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Alors que le Colbalt congolais devient un enjeu mondial, le président Kabila, pris à partie par l'occident, tenter de bousculer la Chine, qui exploite 90% de ce minerai en RDC.



La guerre du cobalt a peut-être déjà commencé. La plupart des grands constructeurs automobiles s’engagent à construire des millions de véhicules électriques alors que les gouvernements du monde s’attaquent aux émissions polluantes des moteurs à carburant traditionnel. En conséquence, la demande pour les batteries lithium-ion et les matériaux nécessaires pour les fabriquer, y compris le cobalt, une substance relativement rare que l’on trouve principalement en République démocratique du Congo, augmente.


La République démocratique du Congo abrite, rien que dans la région du Katanga, 50 à 60% des réserves mondiales de cobalt, ce qui représente la plus grande offre mondiale de minerais, ainsi que d’importantes quantités de cuivre, et un conflit affecterait gravement les États-Unis ainsi que la sécurité nationale européenne, affirment les deux analystes américains.

Les contrats chinois visés



Par ailleurs, plus de la moitié de l’approvisionnement mondial en produits chimiques au cobalt raffiné utilisés pour fabriquer les unités de puissance rechargeables vient de Chine, qui reçoit 90% de cobalt du Congo.



Et alors que Joseph Kabila fait face à une forte pression occidentale pour son départ du pouvoir, après l’expiration de son mandat en décembre dernier, beaucoup à Kinshasa pensent que les raisons sont ailleurs. Le ministre congolais, Lambert Mende, également porte-parole du gouvernement, pense que l’occident garde une dent contre le président congolais, à la suite des contrats signés en 2007 avec les chinois. « Les Occidentaux n’ont pas pardonné l’ouverture aux Chinois, le fameux contrat du siècle (le cuivre et autres minerais contre les travaux d’infrastructure, NDLR) », dit-il au journal belge LE SOIR.

La RDC a signé avec la Chine un accord minéral-infrastructure en 2007, selon lequel les entreprises chinoises devaient construire des infrastructures, y compris des routes et des hôpitaux qui sont financés par des banques chinoises en contrepartie de métaux comme le cuivre et le cobalt, les fameux « accords chinois ».

La semaine dernière, une querelle a éclaté entre Pékin et Kinshasa, qui a interdit à la société minière Sicomines, majoritairement chinoise, d’exporter encore du cuivre et du cobalt non transformés.

Pour Lambert Mende, il y a également la révision du code minier qui pousse l’occident à demander le départ du président Kabila. « ils renâclent aussi contre la révision du code minier, que le président veut absolument boucler cette année encore. »



Quelques semaines avant l’arrivée de l’Ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley à Kinshasa, le gouvernement congolais est entré en conflit avec la société minière Sicomines, lui demandant d’expédier « seulement des produits de grande valeur« , car le gouvernement s’efforce de «garantir le remboursement rapide» de l’accord de 6 milliards de dollars avec la Chine, renseigne le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, cité par Bloomberg. Les bénéfices de Sicomines remboursent les prêts que la Chine a fourni à la République démocratique du Congo, qui les seront plus rapidement si les mines explorées exportent des métaux raffinés à plus grande valeur.

Le projet minier de 3,2 milliards de dollars exploité par Sicomines représentait environ un quart du concentré de cuivre et 5% des exportations de cuivre-cathode l’année dernière en RDC. Sicomines a exporté 115 000 tonnes métriques de concentré de cuivre et 20 000 tonnes de cathodes de cuivre au premier semestre de 2017, selon la Division provinciale des mines dans le sud du Katanga, où se trouve la mine.

Sinohydro Corp. et China Railway Construction, tous deux basés à Beijing, possèdent 68% de Sicomines. Le projet est un élément clé des fameux contrats chinois. Ainsi, avec cette sortie, le pouvoir congolais parait vouloir briser le monopole chinois sur le minerai du Cobalt très stratégique à l’occident. Cela va-t-il suffir à sauver la tête du président Kabila? Rien n’est moins sûr.

A Kinshasa, Nikki Haley a semblé ferme à l’idée de voir Joseph Kabila quitter le pouvoir. Néanmoins, la représentante américaine a surpris tout le monde en annonçant s’attendre à des élections pour 2018, une date qui n’est inscrite ni dans la Constitution, encore moins dans l’accord signé le 31 décembre dernier et largement soutenu par les Nations Unies.

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