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*Il promet de parler aujourd’hui, à Limete, malgré tous les appels à l’ordre. Le fils d’Etienne Tshisekedi veut, à cette occasion, selon ses proches, crever l’abcès. Mais, concrètement, quel peut être le contenu de son message? Va-t-il répéter le même discours que celui qu’il a tenu, dernièrement, sur les antennes de Rfi, et auquel Mende avait déjà répondu? Peut-il donner la chance à la conclusion d’un nouveau deal politique ou va-t-il s’engager, carrément, dans un nouveau bras de fer? Equation à mille inconnus!

Retour ratatiné…

Il est revenu ce dimanche à Kinshasa, après une tournée qu’il aura conduit successivement en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. Félix-Antoine Tshisekedi a, en effet, foulé le sol de la capitale rd. Congolaise sous un climat, plutôt, maussade sur le plan politique. Tenez ! La coïncidence de date de ce retour avec la tenue interdite d’un meeting du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au changement, n’était pas de nature à créer un environnement serein. Comme il fallait s’y attendre, le fils Tshisekedi, loin de son bain de foule habituel, aurait été ramené à la résidence de son père, le Sphinx de Limete, sous escorte policière. Les quelques rares combattants têtus qui ont osé pointer leur nez à l’aéroport international de N’djili ont rencontré, naturellement, la résistance farouche de la part des forces de l’ordre qui, selon des sources concordantes, ont été déployées dans le but de casser jusqu’à la moelle épinière, toute tentative de menées subversives ou d’actions déstabilisatrices de la paix et du bon fonctionnement des institutions établies.

Mieux vaut prévenir, dit-on.
Les autorités congolaises, dans ce qu’elles ont comme impérium, l’ont si bien compris lorsqu’en plantant un tel dispositif, à la fois, dissuasif et préventif, elles font sauter, par le fait même, tous les verrous psychologiques de tous ceux qui avaient fait du 3 septembre 2017, la veille de la rentrée scolaire controversée, un nouveau rendez-vous fétichiste pour de nouvelles rixes aux conséquences dramatiques, comme ce fut le cas, autrefois, du 19 au 20 septembre 2016, avec le fameux carton jaune –premier ou deuxième, brandi du vivant d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba.
Il semble que dans le même esprit, à Lubumbashi, l’aventure de l’Opposition n’aura pas fait long feu. Kyungu Gabriel et Christian Mwando en ont eu pour leurs comptes, le même dimanche. Ils ont vu leurs marges de manœuvres se rétrécir à telle enseigne qu’au finish, ils se sont mis à crier à l’étouffement, en misant sur d’autres relais que de s’adresser directement, comme ils en ont, d’ailleurs, l’habitude, à leurs affidés. Même son de cloche à Muanda ou Boma où Fayulu, confiné à l’Archevêché, n’a aurait eu de regard que vers les cieux, alors qu’il s’y était rendu pour des raisons de campagne d’explications dans le cadre de la feuille de route du Rassemblement, telle qu’il l’avait officialisée, après le deuxième Congrès tenu dernièrement à Limete, sous la férule de ce même fils Tshisekedi. Un peu partout, à l’exception de Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï Oriental, les manifestations hostiles au régime ont littéralement été télescopées, neutralisées, ou simplement, dégonflées. Du coup, le Rassemblement, devant une telle équation, devrait se raviser pour chercher d’autres mécanismes, pour s’exprimer.
Signes avant-coureurs
Aux yeux du pouvoir, l’ordre public prime sur toutes les autres considérations, fussent-elles démocratiques. Ainsi, les libertés, tant qu’elles menaceront les assises du pouvoir, seront contrées et anéanties. Quoi qu’il en soit, le tableau de ce qui est arrivé ce dimanche, présage en quelque sorte la suite de ce feuilleton. A plus ou moins quatre mois de la fin de l’année 2017, l’Accord du 31 décembre 2016, négocié au Centre Interdiocésain, sous la barbe des Evêques. Cet Accord prévoyait, faut-il le rappeler, la tenue des élections dans une échéance raisonnable de douze mois de rallonge accordée au deuxième et dernier mandat du Président Kabila qui s’achevait, le 20 décembre 2016. Puis, il prévoyait également, la décrispation politique en termes de relaxation des prisonniers dits politiques ou d’opinion, l’abandon de certaines poursuites à l’encontre de certains Opposants et, enfin, la coexistence pacifique et la gestion consensuelle de la transition, au prorata d’une clé de répartition qui devait, en principe, être fixé dans un Arrangement Particulier, une sorte d’addendum, auquel les parties prenantes aux discussions directes étaient obligées de s’engager. Mais, malheureusement, lors de sa mise en œuvre, il surgira, peu avant le décès d’Etienne Tshisekedi, le 1er février 2017, à la Clinique Sainte Elisabeth à 17H22’, à Bruxelles, quelques points d’achoppement notamment, sur la problématique du choix du Premier Ministre ainsi que sur le rôle de la CENCO pendant la transition.
Ecueils

A ces écueils, le dispatching des postes, au niveau de ministères de souveraineté, avait, lui aussi, posé problème dans la mesure où le Rassemblement, en dépit de toutes les concessions engrangées, exigeait un partage ‘’fifty-fifty’’.
Et, comme si cela ne suffisait pas, la mort du leader des leaders, le très charismatique Etienne Tshisekedi, est venue exacerber, d’une manière ou d’une autre, les contradictions, en créant un vide au CNSA, l’instance principale de suivi de l’Accord à la tête de laquelle, les Evêques voulaient l’installer, le 26 janvier 2017 pendant qu’il avait été évacué, deux jours plus tôt, le 24 janvier 2017, dans un avion médicalisé vers Bruxelles, où il fera son dernier voyage qui, finalement, aura été l’ultime périple de sa vie sur cette terre des hommes. Aujourd’hui, c’est Joseph Olenghankoy qui tente de s’y mettre, sous les feux de contestations.
In globo, les Evêques avaient, en définitive, rendu le tablier, le 27 mars 2017, en demandant au Président Kabila, d’achever ces discussions directes dont les 2 % restaient encore pendants. Depuis lors, beaucoup d’eau ont coulé sous le pont. Badibanga, arrivé aux affaires, en novembre 2016, à la faveur de l’Accord du 18 octobre 2016, cogité par l’ex-Premier Ministre Togolais, Edem Kodjo, à la Cité de l’Union Africaine, a cédé le fauteuil d’une Primature sur laquelle il n’aura que trop peu travaillé, à Bruno Tshibala, un autre transfuge de l’Udps, vers avril 2017. Celui-ci qui est là jusqu’aujourd’hui est tiré à boulets rouges par diverses grèves et d’autres crises multisectorielles.

Au gré de vagues

Les jours sont passés vite, voire très vite. Aujourd’hui, la CENI, au vu de l’évaluation de Kananga, est appelée à proposer un calendrier souffrant, au comble de tout, d’un déficit de consensus, du fait de l’exclusion d’une partie des parties prenantes, à savoir, le Rassemblement de Limete. D’où, des craintes exprimées ça et là, quant à l’horizon dont le ciel politique paraît, de plus en plus, brumeux, vers fin décembre 2017. Déjà, le décor est planté, avec des grèves ou trêves, l’affaire de carburant, des mesures drastiques en termes de contingentement des importations et, surtout, l’insécurité récurrente.

Kasaï, la grande épine

Au Kasaï, en dépit des annonces pompeuses de la CENI, l’enrôlement n’a toujours pas commencé, comme prévu. Ce week-end, Jean-Pierre Kalamba, le Rapporteur de la CENI parlait encore d’une affaire de recrutement des agents à commettre à la tâche. Donc, dans les prévisions de la CENI, la première carte d’électeur dans l’espace Grand Kasaï ne pourrait être délivrée, selon lui, qu’autour du 19 septembre 2017. Une fois de plus, les espoirs suscités par l’annonce de l’enrôlement au Kasaï, commencent à s’étioler. Et, avec eux, revoici des migraines à la tête et des crampes à l’estomac, pour les tenants de la thèse de la rupture brusque de cette machine du glissement dans le glissement, pourtant, bien montée et lubrifiée.

Où va-t-on?

Comment en finir ? Autrement dit, comment parvenir à un compromis qui mettrait encore aux prises le pouvoir et cette aile dure du Rassemblement qui, de son côté, promet de se déferler sur terrain, avec de nouvelles actions musclées, dès le 1er octobre prochain ? Est-il encore possible de revenir sur le schéma des Evêques ? Ou, alors, l’histoire réinventera une nouvelle roue ? Tout est possible en politique. Puisqu’après tout, le pays n’est ni à vendre, ni à prostituer. Au-delà de divergences résiduelles entre les deux camps, il faudrait bien que l’on trouve, un beau jour, un point d’équilibre, pour sauver l’essentiel. Sinon, que léguera-t-on aux générations futures? Un pays totalement zébré et sans repères?
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