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Le Parti lumumbiste unifié (Palu) du patriarche Antoine Gizenga, 91 ans, a menacé dimanche de remettre en cause son alliance avec la Majorité présidentielle (MP), coalition au pouvoir en RDC. En cause : la défaite surprise de son candidat à l'issue de l'élection des gouverneurs dans son fief de Kwilu, dans l'ouest du pays.
L’ultimatum a été lancé le dimanche 28 août à Kinshasa. Le Parti lumumbiste unifié (Palu) somme la Majorité présidentielle (MP) de « réparer l’aventure de Kwilu » dans les trois prochains jours, selon un communiqué publié au lendemain de la défaite inattendue, au premier tour, de son candidat Floribert Luboto à l’élection des gouverneurs dans cette province située dans la partie ouest du pays.
« Si la réponse n’est pas positive, l’alliance serait remise en cause car elle ne répond plus à l’objectif que nous nous sommes fixés depuis 2006 qui était de sauvegarder les acquis de la démocratie par la consolidation de la gauche congolaise pour la conquête du pouvoir par les socialistes et les lumumbistes », poursuit le texte. Visiblement, pour le parti de l’ancien Premier ministre Antoine Gizenga (2006-2008), la pilule est dure à avaler.

Le Palu s’estime « floué »

Comment son candidat Floribert Luboto et son colistier Nicolas Bulukungu, membre de surcroît de la MP, ont-ils perdu le scrutin au second degré dans une Assemblée provinciale qui leur était mathématiquement acquise ? Sur les 35 députés provinciaux qui composent cette dernière, au moins 18 sont en effet issus du Palu et du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), principale formation politique de la coalition au pouvoir. Sans compter d’autres élus provenant de certaines formations politiques alliées de la MP.
Minaku veut montrer à Kabila que le Palu n’existe même plus à Kwilu, selon Floribert Luboto.
Contacté par Jeune Afrique, Floribert Luboto pointe le secrétariat général de la MP qu’il accuse d’avoir « floué le Palu ». Dans son viseur : Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la MP. À en croire ce candidat malheureux, Minaku n’aurait pas fait tout ce qu’il fallait pour qu’il puisse être élu gouverneur. Contrairement à toutes les garanties qui auraient été données en amont au patriarche Antoine Gizenga, 91 ans.
Vendredi 25 août, à la veille du scrutin, le président Joseph Kabila a en effet rendu visite à son allié Antoine Gizenga. Les deux hommes qui ont formé une alliance politique entre les deux tours de la présidentielle de 2006, ont eu un tête-à-tête à la résidence du leader du Palu. À l’issue de cet entretien, il a été confié à une assistante de Gizenga que « Kwilu était dans la poche ». Un rapport venant de Bandundu, capitale de la province, indiquait alors que 25 députés provinciaux s’étaient engagés à voter en faveur du ticket Floribert Luboto – Nicolas Bulukungu.

Le Palu dénonce un « coup bas politique »

Coup de théâtre le jour du scrutin ! Seuls 16 députés accordent leur suffrage à Floribert Luboto (47, 06 %) contre 18 pour son concurrent Michel Balabala, élu gouverneur avec 52, 94 %, un bulletin étant déclaré nul. Un « coup bas politique », soutient-on du côté du Palu.
Et le coupable est tout trouvé. Avec cette défaite du candidat du Palu à Kwilu, bastion historique de la formation politique chère à Gizenga, « Aubin Minaku veut montrer au président Joseph Kabila que notre parti n’existe même plus dans son fief », soupçonne Floribert Luboto qui accuse le président de l’Assemblée nationale, lui-même originaire de Kwilu, de vouloir se positionner comme le leader incontournable dans cette partie du pays en prévision de la présidentielle.
« C’est pourquoi il a tout fait pour barrer la route à Luboto, réputé proche de l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, un autre leader originaire de Kwilu, qui a également des ambitions présidentielles », croit-on savoir dans l’entourage du candidat malheureux. Luboto a travaillé au cabinet du Muzito, alors ministre du Budget, avant de devenir conseiller de ce dernier en charge de l’audio-visuel à la primature.
Certains recherchent encore des boucs émissaires après le résultat des urnes », déplore Aubin Minaku

Mp – Palu, une alliance sur le fil du rasoir

Des accusations que rejette en bloc Aubin Minaku : « Étant donné ma position – secrétaire général de la MP et président de l’Assemblée nationale -, je suis le bouc émissaire idéal ». « J’ai pourtant soutenu de bout en bout la candidature de Floribert Luboto à cette élection. Ce dernier est mon premier témoin », confie-t-il, déplorant que « certains recherchent encore des boucs émissaires après le résultat des urnes ».
À la MP, l’on jure avoir joué le franc jeu avec l’allié Palu. En acceptant d’abord une candidature de Luboto qui, selon elle, ne faisait pas l’unanimité au sein de l’Assemblée provinciale de Kwilu. Puis en tirant la sonnette d’alarme sur les risques d’une éventuelle défaite.
« Si le candidat du Palu a perdu, c’est parce qu’en face il y avait un transfuge du Palu qui a siphonné les voix de son parti », explique Alain Atundu Liongo, fraîchement nommé président du conseil d’administration de la Société nationale d’électricité (SNEL) et membre du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre (CNSA), qui garde toutefois sa fonction de porte-parole de la MP. « Aubin Minaku n’y est pour rien ! » jure-t-il.
Cette défaite serait-elle, au final, la goutte d’eau qui fera déborder le vase d’une alliance qui bat de l’aile depuis plusieurs mois ? Si en 2006, l’accord entre les deux forces politiques réservait le poste de Premier ministre au Palu durant le premier quinquennat de Joseph Kabila, l’arrangement trouvé en 2011 pour la suite du partenariat n’a jamais été rendu publique. Difficile alors de savoir si les deux alliés sont toujours sur la même longueur d’ondes.

Jeuneafrique
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