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La nouvelle, larguée par nos confrères belges de RTL, a défrayé la chronique : entre Kinshasa et son ancienne métropole, les rapports seraient au plus mal parce que 12 soldats belges seraient « bloqués », contre leur gré et celui de leur gouvernement, au camp militaire Kasuko de Kindu au Maniema. C’est la compréhension qu’il fallait se faire, et qu’une certaine opinion s’est effectivement faite, à la suite de la complainte médiatique qui a inondé médias et réseaux sociaux dès le 6 juillet dernier. « Une dizaine de militaires belges seraient bloqués au Congo. Les autorités locales bloquent leur départ. Nos militaires y sont présents avec du matériel sensible que les Congolais souhaiteraient conserver » pouvait-on lire, sous la plume d’Eric Van Duyse et Bruno Spaak. On se croirait en pleines aventures de Tintin au Congo, ou encore d’un film de Tarzan : « Douze militaires belges sont coincés en République Démocratique du Congo depuis plusieurs semaines. Il n’est pas possible de les rapatrier », poursuivent-ils. En s’emmêlant un peu les pinceaux, tout de même, parce qu’ils expliquent plus loin qu’« …il reste toutefois du matériel : une dizaine de véhicules blindés et surtout des armes, des munitions et du matériel de transmission totalement confidentiel. Douze soldats dont une infirmière restent donc en RDC pour protéger ce matériel ».


Entre « être coincés » (comme dans une jungle, par des hordes de sauvages) et « rester … pour protéger du matériel », la différence peut paraître de taille. Elle l’est, en fait, et a été comblée par une source gouvernementale citée par nos confrères d’Okapi. Qui ressemble à s’y méprendre à Lambert Mende Omalanga, le ministre rd congolais de la communication et porte-parole du Gouvernement Bruno Tshibala Nzenzhe. La radio onusienne, qui assure que sa source gouvernementale avait requis l’anonymat, révèle que le problème des soldats belges de Kindu réside plutôt autour du nombre de visas demandés par la Belgique pour les personnes qui doivent se rendre en RD Congo aux fins de récupérer le fameux matériel militaire. « La RDC ne peut en aucun cas accorder cinquante visas pour des Belges censés ne venir en RDC que pour faire de la manutention de ce matériel », a assuré cette source. Mais chez nos confrères de Politico.cd., Lambert Mende affirme qu’«aucun soldat belge n’est bloqué en RDC. Ils exigent 50 visas et nous refusons ». Le porte-parole du gouvernement dénonce au passage des pressions de la Belgique sur les autorités de la RD Congo. « Ils veulent partir avec leurs matériels. Et pour emmener leurs matériels, ils veulent que cinquante de leurs compatriotes viennent transporter ces matériels parce que les Congolais ne peuvent pas les transporter de l’entrepôt vers l’avion », explique-t-il, non sans une pointe de dépit manifeste. Parce qu’un bras de fer semble s’être engagé sur la question. « Nous également, nous avons dit que c’est vingt personnes ou rien. Et ils ont décidé de laisser les douze ici sur place pour surveiller leurs matériels. Ensuite ils veulent faire pression sur nous pour dire que nous bloquons leurs gens. Alors qu’en réalité c’est eux qui ne veulent pas partir », révèle encore Mende.


Du matériel militaire sophistiqué, des soldats astreints à ne pas s’en retourner chez eux, 50 visas exigés qui porteraient le nombre à 62 éléments de l’armée belge en RD Congo : ça sent quelque chose comme « un commando belge saute sur Léopoldville », fait observer un vieux nationaliste au Maximum. C’est peut-être là le vrai problème.
J.N.
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