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(Par Edith EZINEet Dorcas Muyeye, sous la coordination de Yves KALIKAT)

Le district de la Tshangu est sans doute le plus populeux de Kinshasa. Il compter en son sein de nombreux points chauds, mais, c’est à N’Djili, précisément au boulevard Kimbuta, que des centaines d’habitants de cette contrée préfèrent venir faire leurs folies. Pas seulement. D’autres viveurs, venant de différents horizons de la capitale,jugent aussi l’endroit propice pour aller s’y désaltérer. Reportage.

A 16 heures, le Boulevard Kimbuta est noir de monde. C’est pourtant un mercredi, une journée ouvrable. Tout aux abords de cette artère asphaltée, qui relie le boulevard Lumumba au boulevard Luemba, dans la commune de N’Djili, des centaines de visiteurs ont pris d’assaut les 150 stands déployés le long de cette route inaugurée par le Gouverneur de Kinshasa, André KimbutaYango. D’où, la dénomination de ce boulevard.
Très prisé par les Kinois, le boulevard Kimbuta attire quotidiennement des visiteurs qui y viennent pour des rencontres ou pour célébrer des manifestations tant publiques que privées. La clientèle est aux anges quand elle fréquente terrasses, bars, hôtels et boîtes de nuit implantés sur ’’ce couloir’’.

LE CHARME DES ’’AMAZONES’’
Ici en effet, l’ambiance est féérique. L’accueil chaleureux. Surtout quand les ’’Amazones’’ - ces filles de joie qui proposent leurs services à moindre frais-se pointent pour servir les hommes aux poches généreuses. Audacieuses, ces filles aux tenues érotiques n’hésitent pas à séduire même les hommes mariés, en échange d’un pourboire variant entre 2.000 Fc et 5.000 Fc.
Moulées dans leurs bustiers ou singlets légers, elles envoûtent les regards curieux par leurs démarches et leurs jupettes, ou encore leurs courtes culottes appelées ’’tshuna baby’’. Et quand un deuxième regard reste longtemps pesé sur elles, ces conquérantes prennent le courage en main pour solliciter l’assentiment de leur admirateur et proposer même le lieu de passe, aux frais du client.
Ces ’’Amazones’’ envahissent tous les jours ’’le couloir’’ Kimbuta aux heures tardives. Mais, certaines d’entr’elles préfèrent arriver sur le « lieu de travail » à partir de 16 heures, en pleine journée. Elles ne se voilent pas du tout la face, d’autant plus qu’elles sont utilisées par les tenanciers de ces bars, hôtels et terrasses comme serveuses, conscients qu’elles attireront sûrement une clientèle nombreuse.

QUAND LES BRASSICOLES S’EN MELENT…
Le charme de ce vaste espace festif a certainement joué un rôle considérable dans le chef des sociétés brassicoles de la ville qui, désormais, y déversent quotidiennement des milliers de casiers de bières et des boissons non alcoolisées. Elles se sont réparties les différents stands, les décorant aux couleurs de leurs boissons phares. De même pour les chaises, tables et parasols qu’elles offrent généreusement à leurs ’’distributeurs’’ qui gèrent ces débits de boissons.
Pas étonnant que ces boissons coulent à flot et que les vendeurs épuisent chaque jour leurs stocks, les clients étant si nombreux et toujours avides de vider leurs verres, tout en exigeant que les bouteilles restent exposées sur les tables, en vue de prouver aux passants qu’ils ont des poches garnies.

DES GRILLADES A LA PORTEE DE TOUS
De 16 heures à l’aube, le boulevard Kimbuta grouille de monde. L’affluence s’accroit au fur et à mesure que l’on se rapproche de la tombée du soleil. Et la musique, balancée de baffles de différents débits de boissons, résonnent bruyamment aux tympans au point d’étouffer des conversations. En certains moments, les occupants des tables sont contraints de crier pour arriver à se faire entendre. Même les voisins assis à une trentaine de centimètres sont parfois contraints de se livrer au même exercice.
Pour accompagner les occupants occasionnels des stands et bars, des ’’nganda ntaba’’ - ces kiosques de fortune servant d’abattoir des chèvres - offrent à leur clientèle des grillades de viande. Ils proposent à la fois du poulet, des brochettes de bœuf et de la viande fraiche de chèvre, accompagnés de chikwanges ou de bananes plantains. Il leur arrive même de proposer du poisson cuit sous forme de ’’maboke’’.
Pendant que les clients taillent bavette, bières, limonades et grillades font le tour de tables. A la grande satisfaction des consommateurs qui boivent et mangent à satiété !
Et une fois comblée, place à la danse. Juchés sur des tables ou confinés sur les rares espaces disponibles sur le sol, des tourtereaux enlacés se lancent dans la danse, exhibant des pas du zouk, de la rumba, du coupé-décalé ivoirien… ou du hip-hop. Des fêtards ivres se laissent emporter par le ’’seben’’ des jeunes musiciens congolais en vogue, sous les applaudissements frénétiques des spectateurs.

AMBIANCE DE STADE
Mobilisés par les gérants des bistrots pour animer les journées et soirées, des DJ se font plus loquaces, tâchant de commenter chaque pas de danse et de ponctuer les mélodies par des dédicaces qui flattent tel ou tel client à la poche généreuse, quand un billet discret atterrit dans leur poignet.
Lorsque des matchs de grande envergure des championnats locaux, ou des compétitions africaines et européennes sont diffusés par des chaînes câblées, l’affluence dans les bistrots et terrasses et plus dense. La musique est réduite au silence, laissant place aux commentaires des journalistes qui couvrent en direct ces rencontres à travers les centaines d’écrans plats collés sur le mur. Le couloir se transforme, dès lors, en un mini stade où tous les spectateurs se tapent le loisir de se faire passer pour des spécialistes.
Si les jours de la semaine, ’’le couloir’’ Kimbuta fourmille de monde, l’afflux croit davantage le week-end. Les milliers de chaises en plastique, estampillées de logos des sociétés brassicoles partenaires, sont pris d’assaut dès le coucher du soleil. Les retardataires, qui se pointent dans la soirée, ont bien souvent du mal à se frayer de l’espace ni à se trouver une chaise, tant la foule est dense.

UNE AMBIANCE DE FETE
Habitué du lieu, un trentenaire nous avoue qu’il aime beaucoup fréquenter ’’la place Kimbuta’’, car elle lui donne quotidiennement l’opportunité de humer de l’air frais après une journée de durs labeurs. "Ici, j’ai aussi l’occasion de me taper deux bières fraiches à moindres frais et de me rincer l’œil, sans la moindre gêne", confesse-t-il.
Emportée par l’euphorie du week-end, Fallone B., la vingtaine révolue, est, elle, fascinée par l’ambiance féérique qu’elle vit à la fin de chaque semaine dans ce point chaud de N’djili. "Pour rien au monde, je n’aimerais me séparer de cette ambiance que m’offre ce cadre baptisé ’’Kimbuta mwinda pélélé’’ (place éclairée)", nous confie-t-elle.
"Je ne suis même pas tenté d’aller à la foire (Fikin), encore moins dans les kermesses qui vont bientôt ouvrir leurs portes dans la ville. Car, ici aussi, nous avons des orchestres qui viennent nous livrer des concerts en live", lâche-t-elle avec un brin de sourire.
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