-régionnaire qui « n’aurait été proclamé élu député national qu’à force de combines mafieuses » serait « bien incapable de mettre ensemble 50 sympathisants à Kinshasa ou dans n’importe quelle agglomération du Bandundu ».
Héréditaire
Il reste que c’est bien à une insurrection populaire qu’appellent les radicaux de l’opposition rangés derrière le très généreux Moïse Katumbi qui ne font guère mystère de l’envie qui les démangent de mettre le feu à la baraque si leurs ambitions politiques venaient à être contrariées. L’enjeu est de taille pour eux, selon certains observateurs, car de tels fantasmes ne peuvent devenir réalités sans réviser l’un ou l’autre principe fondamental de la constitution. Notamment le caractère héréditaire de la nationalité en RD Congo, plutôt menacé par les origines italiennes et zambiennes du candidat déclaré du G7 et d’une frange du Rassop à la prochaine présidentielle.
Sur toutes les bouches depuis quelques jours, la question des origines de Moïse Katumbi Chapwe d’Agnano était pourtant connue depuis des lustres. Elle n’est devenue un problème qu’avec l’apparition au grand jour d’ambitions économiques et politiques de l’alors gouverneur de la riche province minière du Katanga. Le premier à s’en émouvoir, longtemps avant que le manager du TP Mazembe de Lubumbashi ne trahisse des velléités de mettre le grappin sur l’ensemble du territoire national, fut le juriste et avocat katangais Jean-Claude Muyambo. Président de Scode (Solidarité Congolaise pour la Démocratie et le Développement), un petit parti politique passé à l’opposition il y a peu, Muyambo est l’auteur d’un torrent de dénonciations sur Moïse Katumbi consignées dans une impressionnante série de « lettres ouvertes » publiées au dernier trimestre 2012, soit 4 ans avant que l’ancien gouverneur ne claque la porte du PPRD et n’affiche ouvertement ses ambitions pour la magistrature suprême en RD Congo. Extraits de documents bancaires à l’appui, Jean-Claude Muyambo avait auparavant rappelé que son ancien ami était « né d’un père juif séfarade d’origine italienne du nom de Nissim Soriano le 26 décembre 1964, et d’une mère de l’ethnie bemba dont le village se situe à la frontière zambienne ».

N’en déplaise à Olivier Kamitatu Etsou, le porte-parole éploré de Moïse Katumbi qui assure que les documents qui attestent de la nationalité italienne de son mentor seraient des faux, ceux que le bâtonnier Jean-Claude Muyambo avait rendus publics en 2012 font état de tractations bancaires effectuées par l’incriminé, y compris comme sujet italien. La question de la nationalité de Moïse Katumbi impétrant à la magistrature suprême revient donc à s’assurer si l’homme a renoncé à sa nationalité italienne et a dûment récupéré la nationalité congolaise. Parce que pour postuler aux élections en RD Congo, il faut être de nationalité rd congolaise, c’est connu.
J.N.
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