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*La voie pour la tenue des élections est balisée. Plus de 42 millions d’électeurs sont déjà enrôlés. Et, d’ici la fin des opérations au Grand Kasaï et dans la Lomami, d’autres électeurs viendront allonger la liste. Puis, la CENI qui, constitutionnellement, détient la clé de voûte pour mettre fin à toute éventuelle crise de légitimité, publiera le fichier électoral et, après évaluation tripartite avec le CNSA et le Gouvernement, conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre, annoncera, enfin, le calendrier électoral. Lumeya-dhu-Maleghi, Avocat de son état, élu de Kikwit, tête pensante du Rassemblement de Kasa-Vubu et Ministre des Affaires Foncières de l’équipe Tshibala, estime que toute autre formule, telle que celle à laquelle la plupart des assoiffés du pouvoir pensent, celle d’un nouveau round des discussions directes ou d’un troisième dialogue, ne pourrait que postposer la crise. C’est comme du vernis dont la teinture sur les ongles n’est qu’éphémère. Il suffirait d’un laps de temps, pour que la vraie couleur des ongles, réapparaisse. C’est aussi, dit-il, comme de l’aspirine administrée à un patient dont la maladie est plus complexe que la simple fièvre. Au bout de l’espace d’un matin, les symptômes de la vraie maladie continueront à enquiquiner le patient. Ici, pour vider substantiellement la crise, Lumeya exige qu’on aille, carrément, aux élections. ‘’Remettons la parole au peuple’’, s’est-il époumoné, ce week-end, à Kinshasa, lors d’un entretien exclusif. Décryptage.

Impasse électorale

Fin décembre 2017, si les élections ne sont pas organisées, Lumeya ne se dit pas surpris, outre mesure. Puisqu’en tout état de cause, à la Cité de l’Union Africaine, lors de la tenue du Dialogue officié par l’ex-Premier Ministre Togolais, Edem Kodjo, en dépit de sa satanisation par Etienne Tshisekedi, la CENI avait exposé toutes les données techniques assorties de contraintes en termes de moyens logistiques, de temps, de formation des agents électoraux et autres commandes des kits. En son temps, il avait été dit que les élections pourraient se tenir, au plus tôt, à fin avril 2018. Au niveau du Centre Interdiocésain, sous la conduite des Evêques, les parties prenantes aux discussions directes, ont dû dévoyer l’avis technique de la CENI, en levant une option politique et en fixant ‘’unilatéralement’’, la tenue des élections à fin décembre 2017, au plus tard. Mais, les parties prenantes, sachant que les contraintes pouvaient surgir chemin faisant, avaient, toutefois, prévu l’éventualité de la non-tenue des élections dans les délais qu’elles s’étaient, pourtant, fixées, elles-mêmes sans l’avis technique de la CENI. D’ailleurs, à ce sujet, l’Accord de la Saint Sylvestre prévoyait, dans ce cas, l’évaluation tripartite ‘’CENI-CNSA-Gouvernement, pour contourner ce type de problème. Lumeya explique, en effet, que si les élections ne se sont pas organisées d’ici fin décembre 2017, le ciel ne tombera nullement sur la tête des congolais. Tout comme la RD. Congo ne disparaîtra pas de la carte du monde. Bien, par contre, l’évaluation tripartite, telle que prévue dans l’Accord du 31 décembre 2016, se fera et la CENI publiera, le moment venu, le calendrier électoral en tenant compte, évidemment, de toutes les contraintes.

Il évoque également un autre impondérable liée notamment, à l’affaire de l’insécurité survenue au Grand Kasaï avec le phénomène atypique ‘’Kamuina Nsapu et le retard accumulé dans l’enrôlement dans cette partie du territoire national, pour justifier, absolument, l’à-coup auquel l’ensemble du processus électoral est, actuellement, confronté. Qui de l’Udps peut-il accepter d’aller aux élections sans le Grand Kasaï? S’interroge-t-il. Donc, en renvoyant les élections au-delà de fin décembre 2017, si tel est vraiment le cas, cela reflètera, en principe, la réalité en RD. Congo, soutient-il. Car, il ne faut pas aller aux élections pour des élections. On a besoin des élections qui préservent la paix et l’unité du pays. A titre d’illustration, Lumeya cite l’exemple du Kenya où il y a eu des élections et après ? Ce sont des problèmes qui soulèvent des montagnes. Au Sud-Soudan, mêmement, prévient-il.

Transition sans Kabila ?

Ironisant, Lumeya rappelle qu’en 1990, l’on parlait aussi d’une transition sans Mobutu. De mémoire d’homme, il ne se souvient pas d’un pays où l’on a organisé une transition réussie sans l’implication du Président en exercice, sauf s’il y a coup d’Etat. ‘’Ceux qui disent qu’ils vont organiser une transition sans Kabila, ce sont des putschistes’’, tranche-t-il, tout en réaffirmant qu’en démocratie, l’accès aux manettes du pouvoir transite, forcément, par la voie des urnes. Or, en disant qu’il faut une transition sans Kabila, ‘’les putschistes acceptent encore un glissement. Donc, lorsque celui-ci est sans Kabila, c’est un bon glissement. Mais, lorsqu’il est avec Kabila, c’est un mauvais glissement.

‘’Non. Nous voulons aller aux élections. Que la CENI nous donne la date. A l’Assemblée Nationale, il était accepté que l’actuel Gouvernement Bruno Tshibala, lors de l’adoption de son programme d’actions, devrait doter la CENI de moyens nécessaires à l’organisation des élections. C’est l’une des ses quatre missions essentielles. Ce gouvernement travaille sous l’impulsion du Président Kabila, en tant que Chef de l’Etat. C’est lui qui doit tout faire pour amener les congolais aux élections. Avoir des élections sans Kabila, c’est aussi violer de la Saint Sylvestre qui le maintient à son poste jusqu’à l’installation effective de son successeur élu. Soutenir l’idée d’une transition sans Kabila implique alors que nous devons revoir l’Accord de la Saint Sylvestre. Donc, nous devons encore négocier. Or, pour négocier, Kabila est l’Autorité Morale d’une famille politique majoritaire au Parlement ainsi que dans les autres institutions. Comment peut-on concevoir une transition ou des négociations en l’excluant ou en excluant cette grande famille politique ? La politique de l’exclusion a-t-elle déjà payé dans ce pays ?’’, crie Lumeya.

Troisième dialogue

Le dialogue est permanent. Le Président Kabila l’a si bien rappelé, le 23 septembre dernier, du haut de la tribune des Nations Unies. Mais, le dialogue sous le format de la Cité de l’Union Africaine ou, même, du Centre Interdiocésain, n’est plus utile. Pour le moment, l’unique dialogue qui s’impose, c’est le dialogue direct entre ‘’les politiciens et le peuple congolais’’, lors des prochaines joutes électorales.

Immixtions : sans effets…

L’Onu traite avec les Etats. Les partis ou plateformes politiques, tout ce qu’ils peuvent faire, c’est peut-être de mener des actions de Lobbying qui peuvent ne pas être écoutées. Car, à l’Onu, le problème de la RD. Congo avait été confié aux instances régionales, à savoir, la SADC et l’Union Africaine. Or, on connaît la position de ces dernières en ce qui concerne, singulièrement, les élections. Même s’il y avait une résolution, ce sera toujours pour recommander à la CENI de publier, le plus rapidement possible, un calendrier. En clair, l’Onu reconnaît que la seule autorité compétente pour organiser les élections et publier un calendrier, c’est la CENI. La date des prochaines élections ne viendra pas de l’Onu mais, plutôt, de la CENI. Le problème des élections, note Lumeya, procède, en premier lieu, de la capacité du corpus institutionnel interne à la RD. Congo. Ce n’est pas un problème de l’Onu qui, on ne sait par quel coup de baguette magique, pourrait, dans une résolution, donner une date des élections en RD. Congo.

Scission du Rassemblement

Dans sa foi, Me Lumeya-dhu-Maleghi, parlant du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au changement, se fait une autre lecture de l’évolution des choses après la mort d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, le 1er février 2017, à la Clinique Sainte Elisabeth, à Bruxelles, en Belgique.

Pour lui, le Rassemblement, dans son aile de Limete, est miné par une crise de leadership. Moïse Katumbi, depuis Genval, du vivant d’Etienne Tshisekedi, avait déclaré sa candidature à la présidentielle. Il était soutenu, dans sa démarche par le G7 et l’AR. Tout récemment, l’Udps, en marge de ses activités, avait aussi déclaré Félix Tshisekedi comme candidat à la présidentielle.

A tout prendre, avec ces deux candidatures-là, le Rassemblement de Limete ressemble à un monstre à deux têtes. ‘’Un monstre est un personnage dangereux dont on n’a pas besoin dans la société humaine. Le Rassemblement est un monstre qui n’a aucun avenir politique, au regard de cette crise interne de leadership’’, conclut Lumeya, sous un air optimiste pour la suite des événements en RD. Congo.
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