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Officiellement au pouvoir depuis 2000, Kagame en route pour un troisième mandat après modification de la Constitution.

2016 a été réputée année électorale dans nombre de pays d’Afrique subsaharienne. Le rendez-vous a été respecté dans certains Etats. En l’occurrence, le Congo-Brazzaville et l’Ouganda. C’est ainsi qu’au terme de l’élection présidentielle en mars 2016, Denis Sassou Nguesso, 72 ans, avait été réélu dès le premier tour avec plus de 60% des voix. Un mois plus tôt, soit le 18 février de la même année, 15 millions d’électeurs s’étaient présentés devant les urnes en Ouganda. A l’issue du vote, le président sortant, Kaguta Yoweri Museveni, candidat à sa propre succession, avait été proclamé vainqueur. C’est cette victoire qui a permis au président ougandais au pouvoir depuis plus de trente ans, de briguer un cinquième mandat consécutif.

Qu’il s’agisse de Denis Sassou Nguesso que de Yoweri Museveni, leur réélection est intervenue après changement de la Constitution pour le premier et modification de la Constitution pour le second. L’essentiel à retenir, c’est aussi le fait que Museveni soit à la tête de son pays depuis plus de trois décennies. Il en a été de même au Gabon, où Ali Bongo a réussi à modifier la Constitution de son pays.
Ce vendredi 4 août, c’est le tour du Rwanda d’élire son Magistrat suprême. Déjà, dans la fougue des commentaires faits avant le vote, personne ne doute que les six millions d’électeurs rwandais désigneront le président sortant, Paul Kagame, pour se succéder à lui-même à la tête de l’Etat. Ce, après qu’il eut obtenu 95% des voix en 2003 et 93% en 2010.
En tout cas, tous les pronostics tranchent en faveur d’une troisième victoire consécutive de l’homme fort du Rwanda, officiellement à la tête du pays depuis 2000. La candidature de Paul Kagame est soutenue par le FPR (Front patriotique rwandais, ainsi que par neuf partis alliés.
Deux autres candidats ont été admis à concourir : Franck Habineza, président du Green Party, l’unique parti d’opposition, et Philippe Mpayimana, un indépendant rentré de France en février dernier.Trois pré-candidats ont, en revanche, été rejetés le 7 juillet par la Commission électorale.
Il s’agit de Fred Barafinda dont la candidature avait été considérée comme fantaisiste, parce qu’il n’avait même pas essayé de remplir les conditions requises, Diane Rwigara et Gilbert Mwenedata.

QUAND LES CAPITALES OCCIDENTALES FERMENT LES YEUX

La victoire de Paul Kagame est certaine. A moins que le ciel n’en décide autrement. Ce triomphe doit avoir posé des bases solides par le passé. Comme le Brazzavillois Denis Sassou Nguesso, l’Ougandais Yoweri Kaguta Museveni pour ne citer que ces deux, Paul Kagame avait lui aussi initié un projet de révision constitutionnelle qui avait réussi. Et, c’est cette nouvelle Constitution qui lui a permis de briguer un troisième mandat. Il l’y est ou presque.

Mais, quelle est la leçon à tirer des cas des deux présidents réélus en 2016 et, très vraisemblablement de la réélection, ce vendredi, du président rwandais Paul Kagame ? Plusieurs choses à la fois. Mais le plus important à retenir, est que Denis Sassou Nguesso, Yoweri Kaguta Museveni sont dans la même situation que leur collègue rd congolais, Joseph Kabila.

Vu de leurs constitutions respectives, aucun des trois Chefs d’Etat n’avait le droit de se présenter pour un troisième mandat. Par conséquent, aucune manœuvre tendant à modifier les articles verrouillés des constitutions de ces trois pays n’était admise pour cette fin. Hélas !
Les Brazzavillois et les Ougandais ne l’ont pas entendu de cette oreille. La preuve, leurs constitutions ont été soient changées, soit révisées. Ce qui a permis aux présidents sortants des deux pays, de déposer leurs candidatures à la présidentielle et de se faire élire.
Face à ces deux cas, jamais de mémoire d’homme, la Communauté internationale (la même) et les puissances occidentales ne s’étaient opposé. Plus simplement, toutes avaient fermé les yeux sur les cas du Congo-Brazzaville, de l’Ouganda et du Rwanda pour les ouvrir grandement sur la situation en RD Congo.

Depuis, les élections manquées de décembre 2016, le Président Joseph Kabila se trouve désormais dans le viseur aussi bien de la Communauté internationale que des lobbies européens. Que des pressions assorties des sanctions ciblées contre les autorités congolaises ! Matin, midi et soir, ces puissances occidentales multiplient des déclarations enjoignant le Président rd congolais de respecter la constitution.

D’autres y vont avec un visage à découvert, pour demander à Joseph Kabila de déclarer officiellement qu’il n’allait pas se présenter à la prochaine élection présidentielle pour un troisième mandat. Le tout se passe comme si le Président rd congolais avait déjà annoncé sa candidature !
Dans l’opinion, cette attitude de la Communauté internationale suscite bien des interrogations. Pourquoi cette même Communauté internationale trouve que le Rwanda, le Congo-Brazzaville, l’Ouganda peuvent modifier leurs lois fondamentales et non pas la RD Congo ? Pour quoi cette politique de deux poids, deux mesures ? Quels sont les véritables enjeux de la pression des puissances occidentales sur la seule RD Congo ? Voilà, l’échantillon d’un questionnement qui résume les préoccupations (légitimes ?), sans réponse,de nombre d’observateurs.

INTERETS OU SOUCI DE LA DEMOCRATIE ?

Une hypothèse plausible. Même un étudiant admis en première année de Graduat en Relations internationales n’ignore pas que les relations entre les Etats sont régies par les intérêts. Pas plus. Et donc, les véritables motivations des Occidentaux se déclinent à l’aune des intérêts. Pas autre chose. Plusieurs cas puisés dans l’expérience de la politique du Zaïre –RD Congo suffisent pour comprendre cela. Le plus symbolique est celui du défunt président maréchal Mobutu.
Considéré comme le chouchou des puissances Occidentales à qui il devait une fière chandelle du haut de ses 32 ans de pouvoir sans partage, le « roi » du Zaïre a été lâché par ses parrains étrangers. Les mêmes. Qui l’eût cru ? Et on connaît la suite. Pas un cas isolé.

Quand M’Zee Laurent-Désiré Kabila réussit à renverser le régime de Mobutu en mai 1997, il a l’appui de cette même communauté occidentale qui soutenait l’homme à la célèbre toque en peau de léopard.
Mais pour combien de temps ? Ayant compris que Laurent-Désiré Kabila n’était plus cet homme sur qui compter pour préserver leurs intérêts, les mêmes puissances qui l’avaient adoubé, ont fini par faire volte-face. Là aussi, on connait également la suite.

En janvier 2001, Joseph Kabila arrive au sommet de l’Etat, après assassinat de son défunt père le 16 janvier de la même année. Comme ses deux prédécesseurs Joseph-Désiré Mobutu et Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila bénéficie lui aussi, du soutien des mêmes partenaires occidentaux. On l’a vu marcher sur le tapis rouge à Washington, à Paris, à Bruxelles…pour ne citer que ces trois capitales-symboles. Jusque-là, les relations entre Joseph Kabila et ces capitales occidentales qui « décident » du sort de l’humanité, n’avaient enregistré aucun couac majeur.

Mais, dès que le Président rd congolais signe des contrats avec la Chine en 2007, c’est alors que commençaient ses déboires. Delà, à conclure que le principal enjeu des Occidentaux n’est pas lié à la démocratie ; plutôt à leurs intérêts ; il n’y a qu’un pas à franchir.

Ce triste héritage du passé devrait donc interpeller la classe politique rd congolaise. Majorité présidentielle et Opposition comprise. Hélas. Nombreux sont des acteurs politiques qui continuent à croire que la légitimité de leur pouvoir politique doit provenir soit de l’Orient, soit de l’Occident.
Pourtant, ils savent pertinemment bien que les dirigeants du pays combattus aujourd’hui, sont ceux-là même qui ont été soutenus hier par ces mêmes partenaires extérieurs.

Grevisse KABREL
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