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Tongele N. Tongele, Ph.D.
1. Contexte

En Occident (Europe, Amérique, Japon, par exemple), le président de la république ou le premier ministre peut être écarté pacifiquement du pouvoir, mais en Afrique et en RDC, le président demeure intouchable pour des fautes ou manquements encore plus graves et plus visibles, comme par exemple violation de la constitution pour s’éterniser au pouvoir. Pourquoi le peuple en Afrique se laisse faire ?

2. Les Etats démocratiques de l’Occident

Les Etats démocratiques de l’Occident sont des pays développés.  Ces pays ont lutté pendant des siècles pour certains, et pendant des décennies pour d’autres,  pour arriver à établir et maintenir l’Etat de droit.  Dans ces Etats démocratiques, les droits fondamentaux des citoyens sont protégés par la loi et respectés par tous, car personne n’est au-dessus de la loi,  y compris le président de la république ou le premier ministre.  Dans ces Etats démocratiques, les trois branches du gouvernement, à savoir le législatif, l’exécutif et le judiciaire, sont conscientes d’être égales et indépendantes,  et se balancent de telle sorte que le président ou le premier ministre sait qu’il/qu’elle n’est pas au-dessus des autres.  Les habitants de ces Etats démocratiques luttent continuellement contre les forces anti-démocratiques et des organisations anti-démocratiques internes qui cherchent toujours à violer les lois démocratiques pour s’imposer et imposer aux autres leur vision du monde.  Cette lutte est faite par le biais des lois qui se culminent par la constitution, les amendements à la constitution, ainsi que les interprétations et pratiques qui émanent de la constitution.

Dans ces Etats démocratiques, les lois ne sont pas simplement sur papier ; elles sont appliquées à tous et observées par tous de la même manière. Tout citoyen qui viole la loi subit ce que la loi prévoit à cet effet ; un président ou un premier ministre qui viole la loi subit mêmement ce que la loi prévoit à cet effet.  Au cas où le président ou le premier ministre viole la loi, le système judiciaire se charge de lui, et la branche législative du gouvernement est préparée à imposer sur le président ou le premier ministre ce que la loi prévoit pour la violation de la dite loi.

3. Le cas de la RDC

Par contraste, Congo-Kinshasa a des bonnes lois sur papiers ; Congo-Kinshasa a une bonne constitution qui limite l’exercice du pouvoir présidentiel à deux mandats. Mais le président au Congo-Kinshasa viole la constitution, s’accroche illégitimement au pouvoir, et ne subit pas ce que la loi prévoit à cet effet. Comment se fait-il qu’un président qui viole la constitution dans un Etat démocratique est pacifiquement écarté alors qu’au Congo-Kinshasa, le président viole la constitution et ne peut pas être pacifiquement écarté de la présidence ?  Comment expliquer que le législatif et le judiciaire ne font rien devant la violation flagrante de la constitution du Congo-Kinshasa par le président  de la république ? 

Les analystes de la politique en RDC expliquent la position du législatif et du judiciaire au Congo-Kinshasa de la façon suivante.
Première explication :  les membres du législatif et du judiciaire ne sont pas assez conscients de leur rôle, responsabilité et compétence d’écarter pacifiquement le président de la république qui se maintient illégitimement au pouvoir en violation de la constitution.
Deuxième explication : les membres du législatif et du judiciaire se croient inférieurs au président et pensent qu’ils ne peuvent pas affronter le président pour l’écarter pacifiquement du pouvoir.
Troisième explication : les membres du législatif et du judiciaire ont peur d’être assassinés par ordre du président s’ils osent dire la vérité d’écarter pacifiquement  le président selon ce que la loi prévoit. 

4. Le président de la RDC

Comme on peut le noter, au Congo-Kinshasa, le législatif et le judiciaire ont démissionné de leur rôle et responsabilité vis-à-vis de l’exécutif, et du président qui se maintient illégitimement au pouvoir par la violation de la constitution.  Il ne faut donc pas compter sur le législatif et le judiciaire pour faire valoir la constitution et écarter pacifiquement le président violateur de la constitution car, au Congo-Kinshasa, le président de la république est tout puissant, se croit au-dessus des lois et de tout le monde, et détient le pouvoir de vie et de mort sur tout le monde.

Dans ce contexte,  il ne reste que deux options qui se présentent devant le président du Congo-Kinshasa :
1) Suivre la voix de sa conscience et non la flatterie de son entourage, prendre courage et démissionner immédiatement, demander pardon au peuple Congolais, et demander aux Nations Unies d’organiser les élections présidentielles ou une transition pour organiser les élections présidentielles. 
2) S’entêter de rester au pouvoir à tout prix, et finir de façon brusque, inattendue, chaotique et tragique comme fut le sort de ses prédécesseurs qui se sont entêter de cette même manière.

5. Mécanismes pour un Etat de droit en RCD

Quelle que soit l’option de la fin du régime actuel en RDC, par démission courageuse ou par  écroulement chaotique et tragique, il faut un Etat de droit en RDC. Mais comment ?

Voici donc une piste de réponse à cette question.

1)  Les nouveaux leaders qui occuperont les trois branches du gouvernement en RDC, c’est-à-dire le législatif,  l’exécutif et le judiciaire doivent comprendre que ces trois branches sont égales et indépendantes.  Dans les pays démocratiques, les membres du législatif et du judiciaire ne se considèrent pas soumis à, dépendants de, et n’ont pas peur de l’exécutif comme c’est le cas au Congo-Kinshasa. Cela fait que dans des pays démocratiques où les membres de ces trois branches ont la conscience d’égalité et d’indépendance, lorsque le président ou le premier ministre viole la constitution, le législatif vote une loi sanctionnée par le judiciaire pour écarter pacifiquement ce président ou ce premier ministre. C’est cela le mécanisme numéro un : la conscience d’indépendance et d’égalité du législatif, de l’exécutif et du judiciaire par les membres de ces trois branches gouvernementales en RDC. La transition après le régime actuel en RDC doit assurer que tous les nouveaux leaders et membres de ces branches soient conscients de cette relation d’égalité et d’indépendance.

2)  Faire tout pour que l’armée nationale, la police nationale, le service de renseignement, les leaders et les membres de ces organisations nationales puissent comprendre et être conscients du fait qu’ils sont là pour protéger la nation et le peuple ; ils ne sont pas des serviteurs du président de la république.  Le président de la république est le commandant suprême de l’armée nationale, mais l’armée nationale n’est pas un service de sécurité personnelle du président de la république.  En ce sens, dans les pays démocratiques, aucun chef d’Etat major, aucun général, ne va obéir l’ordre du président de la république d’envoyer des  soldats et/ou des policiers massacrer des civils innocents qui marchent pacifiquement pour exprimer leur opinion.  La transition après le régime actuel en RDC doit assurer que tous les généraux et commandants de haut rang, ainsi que tous les membres de l’armée nationale, de la police nationale, et du service de renseignement soient conscients qu’ils ne sont pas là pour faire la volonté du président ou du premier ministre, et ne doivent pas exécuter l’ordre arbitraire de massacrer les populations civiles non armées qui marchent pacifiquement pour revendiquer une cause ou faire entendre leur voix ; mais qu’ils sont plutôt là pour protéger le peuple, au prix même de leur vie.

3)  Assurer la rémunération régulière des fonctionnaires de l’Etat.  Le contraire oblige les fonctionnaires de l’Etat, ventre affamé, à se livrer aux pourboires et corruptions pour faire leur travail.  Les soldats, policiers et agents de sécurité non payés en RDC abusent de leur autorité pour arrêter et extorquer les populations civiles.  Etant affamés, ces soldats et policiers dans certaines circonstances attendent et reçoivent avec gratitude des dons du président pour vivre, et par ce fait se soumettent à la volonté arbitraire du président bienfaiteur,  même s’il s’agit d’aller massacrer les civils innocents qui marchent pacifiquement pour faire entendre leur voix.  Dans les pays démocratiques, les soldats, policiers et agents de sécurités sont régulièrement payés et sont au service des populations civiles au prix même de leur vie ; ils sont en conséquence respectés et honorés par les populations civiles comme des héros. La transition après le régime actuel en RDC doit assurer que les fonctionnaires de l’Etat soient payés régulièrement, et qu’il n’y ait pas des fraudes autour des salaires des fonctionnaires de l’Etat.

4)  Assurer que chaque nouveau leader, tous les nouveaux leaders, ceux et celles élus par le peuple, aussi bien que ceux et celles qui sont  nommés par le président ou par le premier ministre, que tous les gouvernants de toutes les branches du gouvernement prennent au sérieux leur responsabilité, qu’ils sachent qu’ils sont observés par le peuple ; et qu’ils soient conscients qu’ils sont élus ou nommés pour une fonction bien déterminée, et qu’ils doivent exécuter cette fonction convenablement sans pourboire ni corruption.  Les nouveaux leaders doivent comprendre et intérioriser que c’est l’exercice correcte de leurs fonctions  qui va créer l’environnement qui permettra aux habitants de la RDC d’acquérir et développer des connaissances, compétences et capacités pour créer des usines et des entreprises qui transformeront sur place l’immense ressource naturelle du pays en produits finis tant pour le marché national que pour l’exportation à travers le monde. Ce qui éliminera la pauvreté et fera que les habitants de la RDC puissent devenir producteurs et exportateurs de tout ce qui se produit sous les cieux : avions, bateaux, voitures, trains, téléphones, machines lourdes, outils électroniques et électroménagers, chaussures, aiguilles, ampoules, interrupteurs et fils électriques, etc. 
La transition après le régime actuel en RDC doit conscientiser les procureurs et tribunaux du pays à poursuivre sérieusement les gens accusés de détournement des fonds destinés aux travaux publiques,  forcer ces gens à rembourser les fonds détournés, et mettre ces gens en prison quand ils sont trouvés coupables.  La transition doit tout faire pour assurer que les citoyens et les journalistes  soient protégés par la loi afin qu’ils puissent se sentir confident d’exposer les corruptions et les abus par les nouveaux dirigeants sans craindre les conséquences pour leur propre vie. 

5) Encourager et protéger les media et presses afin qu’elles se sentent libres et indépendantes.  Le journalisme à la recherche constante de la vérité est un instrument très important pour confronter les abus et corruptions de ceux et celles qui ont la responsabilité de bien gérer les affaires nationales.  La transition après le régime actuel en RDC doit faire passer des lois qui garantissent la liberté de presse, et protection des journalistes.  La transition doit aussi encourager et motiver les journalistes à être  objectivement critique et baser leur reportage sur des faits et non pas sur des opinions arbitraires.  La transition doit encourager le journalisme d’investigation qui est nécessaire pour la santé de la politique nationale.

6. Les habitants de la RDC et leurs nouveaux leaders

Peuple de la RDC, soyez courageux, car la victoire vous appartient. Vous avez longtemps marché dans la nuit de souffrance, mais bientôt le soleil se lèvera.  N'ayez pas peur de ceux qui vous abusent et vous oppriment ; ils ignorent que l’âme du peuple de la RDC est forte et résiliente.  A ceux-là qui oppriment le peuple de la RDC : vos jours de fête se  comptent et se réduisent.  Le  jour du jugement n’est pas loin.  Peuple de la RDC, votre courage est un choix et une volonté indontable de confronter l'agonie, la douleur, le danger, l'incertitude, l’oppression, les abus, la pauvreté et la misère avec détermination de lutter pour triompher.  Continuez à combattre même lorsque la probabilité de victoire parait minime, car le jour vient lorsque vous verrez votre effort porter du fruit.  Ça sera votre victoire sur les forces du mal qui bloquent la réalisation de votre destin par vous-même pour vous-même. En ce moment-là, parmi vous, parmi vos jeunes filles et jeunes garcons,  se lèveront des vrais leaders qui travailleront avec vous pour établir l’Etat de droit en RDC.

Tongele N. Tongele, Ph.D.
Docteur en génie mécanique et professeur d’université aux USA
tongele@cua.edu   
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