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* Considérant l’adhésion d’une aile du Front à l’institution citoyenne pilotée par Olenghankoy, comme l’œuvre des quémandeurs de postes, le reste de la coalition pro Bemba met le cap sur les élections.

On en sait plus désormais. Le Front pour le respect de la constitution (FRC) est bicéphale. D’un côté, l’aile MLC et alliés piloté par Mme Eve Bazaïba. De l’autre, le bloc estampillé FRC/nationaliste. Depuis, les deux camps ne regardent plus dans une même direction, si bien que les actes posés par l’un, sont rejetés par l’autre. Un véritable schisme qui ne dit pas son nom. A la base, l’épineuse question de l’adhésion de cette plateforme au Conseil national de suivi de l’Accord du 31 décembre 2016 (CNSA).

Le moins que l’opinion puisse retenir, est que le FRC/ MLC et alliés n’est pas du tout intéressé par un quelconque poste au sein du CNSA. Fut-il celui de vice-président de cette institution. Moralité, il ignore tout ce qui s’y fait. Y compris la désignation de Joseph Olenghankoy à la présidence du CNSA. Par contre, le FRC se réclamant des nationalistes,entend participer au CNSA et reconnait l’autorité de son président. Joseph Olenghankoy. C’est de cette façon que lundi 14 août en cours, ce camp a organisé son assemblée générale extraordinaire pour désigner son candidat vice-président du CNSA, parmi les deux prévus. A l’issue des débats, le dévolu de la plénière a été jeté sur Me Lumuna Ndubu.
24 heures seulement après cette désignation, le ton a monté hier mardi 15 août dans le camp du FRC/MLC et alliés. Interrogée hier à ce sujet par la radio privée Top Congo Fm, Mme Eve Bazaïba Masudi y est allée sans mettre de gants. Pour la Secrétaire générale de l’emblématique parti de la fourmi, ce qui a été décidé au Palais du peuple n’engage que leurs auteurs. « Ce sont des quémandeurs de postes », dit-elle.
Par ailleurs, Mme Eve Bazaïba réitère la prise de position archi connue du FRC. Cette plateforme a déclaré dans toutes les langues qu’elle n’est pas partie prenante au CNSA. « Nous mettons le cap sur l’essentiel. C’est-t-à dire l’organisation des élections dans les délais convenus par les signataires et parties prenantes à l’Accord de la Saint Sylvestre », précise la SG du parti bembiste, rappelant qu’elle revenait de l’intérieur du pays où elle a été sensibiliser la population à cet ultime combat de conquête démocratique du pouvoir.

" UNE DESIGNATION SUR FOND DE VIOLATION DE L’ACCORD ", DIXIT JACQUES NDJOLI
Une autre réaction du camp du FRC/Mlc et alliés, est celle de Jacques Ndjoli. Brandissant son brassard d’inspecteur général du MLC, Jacques Ndjoli a déclaré hier sur Radio Okapi que la désignation des animateurs du CNSA a été faite en violation de l’esprit de l’Accord du 31 décembre. Quant à la désignation de Me Lumuna Ndubu au poste de vice-président du CNSA, Jacques Ndjoli, réagit comme Eve Bazaïba. Presqu’avec les mêmes mots et le même accent.
« La déclaration faite lundi 14 août n’engage que certains individus qui recherchent des postes. S’il y a des individus ou des particuliers qui veulent, pour des raisons personnelles, occuper des fonctions ou des postes, ça n’engage que ces personnes elles-mêmes. Ce qui est important, c’est l’esprit de l’Accord de la Saint Sylvestre, le processus électoral qui doit être piloté de manière consensuelle avec un organe crédible, géré de manière neutre. Malheureusement, la désignation des personnes qui vont diriger cette institution s’est faite en violation de l’esprit de l’Accord du 31 décembre 2016 et des engagements pris par les uns et les autres. Ce qui fait que cela ne nous engage pas », précise Jacques Djoli.
Parlant à demi-mots de la scissiparité au sein de leur coalition, Jacques Ndjoli pointe un doigt accusateur sur certains des leurs considérés comme des pêcheurs en eau trouble. Aussi, fait-il remarquer que les personnes qui rendent publiques des décisions du Front pour le respect de la constitution sont connues.
« Le FRC est une institution qui fonctionne sur base des statuts notariés. Les personnes qui peuvent engager le Front sont connues. Si un individu veut, au nom d’un Front qu’il a inventé, occuper un poste, ça n’engage que cet individu », renchérit-il sur un ton de révolte personnelle.
Toujours dans ce même registre de réactions à la désignation de Me Lumuna Ndubu, figure aussi celle du FRC/ aile François Menga. Joint hier au téléphone par Forum des As, ce dernier se dit non concerné par ce qui, convient d’être appelé désormais, « la déclaration » du Palais du peuple. « Les gesticulations de M.Lumuna Ndubu n’engagent pas le Front pour le respect de la Constitution que dirige le député François Menga. Notre organisation reste dans la ligne droite de la vraie Opposition avec le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement », déclare-t-il au quotidien de la 11ème rue, Limete.

UN MAUVAIS PRESAGE ?
Que le Front pour le respect de la Constitution se soit éclaté en plusieurs ailes, ça fait désordre. Pas moins. Que la problématique de la participation à une institution en arrive à créer des divisions au sein du cartel politique, cela devrait donner matière à réflexion. Après le Rassemblement des forces politiques acquises au changement, voilà que le virus de division atteint le Front pour le respect de la Constitution. A la base du schisme, le même problème d’adhésion au CNSA. Comme si cette institution contenait des gênes de conflits dans son ADN.
Tout le problème, c’est que les Congolais ont en face d’eux, une opposition plurielle, éclatée en plusieurs cartels, face à une Majorité présidentielle jusqu’ici « unie ». Déjà, les analystes politiques tirent la sonnette d’alarme. Au moment où le pays se prépare pour de nouvelles élections présidentielle, législatives et provinciales, nombre d’observateurs pensent que ces divisions au sein des plateformes politiques de l’Opposition, sont un très mauvais présage. Etant donné que le CNSA, par essence, ne devra pas survire à l’Après- décembre 2017, des membres des plateformes qui ont refusé d’y envoyer leurs émissaires, devraient prendre leur mal en patience et se concentrer sur l’essentiel. A savoir les élections à venir. Hélas.
Récemment créé sous le leadership du MLC, le Front pour le respect de la Constitution avait l’ambition d’être un grand cartel politique. Sa mission originelle a été de faire échec à toute manœuvre visant la modification de la Constitution. Uni, le Front a su faire parler de lui aux premières semaines de sa naissance. Maintenant qu’on en dénombre plus d’un FRC, des observateurs craignent que cette coalition ne puisse devenir dans les jours qui viennent, l’ombre d’elle-même.
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