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Samedi vers 12 heures, l’avenue Victoire était bondée de monde. Des jeunes- filles et garçons - candidats heureux à l’examen d’Etat 2017, sautaient et dansaient sur la route. Du coup, le rythme du trafic a été ralenti.

Des groupes se succédaient. Boîtes de poudre en mains, sifflets à la bouche. L’atmosphère ne respirait que par ces coups de sifflet. Et, les cris de victoire remplissaient le milieu.
D’autres s’adonnaient à des pas de danse sous l’émotion. Véritable fête. Tous étaient couverts de poudre blanche comme s’il avait neigé à Kinshasa. Il ne s’agit pas seulement des jeunes diplômés, mais des adultes aussi. Cela fait la fierté de la famille.
Dans certains cas, les parents ont accompagné leurs progénitures dans cette randonnée festive. Poudré de la tête aux pieds, un monsieur accompagnant sa fille, déclare : " C’est un motif de fierté. C’est une juste récompense à tous les sacrifices consentis pour scolariser notre enfant. ça ne me gêne pas d’arpenter les rues avec ma fille qui m’a honoré".
Affaire familiale, l’échec à l’examen d’Etat est un choc pour les parents. A Ngaba, une scène désolante. La mère et la fille ont éclaté en pleurs. L’enfant n’a pas réussi. Véritable atmosphère de deuil dans une famille inconsolable.

POUDRE ET SIFFLET SE VENDENT COMME DE PETITS PAINS
Transformées en centres de publication des résultats de l’Examen d’Etat, les cabines téléphoniques publiques disséminées à travers les quartiers ont été pris dassaut par des tas de finalistes. Tout partait de là. Quand le résultat était favorable, commençait alors la fête.
Par ailleurs, la loi de l’offre et de la demande jouant, la place Victoire s’ouvrait à un commerce improvisé. Des paquets contenant des boîtes de poudre . Une boîte se négociait à mille francs. Le sifflet à 100 ou 200 francs congolais. Hommes, femmes, jeunes gens ... s’adonnaient tous, à la vente à la criéé de la poudre et des sifflets.
Les terrasses, les bars et les boîtes de nuit n’étaient pas en reste. Ces milieux avaient accueilli ces jeunes en liesse. Avec des danses au rythme de " Coupé décalé " ou autre musique comme " danse ya bangala ". Ils prenaient à cœur joie la boisson alcoolique ou non alcoolisée. Question de célébrer leur réussite. Ce même mouvement a été observé jusque tard dans la nuit. Dans certains quartiers comme Righini, la publication des résultats de l’Examen d’Etat a été l’occasion d’improviser une fête. La musique et la boisson ont accompagné les " fêtards " jusque tard dans la nuit.
Dans les bus, les commentaires allaient dans tous les sens. Une femme a lâché que les diplomes devraient représenter une valeur pour les enfants. Et un autre de rappeler que dans sa belle famille, un mort qui n’avait participé qu’à l’épreuve de dissertation, il y a quelques années, s’est vu octroyer un diplôme avec 70 % des points. Tout le bus s’est animé. Les uns parlant d’un miracle. D’autres stigmatisant plutôt le manque de sérieux des organisateurs. Tous souhaitant que l’Examen d’Etat redevienne un moyen d’évaluer objectivement les candidats.

Action de grâce
Hier dimanche, avec moins d’entrain, la poudre et le sifflet ont encore accompagné certains lauréats dans les rues. D’autres parmi eux ont terminé leur course dans l’une ou l’autre église. Comme pour rendre grâce à Dieu.
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