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*La fin de l’année 2017 présente des enjeux et défis majeurs pour la République Démocratique du Congo. A travers des plaidoyers et dans l’éveil des consciences, l’Eglise Catholique reste un acteur aguerri dans la recherche des solutions durables.

Ce vendredi 27 Octobre 2017, le Centre d’Information et d’Animation Missionnaire (CIAM en sigle), une entité catholique basée à Kinshasa, a organisé une conférence au sujet de l’impasse politique dans laquelle se trouvera le pays en décembre prochain. Tenue en la Paroisse Saint Joseph à Kinshasa, la conférence-débat portait sur le thème : « Décembre 2017 : enjeux et défis ».

Cet atelier a connu la contribution de 3 conférenciers, dont l’Abbé Donatien Nshole, Secrétaire Général de la Conférence Episcopale Nationale du Congo. La conférence a connu la participation d’une foule immense. Le secrétaire du Nonce Apostolique y était présent.

Le premier conférencier, l’Abbé Jean-Marie Bomengola, Secrétaire de la Commission Episcopale des communications sociales, a analysé le contenu de l’accord politique global et inclusif du Centre Interdiocésain – accord dit de la Saint Sylvestre, qui était supposé garantir la tenue des élections présidentielles, législatives et provinciales en décembre 2017 – et a relevé les opportunités qu’il présentait.

Il en ressort que ce « cadeau de nouvel an » est en péril. « La mise en œuvre de l’Accord qui a suivi, a semé la confusion et éloigné la perspective de paix qui était presque scellée…», a déclaré le conférencier, avant de conclure qu’avec la non-tenue des élections, le pays se retrouve de nouveau dans une impasse.

La contribution de l’Abbé Donatien Nshole a porté sur la mission de l’Eglise dans le Congo d’aujourd’hui. L’Abbé explique que l’engagement de la CENCO trouve sens dans la vocation prophétique de l’Eglise. Il cite ainsi un document officiel de l’Eglise : « A cause du Christ et par fidélité à sa leçon de vie, notre Eglise se sent poussée à être présente là où l’humanité connaît la souffrance et à se faire l’écho du cri silencieux des peuples dont les gouvernements hypothèquent le présent et l’avenir au nom des intérêts personnels » (Exhortation post-synodale Africae Munus, no30).

Il renchérit ensuite, en décelant le rôle des évêques dans la recherche des solutions aux crises politiques en RDC. « Les Evêques de la RDC font souvent des plaidoyers auprès de grandes puissances ou des partenaires traditionnels de la RDC à l’étranger en vue d’obtenir leur implication dans la résolution de la crise. C’est, par exemple, le cas du plaidoyer de la CENCO au sénat américain pour obtenir le vote d’une loi contre le commerce des minerais de sang qui constitue une des causes des conflits socio-politiques armés en RD Congo (la loi Dodd Franck) ».

Les prélats de l’Eglise catholique ont souvent éveillé les consciences. Leur message du 23 Juin 2017 ‘‘LE PAYS VA TRES MAL. DEBOUT CONGOLAIS, DECEMBRE 2017 APPROCHE’’ « nous exhortent à ne céder ni à la peur, ni au fatalisme… nous devons prendre en mains notre destin commun », a répété l’Abbé Nshole.

Quant à savoir si l’Eglise a échoué, vu l’ineffectivité de l’accord de la Saint Sylvestre, l’Abbé Nshole répond non. Il prend l’exemple d’un couple qui, après avoir été accompagné par le curé, se marie. S’il arrive que les conjoins divorcent, l’on ne parlera pas de l’échec du curé. Ainsi, en est-il de la CENCO qui n’a joué qu’un rôle de médiateur dans une négociation qui, en fait, a trouvé un accord.

Le dernier intervenant, le Professeur Thierry Nlandu, fait le même constat amer d’une impasse déjà consommée. Ainsi, préconise-t-il, entre autres, une transition sans les acteurs du régime actuel, et la mise en veilleuse des institutions parlementaires et gouvernementales à tous les niveaux (national et provincial). Il en appelle à la volonté commune pour une mobilisation en date du 19 décembre 2017.

‘’Face au tableau sombre que présente aujourd’hui notre pays, la pire des choses est le découragement ! Nous vous le demandons instamment : il ne faut céder ni à la peur, ni au fatalisme. Une minorité de concitoyens a décidé de prendre en otage la vie des milliers de Congolais. C’est inacceptable ! Nous devons prendre en main notre destin commun (Message de la CENCO du 23 Juin 2017, §19)’’, rappelle-t-il, enfin.
Père Mbumba Prosper/CP
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