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* Par ailleurs, les Congolais qualifient d’irréaliste, le sursis d’un mois accordé à la validité de ce document.

Les anciens passeports congolais semi-biométriques encore en circulation n’auront plus cours légal sur toute l’étendue de la RD Congo, à partir du 16 octobre prochain. Ainsi en a décidé le ministère des Affaires étrangères et intégration régionale, dans un communiqué officiel rendu public le vendredi 15 septembre en cours.

Cependant, ce document signé par le vice-ministre des Affaires étrangères, Aggée AJE MATEMBO, a suscité un tôlée généralisé dans l’opinion. Sur les réseaux sociaux, les internautes en ont fait leur chou gras. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les débats autour de cette affaire n’ont ni cesse ni fin. Dans un contexte socio-politique précaire comme c’est le cas présentement en RD Congo, plus d’un observateur juge inopportune, cette décision du Gouvernement. « Nos dirigeants ont-ils manqué à faire ou ils se sont simplement trompés d’urgence », se demande-t-on.
Par ailleurs, les Congolais qualifient d’irréaliste, le délai d‘un mois accordé à la validité de ce document indispensable pour tout voyage en dehors du pays. Pour revenir au fond du problème, il semble que les moments ne prêtent pas du tout pour ce genre de décisions. D’ores et déjà, les internautes projettent des manifestations de rue au courant de cette semaine pour obliger le Gouvernement à faire marche arrière. Dans le même registre, une pétition a été initiée et circule déjà sur le Net pour récolter des signatures des Congolais.

UNE GOUTTE QUI POURRAIT FAIRE DEBORDER LE VASE
Si sur le plan social et économique, le Congolais traverse des moments de crise financière exceptionnels, consécutifs à la baisse des cours, la situation politique du pays ne concourt pas du tout à une quelconque décision impopulaire. Au jour d’aujourd’hui, tout Congolais a l’œil rivé sur l’horizon décembre 2017, prévu comme date butoir de l’actuelle transition. Les dirigeants du pays ne l’ignorent pas du tout. Déjà, l’après-décembre se présente comme une véritable équation à plusieurs inconnues. Une tension latente s’observe au sein de l’opinion. Tout le monde le sait. Est-ce en cette même période que l’on doit prendre ce genre de décision ?
Quelle que soit la pertinence des arguments que le Gouvernement aura avancés, plus d’un observateur estiment cependant, que le moment est très mal choisi. « En tout cas, surtout pas en cette période d’incertitude permanente », réagi un Prof d’université ayant requis l’anonymat, poursuivant que cette mesure pourrait se révéler la fameuse goutte qui fait déborder le vase. « Le Gouvernement a déjà ouvert plusieurs fronts sur le plan social. Il ne devrait plus en rajouter d’autres. A moins que ce soit fait exprès. En cette période précise où la problématique de la tenue effective des élections dans le délai occupe le devant de la scène, nul sage ne saurait conseiller au Gouvernement de prendre une telle mesure. Au moment où l’amélioration promise du social de la population n’est pas encore effective, on devrait se garder de prendre des décisions qui fâchent », ajoute le même enseignant d’université.

CE QU’ILS ONT DIT
Ainsi que nous l’avons souligné tout de go, la décision du Gouvernement a suscité et continue à provoquer des réactions en sens divers. Certains font remarquer que cette mesure préjudiciera tous les Congolais experts et Consultants internationaux et qui ont des programmes planifiées depuis plusieurs mois. A cause de cette décision du gouvernement, ces derniers se verront obligés de tout arrêter pour revenir au pays ».
« Le Gouvernement congolais ne tire pas les leçons de ses erreurs du passé. C’était pareil lorsqu’il avait décidé pour le passeport semi biométrique. Il y a eu nombre de Congolais qui se sont retrouvés bloqués, car ne pouvant pas voyager à l’époque. Certains se sont retrouvés sans titres de séjour parce que ne pouvant pas le renouveler faute de passeport. D’autres encore, avaient perdu leurs emplois. Quelle urgence y a-t-il ? a priori, il y en a pas une », riposte un autre internaute, tout en se demandant par quelle alchimie, le Gouvernement parviendrait-il, dans un délai d’un mois, à satisfaire à la demande.
A titre d’illustration, l’auteur de la question cite la France où chaque Français peut faire sa demande de rdv dans n’importe quelle mairie. Et il faut compter en moyenne une semaine de délai pour un rdv et trois semaines pour son passeport. « Peut-être que le Gouvernement congolais pourrait faire mieux », ironise-t-il.
En réaction à la réponse du Gouvernement, un autre internaute s’est vite lancé à la recherche. Voici sa trouvaille. « Dans son document 9303 portant sur les documents de voyage, l’OACI qui est une branche des Nations Unies avait adopté la standardisation des documents d’identification de voyage, notamment les passeports. Les Etats membres avaient l’obligation d’adopter d’ici au 24 novembre 2015 l’usage des MRP (Machine readable passeport) ou MRTD (Machine readabletravel document). C’est-à-dire qu’au 24 novembre 2015, tous les passeports qui contenaient des écrits manuels n’avaient pas de validité nulle part au monde ».
Il ajoute : « En ce qui concerne la RD Congo, les passeports délivrés depuis 2009 jusque décembre 2015 sont les MRP conformes aux standards de l’OACI. Ils peuvent être lus à la machine et présentent des garanties de sécurité. Néanmoins, il y a aussi des e-MRP, autrement dit passeport électronique avec puce. Et, depuis 2016, elle a été mise en service en RD Congo. Mais contrairement aux passeports « manuels », l’OACI n’a déterminé aucun deadline quant à son adoption et usage parmi les pays membres et elle n’est pas prête à kle faire. Du reste, plusieurs pays n’ont pas de e-Mrp mais ont un simple MRP et les e-MRP sont concomitamment en circulation, les e-Mrp remplaçant progressivement les premiers. »
« …Et c’était le cas chez nous jusqu’à ce qu’à la date du communiqué coupe-gorge du Gouvernement. Je m’inscris totalement en faux contre les arguments du Gouvernement congolais quant à cette décision. Premièrement : aucun pays étranger membre de l’OACI ne saurait adopter des mesures restrictives à l’encontre d’utilisateurs de passeports ne contenant pas de puce (e-MRP). Et encore moins, prétendre une quelconque confusion. Ex. Il y a encore des citoyens britanniques qui ont des MRP en cours et d’autres des e-Mrp. Sinon que le Gouvernement nous cite ces pays qui menacent les détenteurs de passeport congolais.
Deuxièmement, il n’y a pas de délai OACI. Troisièmement, c’est à l’Etat congolais de mettre du sérieux et de la rigueur dans l’octroi du passeport. Du reste, le MRP n’étant plus délivré, cette mesure ne changera rien au fait que ceux qui avaient frauduleusement des MRP congolais le gardent. Du reste, ils pourront obtenir le e-MRP congolais en fonction du précédent. Qui plus est, l’OACI recommande au pays membres de prendre des mesures transitoires, lors de la mise en circulation de nouveaux passeports, afin de ne pas pénaliser les citoyens ». Lire les autres réactions sur la page suivante.
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