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Officier des Affaires humanitaires et Chef de sous bureau à OCHA, à Lubumbashi, dans l’ex-province du Katanga, Zinatou Boukary est une chevronnée dans les services d’interventions humanitaires. En marge la Journée humanitaire mondiale, célébrée le 19 août de chaque année, cette femme de principe a accepté de partager, à travers cette interview, sa riche expérience au sein de l’organisation spécialisée des Nations Unies qui l’emploie. Confidences.

Madame Zinatou Boukary, en quoi réside votre travail au sein de votre bureau à OCHA ?
Je suis Officier des Affaires humanitaires et Chef de sous bureau. Ma journée de travail commence par la lecture et la réponse aux emails que je reçois. Ensuite, je dresse une liste des tâches à exécuter dans la journée, sur un post-it que je colle sur ma table. En fonction du calendrier des réunions, je coche les réunions de coordination prévues dans la journée. Je rappelle aux collègues qui sont sur ma supervision, les réunions auxquelles ils doivent participer et je leur délègue aussi les tâches en lien avec leur fonction. En fonction du programme du jour, je prépare les rencontres dont j’ai en charge l’organisation. Un suivi de la situation humanitaire dans les provinces situées dans notre zone d’intervention est fait à travers un contact avec les points focaux (partenaires humanitaires). Je révise et valide, par la suite, le rapport journalier d’information à transmettre au management...

Y a-t-il d’autres tâches supplémentaires que vous réalisez en dehors de ce que vous venez d’évoquer ?
Il faut souligner que la participation/organisation des réunions de coordination, la collecte des données pour l’élaboration et la mise à jour des produits d’information, l’élaboration des comptes rendus de réunions, les missions d’évaluations de la situation humanitaire sur le terrain, la visite d’un site de déplacés, le suivi de la mise en œuvre de la réponse à des besoins humanitaires identifiés, le plaidoyer en faveur des personnes vulnérables, une rencontre avec les autorités, la réponse aux sollicitations des partenaires sont aussi des tâches que j’accomplie en fonction de la planification du jour.

Qu’est-ce qui vous satisfait dans votre vie d’humanitaire ?
Je ressens particulièrement une satisfaction morale lorsque mon travail contribue à apporter une assistance aux personnes qui sont dans le besoin. Ma joie est grande lorsque mon travail contribue à restaurer la dignité aux personnes en détresse… Toutefois, les contraintes d’accès liées à l’insécurité, les blocages exercés par des autorités ou les groupes armés pour freiner les activités des humanitaires sont des difficultés que je rencontre le plus souvent.

Etes-vous fière d’exercer le métier d’humanitaire ?
Bien entendu ! Je travaille dans ce domaine depuis maintenant onze ans. Je me sens utile dans l’allègement de la souffrance de plus vulnérables. Et je voudrais bien continuer à y apporter ma contribution. Utile aux personnes vulnérables, mon travail permet d’évaluer leurs besoins en situation d’urgence, et de faire le plaidoyer pour mobiliser une assistance en leur faveur. En somme, mon travail contribue à sauver des vies.

Quel est le meilleur souvenir d’actions que vous avez posées dans l’exercice de vos fonctions ?
Il s’agit du moment où il était question de coordonner la mise en place d’un camp de déplacés. Le gouvernement local avait appelé la communauté humanitaire à l’aide pour l’installation et l’assistance en faveur de 35.000 déplacés. Un terrain vide de 10 hectares avait été octroyé par le gouvernement local. La HCT avait attribué un mandat spécifique aux agences, avec un délai précis pour viabiliser le site et relocaliser les déplacés, en leur délivrant l’assistance nécessaire. UNHCR pour la construction des abris temporaires, Unicef pour la fourniture de l’eau et l’assainissement, OIM pour le transfert des déplacés vers le site … OCHA pour la coordination. Le Bureau d’OCHA venait de s’implanter dans la localité. Ce fut à travers la mise en place des mécanismes de coordination sectorielle, intersectorielle, cadres d’échanges réguliers avec les autorités, qu’en six mois, près de 5.000 abris temporaires, des douches, latrines, points d’eau, espaces d’apprentissage ont été mis en place. Environ 20.000 déplacés ont été réinstallés au fur et à mesure sur le site qui est devenu un gros village. La phase d’urgence passée, une stratégie de solutions durables a été initiée pour les déplacés en vue de leur réinsertion. Ce fut un travail passionnant de coordination, de protection, de mobilisation de ressources dont je garde une satisfaction personnelle.

Et le plus mauvais souvenir ?
Ce fut ma rencontre, dans un camp de déplacés, avec une fillette de 7 ans, qui gardait sa petite sœur bébé de 6 mois, suite au décès de leur mère au cours de la guerre.

Qu’aimeriez-vous que les gens sachent de votre travail ?

Je voudrais qu’ils se rendent compte que je ne distribue pas de vivres ni des biens aux personnes vulnérables. Que mon travail permet plutôt de mobiliser l’assistance et de coordonner les acteurs chargés de délivrer l’assistance, pour répondre aux besoins des personnes en situation d’urgence.
Que pense votre famille de ce métier ?

Mes enfants pensent que je travaille pour les personnes vulnérables, mais dans des conditions difficiles. Ils sont fiers de moi.
Interview réalisée par Yves KALIKAT, avec le concours du bureau d’OCHA et de la Coopération britannique
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