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Réunis mercredi 19 septembre en marge de la 72ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, des représentants du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de la SADC ont levé l’option pour la «mise en œuvre totale» de l’Accord de la Saint Sylvestre. En clair, l’élection présidentielle et les législatives doivent avoir lieu avant le 31 décembre prochain. Des experts vont être détachés auprès de la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Mission : « appuyer les préparatifs des élections ». Des témoins assurent que le chef de la diplomatie congolaise, Léonard She Okitundu était mercredi dans tous ses états. «Joseph Kabila» n’a sans doute pas encore épuisé son stock de subterfuges. L’homme paraît acculé.

Prévue mardi 18 septembre, la réunion sur les préparatifs des élections au Congo-Kinshasa a été reportée à mercredi 19. Exténués par le désordre institutionnel provoqué par l’obsession de «Joseph Kabila» à s’accrocher au pouvoir pour le pouvoir, les Congolais de l’intérieur tout comme ceux de l’étranger avaient les oreilles tendues vers New York et les yeux rivés notamment sur la chaine de télévision américaine CNN.

On apprenait dans la matinée de jeudi 20 septembre que les participants à cette rencontre tiennent à la «mise en œuvre rapide et totale» de l’Accord de la Saint Sylvestre «pour appuyer la légitimité des institutions de la transition».
Ce langage diplomatique pour le moins aride a fait penser dans un premier temps que la communauté internationale avait choisi la posture de Ponce Pilate. Une manière de laisser les Congolais face à leur destin.

En lisant attentivement le résumé de la Résolution qui a été fait par le Président de cette séance, on peut relever quelques avancées majeures. Primo : la mise en place auprès de la CENI d’une sorte de « belle-mère ». Il s’agit d’une «équipe de coordination d’experts». Celle-ci a pour mission de « faciliter la mobilisation de l’appui politique, technique, financier et logistique ». Secundo : l’application des « mesures de décrispation supplémentaires ». Le but, peut-on lire, est de promouvoir un « environnement favorable » pour un aboutissement heureux du processus électoral. Tertio : la nécessité pour la CENI de publier le calendrier électoral « dans les meilleurs délais ». Quarto : le gouvernement doit allouer à la centrale électorale « un budget conséquent ». Et ce en dépit des « contraintes financières ».

Pour la petite histoire, depuis 2015, « Kabila » n’a cessé de clamer que les élections "coûtent cher" au trésor public. Un crédo que le président de la CENI Corneille Nangaa a fait sien. « C’est une aberration de consacrer 300 millions de dollars à l’organisation des élections, déclarait Nangaa fin août à Kananga. Combien de kilomètres de route et des hôpitaux aurions-nous construit avec une telle somme ? »

« Une transition sans Kabila »

Selon des sources bien informées à New York, la délégation officielle venue de Kinshasa avait sous la main "son" calendrier électoral. Celui-ci fixe la tenue des élections au mois de novembre 2019. «Le président Joseph Kabila pouvait s’octroyer trois années de pouvoir-cadeau comme disent les Africains de l’Ouest », ironisait un combattant.

Les proches des membres de la fratrie "Kabila" sont d’avis que ceux-ci pensent à tout sauf à préparer un «déménagement». « Nous n’allons pas laisser le pouvoir à n’importe qui », avait déclaré « Zoé » dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique en août 2016.

Présents à New York, Félix Tshisekedi Tshilombo, Moïse Katumbi Chapwe et des membres de la société civile ont signé mardi 19 septembre une déclaration demandant la mise sur pied d’une « transition sans Joseph Kabila ». Au motif que celui-ci ne jouit plus de la légitimité. Encore moins de la légalité. Et ce dans l’hypothèse où le régime en place renâclerait d’organiser l’élection présidentielle et les législatives avant le 31 décembre prochain.

Les signataires de ce texte ont rejeté «tout projet de référendum constitutionnel» dont le but est de faire sauter le "verrou" que représente l’article 220 de la Constitution. Une disposition qui interdit toute révision constitutionnelle touchant notamment au nombre ainsi qu’à la durée du mandat du président de la République.

Dans une tribune publiée le même mardi 19, Kenneth Roth et Ida Sawyer respectivement directeur exécutif et directeur pour l’Afrique centrale de la très influente ONG « Human Right Watch » (HRW) ont lancé un appel aux « partenaires internationaux et régionaux » du Congo-Kinshasa de soutenir l’idée d’une « transition citoyenne ». « Pour augmenter la pression sur Kabila pour qu’il démissionne, les États-Unis et l’Union européenne devraient imposer de nouvelles sanctions ciblées à l’encontre des membres de la famille de Kabila et de ses proches collaborateurs qui ont détourné des fonds ou abusé de leur pouvoir pour miner le processus démocratique », lit-on. Et de conclure : « Les dirigeants du monde entier réunis à New York cette semaine devraient exprimer leur soutien à un Congo démocratique et appeler Kabila à se retirer ».

Le Congo-Kinshasa est-il pour autant sorti de l’auberge ? Assurément pas ! En dix-sept années d’exercice du pouvoir d’Etat, « Kabila » a démontré son
«talent» à renier la parole donnée. Aussi, les observateurs restent-ils prudents. Ils attendent de connaitre la teneur du discours que doit prononcer le « raïs » devant l’Assemblée Générale de l’ONU. Ce sera l’occasion de jauger ses intentions. «Une résolution du Conseil de sécurité n’est pas une loi. Elle n’est qu’une recommandation», aiment gloser les « nationalistes-souverainistes » autoproclamés qui gravitent autour de « Joseph Kabila »…

Baudouin Amba Wetshi
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