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*‘’Il serait suicidaire de nous résigner à la fatalité. Il nous faut voir au-delà de nos clivages partisans pour privilégier l’intérêt national en nous montrant plus imaginatifs dans la recherche des voies de sortie à la crise qui nous ébranle. Après deux dialogues politiques dont les engagements n’ont pas été respectés mais qui, en définitive, ont produit des effets pervers dans l’univers politique congolais, tout en exacerbant la situation déjà précaire du pays, il est temps que les filles et fils du pays se lèvent et plaident pour une solution qui mettrait fin à la confusion qui prévaut actuellement’’, déclare Odette Babandoa Etoa. Dans une réflexion à ciel ouvert, elle interpelle, conscientise et lance une alerte générale. Pour elle, en effet, l’issue à la crise passe par le référendum dont elle réalise, ici, un plaidoyer pour son organisation en RD. Congo, avant le 31 décembre 2017. Plutôt que de suivre la Majorité qui, dans sa dernière mise au point, s’est rétractée sur l’affaire du référendum ou alors, de se résigner derrière des idées alambiquées consistant à emprunter des raccourcis, pour accéder au pouvoir par des voies peu orthodoxes via des conciliabules et combines politiciennes, Odette Babandoa livre, à haute et intelligible voix, sa pensée critique. Et, à tout prendre, elle dresse un aperçu de la situation politique du pays, depuis 2014, l’année de la première révision de l’actuelle Constitution du 18 février 2006. Elle établit les responsabilités des acteurs politiques dans la débâcle d’hier et d’aujourd’hui. Et puis, elle prévient le cataclysme, en indiquant une issue. La réflexion, ci-dessous, loin d’être une simple vue d’esprit, repose, par contre, la problématique du sérieux sur ce qui paraît, désormais, comme un chaos en perspective et qui, pourtant, peut être évité, si les acteurs politiques revenaient au bon sens ainsi qu’à l’amour de la patrie. ‘’Face aux atermoiements des politiciens, il est temps que nous puissions retourner vers le peuple, détenteur de la souveraineté nationale et de qui émane tout pouvoir et toute légitimité afin que ce dernier s’exprime. Pour cela, l’Union des Patriotes Républicains, par ma voix, lance un appel patriotique à toutes les congolaises et à tous les congolais, épris de paix et d’amour pour le Congo, notre pays, de rejeter la politique de l’Autriche pour qu’ensemble nous puissions prendre nos responsabilités devant l’histoire et exiger l’implication directe du peuple dans la recherche d’une solution durable à la crise qui secoue la République Démocratique du Congo, soutient-elle. A suivre le regard de Babandoa, le référendum s’impose ! Lisez-la !

PLAIDOYER POUR L’ORGANISATION DU REFERENDUM EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO AVANT LE 31 DÉCEMBRE 2017

CONFERENCE DE PRESSE DE MADAME ODETTE BABANDOA ETOA DE CE SAMEDI 16 SEPTEMBRE 2017

Mesdames et Messieurs les chevaliers de la plume,

I.1. Aperçu de la situation politique de la RDC depuis 2014

L’article 70 de la Constitution de la République Démocratique du Congo fixe la durée du mandat du Président de la République à cinq (05) ans renouvelables une seule fois.

A partir de 2014, alors que le second et dernier mandat du Président actuel, élu en 2006 puis en 2011, approchait son terme et le processus électoral devant conduire à l’alternance au sommet de l’Etat était encore au point mort, la nation toute entière a été, depuis lors, embarquée dans des péripéties incertaines.

En effet, de la sortie du livre de Monsieur Evariste BOSHAB proposant une deuxième révision de la Constitution du 16 février 2006, comme solution à la non organisation des élections dans les délais constitutionnels, à la signature le 31 décembre 2016 de l’Accord Politique Global pour la tenue des élections en République Démocratique du Congo, en passant par la signature d’un autre accord le 18 octobre de la même année, le pays vit une crise politique sans précédent dont la recherche des voies de sortie pour un enrayage effectif devient de plus en plus complexe au regard des options que les différents acteurs en présence semblent avoir déjà levées.

Entre le passage en force auquel les uns se prépareraient et le soulèvement populaire que prôneraient les autres, il devient urgent que s’interposent les tenants d’une troisième voie conforme à la Constitution. Il faut désamorcer la bombe à retardement que constitue la situation actuelle du pays, laquelle trouve ses causes dans les comportements antirépublicains des acteurs.

I.2. Responsabilités des acteurs

Mesdames et Messieurs,

La crise que vit la RDC actuellement est la conséquence de l’activisme négatif, du délassement ou encore de l’ambiguïté de rôle joué durant les derniers mois par les institutions et autres composantes en ce compris certaines personnalités et leaders politiques de notre société.

I.2.1. Responsabilité des institutions de la République

A considérer la manière dont les institutions et leurs animateurs se sont comportés entre 2012 et 2016, on se permettrait d’affirmer qu’il s’était tissé une complicité passive pour les uns et active pour les autres dans le but de perturber la marche du pays vers sa démocratisation en reléguant, de commun accord, la question de l’organisation des élections au second plan.

Les différentes institutions ainsi que leurs animateurs ont bel et bien engagé leur responsabilité dans la situation que traverse le pays. Une telle attitude a eu comme conséquence la rupture du pacte républicain obtenu au terme d’âpres négociations à Sun City et coulé dans la Constitution du 14 février 2006.

a. Responsabilité du Président de la République
Parlant du Président de la République, l’article 69 de la Constitution dispose que ce dernier « …représente l’unité nationale. Il veille au respect de la Constitution. Il assure par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat… »

A vrai dire, la crise que traverse la RDC a comme principale cause, la non organisation des élections, surtout de l’élection présidentielle, dans les délais prévus par la Constitution. Alors que cette dernière lui confère le rôle de garant de la bonne marche des institutions, le Président de la République, par son silence et ses propos aussi ambigus que contradictoires sur la question spécifique de son éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle, a contribué de manière notable non seulement au déclenchement de la crise mais aussi à son exacerbation.

Pendant que la nation attendait et attend encore de lui une déclaration sans équivoque, le flou qu’il entretien délibérément à ce sujet a eu et a encore un impact très négatif dans la recherche de la décrispation de la vie politique.

A ce jour, le Président de la République n’a pas agi comme étant au-dessus de la mêlée. Au lieu de rassembler tous les congolais autours des grands idéaux républicains, il les a divisés en aggravant leurs divergences partisanes.

Responsabilité du Parlement
Siégeant sans légitimité et hors mandat depuis 2011 pour les Sénateurs et février 2016 pour Députés Nationaux, les membres des deux chambres n’ont pas été assez vigilants pour s’assurer en temps utile que l’exécutif ainsi que tous les intervenants à la préparation de l’alternance démocratique œuvraient effectivement pour cet objectif.

En effet, le contrôle parlementaire, mécanisme institutionnel par excellence permettant au Parlement de demander des comptes aux membres du gouvernement et aux gestionnaires des services publiques, n’a pas été exercé à bon escient. Complaisants voire, laxistes dans l’exercice du contrôle parlementaire, les Députés comme les sénateurs sont complices de la non- organisation des élections dans les délais ainsi que de la paupérisation désespérante des populations.

En outre, en tant qu’autorité budgétaire, l’Assemblée Nationale ne s’est pas assurée que les allocations prévues pour l’organisation des élections étaient effectivement et régulièrement versées à la Centrale électorale.

Responsabilité du Gouvernement
Responsable de la gestion quotidienne du pays, le Gouvernement, a floué la nation toute entière. S’étant autoproclamé champion d’une prétendue maîtrise du cadre macroéconomique, les gouvernements qui se sont succédés de 2012 à ce jour 2016 n’ont pas accordé l’attention qu’il fallait à la question du renouvellement démocratique des institutions. Et ceux qui ont pris le relais après 2016 semblent se complaire dans les lamentations sans s’engager véritablement à financer les élections.

Par ailleurs, réprimant systématiquement toutes manifestations pacifique visant la réclamation de la tenue des élections dans les délais, le Gouvernement n’a pas favorisé l’éclosion de la démocratie mais a plutôt nié aux citoyens l’un de leurs droits constitutionnellement reconnus à savoir, le droit de manifester pacifiquement.

Responsabilité de la Cour Constitutionnelle
Appelée à se prononcer sur l’interprétation de l’article 70 de la Constitution relative à la légalité du pouvoir du Président de la République pour la période comprise entre la fin de son mandat et l’entrée en fonction effective de son successeur selon la lettre et l’esprit de la Constitution, la Cour Constitutionnelle a péché par un arrêt flou qui a cautionné le glissement à l’infini du mandat du Président de la République ainsi que celui des institutions dont le mandat a pris fin.

La cacophonie parmi les juges de la Haute Cour, consécutive à son instrumentalisation par les politiques, surtout par le pouvoir Exécutif, avait confirmé la thèse d’une complicité agissante des institutions de la République en vue d’un glissement sans fin.

Responsabilité de la CENI
Il convient de rappeler que la plénière de la CENI est composée des représentants de la société civile et ceux des partis politiques aussi bien de l’Opposition que de la Majorité Présidentielle. Dans l’esprit du législateur, cette composition devait servir d’élément d’équilibre et de transparence dans la gestion de la Centrale électorale, appelée à fonctionner en toute indépendance, ainsi que dans la conception et la conduite des opérations électorales proprement dites.

Malheureusement, alors que transparaissent à la lumière du jour de sérieux problèmes dans le déroulement des opérations, les dénonciations courtoises ou virulentes ne sont toujours pas entendues de l’intérieur de la CENI. A ce jour, la CENI agit plus pour l’intérêt de la Majorité au Pouvoir au détriment de l’intérêt de la nation. Les dernières élections de Gouverneurs et Vice-gouverneurs dans certaines provinces en constituent la preuve irréfragable.

Il est préoccupant de constater que le pouvoir organisateur des élections ne cesse de multiplier des manœuvres dilatoires pour repousser le plus loin possible la tenue des élections.

Comment peut-on dire dans un premier temps qu’on peut organiser les élections en avril 2018, puis dans un deuxième temps au 31 décembre 2017 puis encore, à trois mois de l’approche de cette dernière échéance, déclarer avoir besoin de plus 500 jours pour le même travail et, en même temps, suggérer le changement de la technologie pour ce faire ?

Voilà encore une preuve inquiétante que le pouvoir organisateur des élections s’embourbe.

I.2.2. Responsabilité de l’Opposition politique

Bien que n’ayant pas une main mise directe dans la gestion du pays, l’Opposition (institutionnelle comme non institutionnelle) n’a pas été aussi efficace dans son rôle de lanceuse d’alerte.

Les Députés et Sénateurs de l’opposition n’ont pas fait preuve d’assez de détermination et d’organisation pour exiger la tenue des élections dans les délais constitutionnels. Qui pis est, la plupart d’entre eux se sont ligués avec les membres de la Majorité multipliant des déclarations non sincères et agissant contre l’aspiration du peuple à l’alternance.

Il suffit de compter le nombre de députés autrefois de l’opposition ayant pris part au Gouvernements successifs pour se rendre compte de la perfidie et de l’égoïsme de ces derniers. N’était-il pas assez insolite, pendant que quelques membres de la Majorité quittaient cette plateforme à cause de ses manœuvres avérées à bloquer l’alternance, que des « opposants » qui défendaient cette alternance en dénonçant les mêmes manœuvres puissent, eux, rejoindre la Majorité au point d’en devenir les principaux défenseurs?

Quant aux opposants restés en dehors des institutions, non seulement qu’à l’instar de leur collègues ils n’ont pas été capables de parler de la même voix, mais les derniers développements de la situation politique du pays ont révélé que leurs discours virulents ne servaient qu’à attirer l’attention du régime en place sur soi aux fins de se faire une place en son sein, par débauchage, en temps utile. Ici encore, il est tout à fait impensable que ceux qui ont combattu hier les méthodes et le mode de gouvernance d’un régime en sursis, lesquelles méthodes n’ont pas changées, se bousculent à son portillon pour gouverner avec lui voire, en assumant le bilan chaotique de ses deux mandats.

I.2.3. Responsabilité de la Majorité Présidentielle

La Majorité Présidentielle n’a agi ni pour le bien de la République, ni pour le bien de la population ni encore pour son propre bien. Se servant de la ruse pour tromper tout le peuple, la MP est aujourd’hui pris dans son propre piège qui consistait à croire qu’en se servant de l’appât des postes ministériels et autres moyens dont la corruption, elle réussirait à vider l’opposition de ses cadres les plus en vue et continuerait à diriger le pays à sa guise.

Ce faisant, la famille politique du Chef de l’Etat a oublié que la vraie opposition qui se dressera toujours face à elle c’est bien les populations affamées et paupérisées qui n’ont accès ni aux infrastructures sociales de base, ni à l’électricité, ni à l’eau, ni aux soins de santé primaires ; des populations dont les enfants ne peuvent accéder à un enseignement de qualité etc.

Par ailleurs, en prenant en otage le Président de la République- au point de refuser de lui trouver un successeur parmi eux- ainsi que toutes les institutions de la République, le Pouvoir Judiciaire compris, les cadres de la Majorité au pouvoir n’ont pas favorisé l’alternance. Nous en sommes là à cause de leurs multiples turpitudes.

La désacralisation de la Cour Constitutionnelle sur fond de règlement de comptes byzantines, traduit la volonté de la Majorité Présidentielle d’avilir les institutions de la République et la nation toute entière.

I.2.4. Responsabilité de la Société Civile et des Forces Vives

Tout en reconnaissant le travail abattu dans la bravoure par quelques mouvements citoyens dans l’éveil de la conscience démocratique des populations, il faut cependant déplorer l’ambiguïté de rôle et l’inaction générale des forces vives de la nation. Emboitant le pas aux opposants, certains leaders de la Société Civile et des forces vives ont trahi le peuple pour leurs intérêts égoïstes.

Mesdames et Messieurs de la presse,

La situation décrite ainsi que les responsabilités des acteurs telles que relevées ci-haut ont eu des conséquences réelles dans la marche générale du pays.

CONSEQUENCES
II.1. Au plan juridique

Une interprétation rigoureuse des articles 70 et 73 de notre Constitution laisse entrevoir que, soucieux de mettre définitivement fin aux cycles de violences qu’a connus le pays par le passé suite à l’illégitimité des institutions et de leurs animateurs[1], le Constituant n’avait pas prévu l’hypothèse de la non-organisation des élections dans les délais.

La formulation «…à la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation du nouveau Président élu. », sous entend l’obligation faite au Président en exercice, arrivé au terme de son mandat de cinq ans, d’organiser impérativement l’élection de son successeur qui peut être soit lui-même soit quelqu’un d’autre, selon qu’on se trouve à la fin de son premier mandat ou à la fin de son deuxième et dernier mandat. Place n’a pas été laissée ni à la malignité, ni à la ruse ni encore à la négligence. En effet, l’hypothèse d’un Président sortant qui n’organiserait pas les élections à la fin de son mandat n’a pas été prévue par le Constituant.

C’est justement pour palier au vide juridique résultant de la carence d’un nouveau Président élu face au Président arrivé au terme de son second et dernier mandat, et surtout face aux tensions perceptibles au sein de la communauté nationale et à la pression exercée par la Communauté internationale sur le régime, à l’approche de la date du 19 décembre 2016, que deux Accords politiques avaient été négociés et signés, entre le 18 octobre et le 31 décembre 2016, en vue d’organiser la gestion de la période incluse entre la fin du mandat du Président en exercice et l’élection de son successeur.

Il s’agit de l’Accord dit de la Cité de l’Union Africaine signé le 18 octobre 2016 et celui dit de la Saint-Sylvestre signé le 31 décembre 2016. Malheureusement, les deux accords n’ayant été respectés ni dans leur esprit moins encore dans leur lettre, il est difficile aujourd’hui de savoir avec exactitude quel est le texte sous l’empire duquel fonctionne le pays ; la Constitution elle-même ne servant plus que comme une référence bibliographique, vouée aux gémonies.

II.2. Au plan socio-économique

La crise politique et institutionnelle née de la non-organisation des élections dans les délais constitutionnels a des conséquences fâcheuses réelles sur le plan socio-économique.

En effet, doublée de la chute des cours des matières premières, principales sources de revenu du pays, sur le marché internationale, l’incertitude politique résultant de la situation ci-haut décrite a aggravé non seulement la morosité de l’activité économique sur toute l’étendue du territoire mais aussi, par voie de conséquence, la misère déjà inénarrable dans laquelle vivent les populations.

A cause d’une inflation galopante (notons qu’en moins de sept mois, le dollar américain est passé de 960 FC pour 1$ à 1 600FC pour 1$) les ménages ont perdu drastiquement près de 80% de leur pouvoir d’achat. Méfiants, la plupart des opérateurs économiques, surtout étrangers, ont réduit leurs activités sur notre territoire pendant que d’autres ont carrément suspendu les leurs. Les investisseurs potentiels, quant à eux, préfèrent attendre le retour de l’accalmie pour venir s’installer.

Les Finances publiques sont asséchées et l’Etat congolais peine aujourd’hui à exécuter même les dépenses de souveraineté les plus élémentaires et le tout, sur fonds de grèves et menaces de grèves de presque l’ensemble des corps professionnels (Médecins, Magistrats, Infirmiers, Enseignants, Professeurs d’Universités, Fonctionnaires et Agents de l’Etat) ainsi que des travailleurs des entreprises de l’Etat qui accusent plusieurs mois d’arriérés de salaires.

Les tensions sociales sont plus que perceptibles et constituent une autre véritable bombe à retardement.

II.3. Au plan politique

La crise que connaît le pays a perturbé considérablement l’écosystème politique de la République Démocratique du Congo en ce qu’elle a discrédité la classe politique dans son ensemble et plus particulièrement l’opposition qui hier, portait les vraies aspirations du peuple.

Si, par sa mauvaise gouvernance du pays, la Majorité au pouvoir est abhorrée par le peuple, l’opposition constituait jusqu’à il y a quelques temps son seul espoir. Fort malheureusement, la crédibilité dont jouissaient les opposants a été sérieusement écornée à cause de la transhumance, du débauchage, du reniement de soi et de la trahison de la cause populaire dont la plupart d’entre eux, y compris les plus grandes figures, ont fait preuve au cours des derniers mois.

Dans ces conditions, le peuple qui vit chaque jour l’égoïsme des politiciens de tous les bords, ne sait plus à quels saints se vouer. La rupture entre la classe politique, toutes tendances confondues, et le peuple n’a jamais été aussi perceptible dans notre pays. Avec un peu d’honnêteté, il faut admettre que les politiques congolais auront désormais du pain sur la planche pour gagner à nouveau la pleine confiance du peuple.

II.4. Au plan diplomatique

Depuis les élections chaotiques de 2011, le pays vit un isolement évident au plan diplomatique. Le tôlée national et international soulevé par les résultats non conformes à la vérité des urnes a été tel que la légitimité du pouvoir nouvellement proclamé élu a souffert tant à l’intérieur des frontières nationales qu’au-delà de celles-ci. Les différentes offensives diplomatiques lancées pendant les cinq années de sa législature en vue de regagner la confiance des partenaires bilatéraux ou multilatéraux n’ont donné que des résultats efflanqués.

La République Démocratique du Congo est devenue, non seulement un pays non fréquentable mais encore « un Etat voyou » qui ne se conforme pas aux multiples résolutions des Nations Unies à propos de la situation politique qui prévaut sur son sol et qui constitue une menace potentielle à la paix et à la sécurité internationales.

OPPORTUNITE DE L’ORGANISATION D’UN REFENDUM
Le tableau tel que dépeint supra a divisé et continue de diviser profondément les congolais. Comme dit plus haut, pendant que la Majorité au pouvoir, fort du contrôle qu’elle s’est assurée de toutes les institutions du pays et des forces de sécurité, n’entend plus se conformer ni à la Constitution ni à aucun des deux derniers Accords Politiques, surtout celui dit de la Saint-Sylvestre, et se prépare visiblement à faire un passage en force, l’opposition, de son côté, se dit prête à lui barrer la route y compris par le moyen d’un soulèvement populaire.

Mesdames et Messieurs les Chevaliers de la plume,

Il convient de se rappeler constamment que notre pays est un pays post-conflit et, par principe, fragile. L’existence de deux pôles convoyeurs d’une violence latente mais imminente enverra indubitablement le pays dans un précipice sans fin. La RDC n’a pas besoin de la violence mais de la paix pour sa reconstruction. D’où l’impérieuse nécessité pour les acteurs épris de paix de trouver les moyens les plus pacifiques, les plus justes et les plus constitutionnels de sortie de la crise qui semble avoir encore de beaux jours devant elle pendant que le pays est asphyxié. Ainsi, pourront–ils épargner le pays des méfaits du radicalisme des protagonistes désormais embrigadés dans leurs schémas respectifs en leur offrant un exutoire royal.

III.1. Limites des protagonistes

Cependant, à bien observer les uns et les autres, on conclurait que les protagonistes sont bel et bien conscients des limites de leurs options respectives. En effet, d’un côté, la Majorité Présidentielle est bien consciente que le passage en force à laquelle elle se prépare ne sera ni facile ni possible. C’est d’ailleurs cela l’une des raisons pour lesquelles elle multiplie les débauchages des leaders de l’Opposition et accepte tant soit peu de les associer dans la gestion du pays.

De l’autre côté, l’Opposition demeurée jusque-là intransigeante et qui compte sur un soulèvement populaire connaît bien les aléas et difficultés que comporte la réalisation ainsi que le succès d’une telle solution dans le contexte spécifique de la RDC. L’imprévisibilité du peuple qui a montré à plusieurs récentes occasions qu’il n’était pas prêt à en découdre véritablement avec le pouvoir d’une part, la détermination du pouvoir à réprimer violement toutes les manifestations pacifiques, y compris avec les moyens disproportionnés d’autres part, constituent les obstacles primordiaux à la réussite d’un soulèvement populaire.

C’est autrement dire que l’exubérance avec laquelle les protagonistes expriment leurs positions antagonistes n’est qu’un héroïsme de façade. En réalité aucun camp n’a la maîtrise totale de l’issue de son projet.

Dans ses conditions, devons-nous croiser les bras et attendre d’assister impuissants à une inéluctable déflagration générale ?

III.2. Voie de sortie

Mesdames et Messieurs,

Devant un tel tableau, il serait suicidaire de nous résigner à la fatalité. Il nous faut voir au-delà de nos clivages partisans pour privilégier l’intérêt national en nous montrant plus imaginatifs dans la recherche des voies de sortie à la crise qui nous ébranle.

Après deux dialogues politiques dont les engagements n’ont pas été respectés mais, qui ont produit des effets pervers dans l’univers politique congolais en exacerbant la situation déjà précaire du pays, il est temps que les filles et fils du pays se lèvent et plaident pour une solution qui mettrait fin à la confusion qui prévaut actuellement.

Et à notre avis, le référendum reste l’unique voie pour départager les protagonistes. Depuis février 2017 dernier tous ceux qui prétendent parler et agir au nom du peuple ne jouissent plus d’aucune légitimité. Il est temps de mettre fin au rafistolage de légitimité dont on se pare de la part de ses pairs politiciens et au terme des arrangements politiques de salons.

Face au blocage, et à défaut des élections proprement dites, les politiques doivent avoir le courage d’accorder la parole directement au souverain primaire qui doit se prononcer sur la direction à prendre pour mettre définitivement fin au désordre en désamorçant les tensions qui risquent d’emporter les uns et les autres et retarder le développement du pays.

Il devient aberrant qu’à cause de la fixation sur le sort d’un seul individu la nation entière soit livrée à la merci des caprices des politiciens sans légitimité.

Mesdames et Messieurs,

Les mêmes craintes qui dominaient l’esprit des congolais avant le 19 décembre 2016 nous hantent encore avant le 31 décembre 2017.

Que devons-nous donc faire afin d’éviter le chaos au 31 décembre 2017 ? Devons-nous modifier la Constitution oui ou non ? Nous pensons que le souverain primaire devra opérer librement son choix que les acteurs politiques devront s’engager à respecter.

Les discours hypocrites tenus récemment par la Majorité Présidentielle, par certains opposants ainsi que par quelques mouvements de la société civile qui prétendent être contre le référendum est fallacieux et ne vise qu’à faire perdre le temps à la nation et à contribuer à la ductilité de la situation confuse dans laquelle le pays est plongé depuis.

A ce sujet, quel que soit le choix à opérer, l’objectif majeur reste l’organisation des élections crédibles, transparentes, libres et démocratiques. Pour y parvenir, un minimum de conditions devra être réuni pour le succès de sa mise en œuvre.

III.3. Conditions pour une mise en œuvre réussie de l’option à lever

Mesdames et Messieurs,

La mise en œuvre de l’un ou l’autre choix (OUI ou NON) a des exigences spécifiques. Nous vous en énumérons quelques-unes ci-dessous:

organisation d’une transition voulue pacifique par tous ;
respects par les parties des engagements qui seront souscrits ;
mise en place d’un gouvernement de transition composé de technocrates ;
engagements sans équivoque du Chef du gouvernement de transition à conduire le pays vers les élections ;
mise en place d’une CENI composée des experts indépendants avec possibilité de recourir à l’expertise étrangère ;
organisation de l’audit du fichier électoral par une structure internationale spécialisée ;
l’engagement des parties à ne pas interférer dans la marche des institutions de la transition.
La mise en œuvre des exigences ci-dessus présuppose que, par un sursaut de nationalisme, les acteurs majeurs parviennent à reconnaître ouvertement que les voies jusque-là empruntées n’ont pas permis de résoudre le fond de la crise et qu’ils soient animés de bonne foi pour s’engager avec sincérité à des solutions durables.

Aux gros maux, gros remèdes dit-on. En lieu et place d’organiser encore un dialogue qui risquerait de tirer inutilement en longueur et de n’aboutir à rien, il serait plus expéditif et rationnel que les Nations Unies et l’Union Africaine proposent à la signature des acteurs signataires des Accords du 18 octobre dit de l’UA et du 31 décembre dit de la St-Sylvestre et aux Responsables des confessions religieuses, une charte de la transition sous forme d’un code de conduite pour la sortie de crise. Ce document devra réguler le comportement des uns et des autres en définissant leurs devoirs et obligations aussi bien avant et pendant le référendum que pendant la transition.

C’est à ce prix seulement que nous pouvons espérer parvenir à une issue pacifique et maîtrisée de la situation confuse dans laquelle vit la nation.

III.4. Calendrier

La date considérée comme fatidique étant le 31 décembre 2017 prochain, il serait souhaitable que, dès maintenant, les tenants de la piste de solution ci-dessus proposée conjuguent les efforts pour sa mise en œuvre effective avant cette date.

CONCLUSION

Mesdames et Messieurs,

Ainsi que nous venons de le démontrer, le régime d’exception qui gère actuellement notre pays est préjudiciable à l’économie et à l’image de notre pays. C’est notre peuple dans son ensemble qui en paie les frais. La précarité générale qui caractérise la situation sociale de nos populations n’a pas de coloration politique et n’épargne personne, quelle que soit l’appartenance politique.

Les politiques congolais devraient se consacrer à la recherche des solutions aux vrais problèmes des citoyens. Et aujourd’hui le problème crucial de l’illégitimité des institutions et de leurs animateurs ne peut trouver de solution que dans la réussite de l’organisation des élections véritablement crédibles, transparentes, libres et démocratiques.

Face aux atermoiements des politiciens, il est temps que nous puissions retourner vers le peuple, détenteur de la souveraineté nationale et de qui émane tout pouvoir et toute légitimité afin que ce dernier s’exprime.

Pour cela, l’Union des Patriotes Républicains, par ma voix, lance un appel patriotique à toutes les congolaises et à tous les congolais, épris de paix et d’amour pour le Congo, notre pays, de rejeter la politique de l’Autriche pour qu’ensemble nous puissions prendre nos responsabilités devant l’histoire et exiger l’implication directe du peuple dans la recherche d’une solution durable à la crise qui secoue la République Démocratique du Congo.

Le point de vue que nous présentons ce jour mérite d’être analysé, approfondi, enrichi et pris en compte par tous, sans préjugés épidermiques, mais dans un esprit républicain et patriotique.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo,

Que Dieu bénisse l’Union des Patriotes Républicains
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