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C’est désormais officiel, l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU à New York est attendu mercredi 25 octobre à Kinshasa. Bien que l’occupant de cette fonction a rang de membre de l’Administration US, la diplomate vient plus s’informer que pour permettre au Congo-Kinshasa de sortir de sa crise politique. La grande majorité des Congolais est "fatiguée" de "Kabila" à la tête de l’Etat.

Selon le "programme provisoire" en circulation, la diplomate se rendra le lendemain de son arrivée à Goma. La journée de vendredi 27 sera fort chargée. Outre "Joseph Kabila", elle s’entretiendra successivement avec le staff de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les évêques de Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et la Mission onusienne au Congo.

Selon diverses sources proches du protocole d’Etat congolais, Nikki Haley n’aurait pas prévu de rencontres avec les représentants de l’opposition. Il en serait de même pour les activistes de la société civile.

Un communiqué des services de l’ambassadeur américain précise que Nikki Haley a prévu d’échanger avec des personnes qui "bénéficient sur le terrain de la protection et du soutien des opérations de l’ONU".

Que faut-il attendre de cette visite en ce qui concerne le Congo-Kinshasa? La réponse tient en un mot : "Rien". Alarmiste? Assurément pas!

Depuis son investiture à la Maison Blanche, il y a neuf mois, le président Donald Trump entretient le plus grand flou en matière de politique africaine des Etats-Unis. Pire, le sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines n’est toujours pas désigné. Il n’y a pas meilleure preuve du désintérêt de l’Amérique à l’égard du continent noir.

Trump ne dit pas autre chose en ce qui concerne la "mission" confiée à Mme Haley: "J’envoie l’ambassadrice Nikki Haley en Afrique pour discuter des conflits et de leur résolution, et plus important, de la prévention".

La puissante Amérique qui dispose d’un des services de renseignements les plus performants au monde peut-elle ignorer que depuis le discours de Barack Obama à Accra en 2009, la grande majorité des Etats africains est toujours dirigés par des "hommes forts" en lieu et place des "institutions fortes"?

La puissante Amérique est assez outillée pour savoir que onze années après la promulgation de la Constitution en vigueur, l’ex-Zaïre est replongé dans la crise de légitimité que redoutaient les constituants de 2005. Le pays fait face à une dérive dictatoriale.

Cette crise est provoquée par un personnel politique incivique. Le goût du pouvoir l’emporte sur le service à rendre à la collectivité. "Joseph Kabila" s’accroche au pouvoir en dépit du fait que son second et dernier mandat a expiré depuis le 19 décembre 2016. Inéligible, l’homme a formé des unités d’élite pour étouffer toute velléité de soulèvement populaire.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump dont le slogan "America first" a fait perdre aux Etats-Unis d’Amérique son autorité morale au niveau planétaire. Trump semble ignorer que la grande majorité des Etats du continent ont subi des pressions occidentales pour "se démocratiser". L’Amérique ne peut en aucun cas se dérober au moment d’assurer le "service après vente".

On espère que l’ambassadeur Nikki Haley aura à cœur de rencontrer des représentants de l’opposition et ceux de la société civile. Agir autrement serait un très mauvais signal envoyé aux forces du progrès qui militent pour une alternance démocratique pacifique...

B.A.W
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