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Zélé, immature ou arrogant ? Sindika Dokolo vient de signer un scandale médiatique à travers une interview sur RFI, dans laquelle il insulte les mouvements citoyens de la RDC qu’il dit être en panne d’actions concrètes ; les Congolais qu’il estime ne pas comprendre ce qui se passe dans leur pays ; les Angolais qu’il prétend vivre heureux avec une économie prospère et une démocratie moderne ; et son beau-père, Dos Santos, dont il brocarde l’engagement panafricaniste contre les ingérences occidentales. Terrible…



Il est des moments où, en politique, il faut savoir se taire. Novice dans la politique, Sindika Dokolo, qui n’a d’autre faire-valoir public que le fait d’être le gendre du bientôt ex-Président angolais, Eduardo Dos Santos, en a bien loupé en se prêtant dangereusement à une interview sur RFI dans la soirée de mardi dernier. Une belle boulette médiatique qui ne manquera certainement pas de faire jaser aussi bien à Kinshasa que dans les palais lambrissés de Luanda.



« Les Congolais ne comprennent pas ce qui se passe chez eux »

De l’engagement citoyen des Congolais aux relations diplomatiques entre africains en passant par la situation socio-politique et économique en Angola, Sindika Dokolo a fait montre, sinon de mauvaise foi patente, du moins d’une immaturité politique grave ou, pire encore, d’une méprise aussi bien des peuples que des dirigeants congolais et angolais. En effet, lorsqu’il tente de justifier son engagement dit « citoyen » en niant tout engagement politique, Sindika Dokolo commet la bourde de brocarder l’engagement de tous ces jeunes qui croient apporter leur concours à l’avancement de la démocratie dans leur pays. De Filimbi à Lucha en passant par d’autres mouvements « citoyens », le gendre de Dos Santos prétend que ce n’est pas de ce genre de combat dont les Congolais ont besoin puisqu’ils ne mènent pas des actions concrètes pouvant mobiliser tous les citoyens. Bref, Lucha, Filimbi et les autres ne sont pas assez courageux aux yeux de Sindika Dokolo.

Et parlant des Congolais, il prétend qu’ils ne se montrent pas assez courageux pour s’engager et n’ont pas une bonne compréhension de ce qui se passe dans leur pays. C’est pourquoi, conclue-t-il, il a pris l’initiative de monter son mouvement citoyen pour encadrer ces Congolais et les éveiller face à leurs propres intérêts, lui qui pourtant, depuis une vingtaine d’années, vit loin, coupé des réalités de son pays dont il n’entend parler que par les médias qui relaient des prismes délibérément écorchéssur la RDC. Et Sindika n’a pas pris le temps de se demander pourquoi les activistes convoqués dernièrement à Paris ont préféré signer avec lui un « manifeste citoyen » qui consacre une nouvelle organisation de leurs actions plutôt qu’adhérer à sa nouvelle association.



L’insulte à Dos Santos et aux Africains

Sur le volet panafricain, Sindika Dokolo avance que Joseph Kabila et la RDC sont aujourd’hui des pestiférés que les partenaires africains sont aujourd’hui gênés d’approcher. L’on croit rêver en entendant une telle énormité qui prouve combien l’auteur est loin de la réalité, à moins qu’il ait préféré faire l’autruche.

Ces derniers mois donnent pourtant la preuve d’une solidarité sans précédent des africains qui, depuis la prise de fonction d’Alpha Condé à la présidence tournante de l’Union Africaine, ont décidé, désormais, de résoudre les problèmes africains dans le continent. La RDC est bien la manifestation de cet engagement lorsqu’on se souvient des prises de position de l’UA, de la SADC, de la CIRGL ou encore de la CEEAC sur les questions d’actualité liées, entre autres, au débat international sur d’éventuelles enquêtes internationales aux Kasaï ou aux sanctions occidentales contre des autorités congolaises. Les derniers cas de solidarité en date émanent aussi bien du dernier sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la SADC en Afrique du Sud après la réunion ministérielle de la CIRGL à Luanda et le bloc de solidarité des africains à Genève.

A ce sujet, l’on serait bien intéressé de savoir ce que Eduardo Dos Santos penserait de son gendre, lui qui figure parmi les leaders africains qui ont porté haut leurs voix pour concrétiser l’engagement panafricain ces derniers mois ; lui qui a souvent offert la capitale de son pays à la tenue des réunions et sommets qui ne pouvaient pas se tenir ailleurs, justement en raison des influences occidentales sur les questions africaines.

Sindika Dokolo oublie, par ailleurs, que c’est Dos Santos et d’autres pays africains qui, lorsqu’un sommet de la CIRGL avaient adopté, à Addis-Abeba, l’accord-cadre qui avait ouvert la voie au dialogue politique en RDC alors que l’Occident et l’ONU faisaient montrent d’atermoiements. C’est cet accord-cadre qui avait, d’ailleurs, inspiré l’ONU à prendre une résolution allant dans le même sens, mais qui n’avancera jamais les Congolais sur la voie du dialogue. L’on se souvient, par exemple, que Ban Ki-Moon, alors Secrétaire Général de l’ONU, n’a jamais répondu, jusqu’à la fin de son mandat, à la requête du Président de la RDC, Joseph Kabila, pour la désignation d’un facilitateur sur la liste des cinq noms de personnalités que celui-ci lui avait soumise.



Quand Sindika Dokolo crache sur les Angolais

Pour le reste, Sindika Dokolo devra bien s’expliquer avec le peuple angolais sur ses vues au sujet de ce qu’il a présenté comme modèle de démocratie dans son pays par alliance qu’il a également avancé comme modèle de prospérité. La même chaîne de radio, RFI, qui l’a interviewé, multiplie ces derniers temps, reportages, analyses et interviews des spécialistes et autres experts qui montrent les graves disparités politiques et socioéconomiques en Angola qui traverse aujourd’hui une crise structurelle et systémique unanimement reconnue, même à Luanda.

Une crise qui montre de graves contradictions entre la prospérité apparente et la grave pauvreté des Angolais qui se vit jusque dans le « bidonville natal » de Dos Santos comme l’a montré RFI. Une crise qui se caractérise aussi bien par un faible niveau de l’enseignement que par le manque d’eau et d’électricité, mais aussi un faible taux de couverture vaccinale. Ce dernier déficit a, d’ailleurs, fait subir à la RDC – à deux reprises – des contrecoups sur ses performances en matière de lutte contre la poliomyélite, au point qu’il avait fallu mener des campagnes combinées de vaccination de part et d’autres de la frontière pour éviter que les non vaccinés de l’Angola viennent, par migration, relancer l’épidémie en RDC qui avait atteint le point zéro de polio. Et au plan purement économique, ce n’est pas du tout d’un Sindika Dokolo que l’on peut attendre une quelconque leçon, lui qui sait très bien combien sa famille par alliance – à commencer par sa propre femme – a la mainmise sur la quasi-totalité des compartiments de l’économie angolaise : pétrole, diamant, télécom, infrastructures, etc.

On ne peut en dire mieux de la situation politique d’un pays, l’Angola, qui vit 40 ans de suprématie d’un seul parti politique avec un Président resté en fonction 38 ans à cause d’un arsenal juridique qui n’offre pas assez d’ouvertures pour une alternance démocratique digne de ce nom. On n’en dirait pas mieux des graves irrégularités vécues avant et pendant la dernière campagne électorale qui a vu une partie largement privilégiée au profit de ses adversaire.



« Citoyen », dites-vous : Kabila avait déjà interpellé Sindika

Si, donc, Sindika Dokolo peut faire montre de faiblessesgraves – du moins en apparence - dans la connaissance de son pays d’adoption, que peut-on attendre de lui pour ce qui est de son propre pays que sa mère, une française, connaît mieux que lui ? Et Joseph Kabila, qu’il vilipende tant, a déjà eu à l’en interpeller indirectement. En effet, en 2010 (sauf erreur), Dokolo avait approché le Chef de l’Etat congolais pour solliciter qu’il préface un almanach qu’il avait édité en prévision d’une exposition d’art qu’il devait organiser à Luanda. Joseph Kabila déclinera la proposition, estimant judicieusement, qu’à son niveau de responsabilité, il n’était pas normal qu’il fasse cela pour un événement organisé à l’étranger par un compatriote et qui offrirait une visibilité à un pays tiers…

Lien : http://congovirtuel.org/index.php/photos/318-sindika-dokolo-insulte-les-congolais-dos-santos-et-les-angolais

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