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La Nouvelle société civile congolaise (NSSC) a organisé, hier mercredi 30 août, une tribune d’expression populaire axée sur l’éducation. Jonas Tshombela a saisi l’occasion pour reitèrer le soutien inconditionnel de sa plateforme à la campagne "Ecole eza mombongo te" qui lutte contre le monnayage de l’enseignement en RDC.

"Le rôle de la société civile dans la promotion de l’éducation des enfants et la lutte contre les antivaleurs en milieu scolaire", tel est le thème de la tribune populairede la NSSC. En organisant cette rencontre, explique Jonas Tshiombela, la NSSC entend témoigner de son attachement à la formation de la jeunesse congolaise.
« Détruire l’éducation d’un peuple, c’est detruire son âme de la manière la plus horrible possible », déclare Jonas Tshombela, avant de démontrer, preuves factuelles à l’appui, que la RDC fait actuellement l’objet d’un complot tendant à lui intenter ce qu’il qualifie de genocide intellectuel.

L’ECOLE SE MUE EN UN MILIEU HAUTEMENT COMMERCIAL
L’ecole, jadis lieu de transfert des valeurs du pays et d’acquisition du savoir-vivre, du savoir-être et du savoir-faire, s’ecarte considerablement de sa mission régalienne, tranche pour sa part le coordonnateur adjoint de la NSSC. Il se dit curieux de constater que les écoles congolaises sont en train de se muer en des lieux hautement commerciaux.
Dans son exposé, Jonas Tshombela a mis en évidence des facteurs fragilisant l’appareil éducatif congolais. Il s’agit, notamment, de l’absence du recyclage des enseignants, du manque de bibliothèques scolaires, de la dévalorisation de la fonction enseignante et de la démission totale de l’Etat, dans son rôle regulateur du secteur.
Le coordinateur de la NSSC fustige par ailleurs, ce qu’il qualifie de complicité des organisations des parents, de manipulation, mieux, de politisation des syndicats des enseignants. "Il est incomprehensible que les enseignants puissent continuer à utiliser les manuels datant des années 70. La fonction d’enseignant elle-même est devenue ridicule, voire humiliante", s’est-il plaint.
Jonas Tshombela dénonce aussi la prolifération des écoles privées peu viables, la motivation commerciale plus prononcée des chefs d’établissement, la modicité du salaire des enseignants et la promotion des antivaleurs en milieu scolaire.
"Nous pensons qu’il y a lieu de repenser complètement nos programmes d’enseignement, question de mettre en place un système adapté à nos propres réalités et qui contribuera effectivement au développement du pays. Pourquoi allons-nous continuer à former des jeunes en Latin-philo et en mathematiques si ces compétences n’apportent rien à la marche du pays", s’est-il interrogé.
Deuxième intervenant, Serge Bondedi, secrétaire général de l’YMAE, a evoqué les motivations ayant conduit à la mise en place de la campagne "Ecole eza mombongo te". Il a, d’entrée de jeu, salué l’implication de la NSCC et d’autres organisations partenaires dans cette sensibilisation à la lutte contre le monnayage de l’enseignement en RDC.

L’ACHAT OBLIGATOIRE DES FOURNITURES SCOLAIRES A l’ECOLE

Lancée le 28 Août dernier, la campagne "Ecole eza mombongo te" court jusqu’au 28 decembre prochain. Elle est, du moins pour sa prèmière phase, essentiellement focalisée à Kinshasa. Ses axes prioritaires sont, l’enquête sur terrain auprès des ménages, le plaidoyer auprès des autorités, le monitoring et la sensibilisation de tous les maillons de la chaîne éducationnelle.
"En lançant cette campagne, l’Association des jeunes pour l’education veut répondre à un besoin réel de la population. Celui du bien-être et du developpement qui, du reste, passent necessairement par une éducation de qualité de la jeunesse", indique Serge Bondedi.
A l’en croire, les éléments qui attestent le monnayage de l’enseignement en RDC sont, entre autres, la réinscription payante et obligatoire, le travail manuel payant, le suivi de l’Exetat obligatoire, l’achat des uniformes et autres fournitures scolaires à l’ecole.
Pas seulement. D’autres attitudes que condamne cette campagne sont, le renvoi à outrance des élèves en pleine année scolaire faute de payement des frais exigés, les cours d’encadrement payant et obligatoire, la vente obligatoire des imprimés à l’ecole, l’achat obligatoire de la tenue de gymnastique, les punitions financières et le fameux phenomène de « points financièrement transmissibles ».
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