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Les déplacés du Kasaï, qui ont trouvé refuge à Kikwit dans la province du Kwilu, se trouvent au bord d’une crise humanitaire. Selon une enquête menée conjointement par le Conseil national des ONG de développement (CNONGD) et la Ligue des femmes pour le développement et l’éducation à la démocratie (LIFDED), ces personnes déplacées se trouvent actuellement butées à des problèmes de logement, des soins de santé et de sécurité alimentaire. Le nombre total des déplacés qui ont fui les violences au Kasaï pour la ville de Kikwit, dans la province du Kwilu, est estimé à 19.212 personnes, dont 52% des femmes contre 48% des hommes, précise l’enquête. Répartis dans neuf sites d’accueil, ces déplacés vivent actuellement dans une précarité hors pair. L’aide humanitaire leur apportée par quelques organisations internationales et nationales s’avère insignifiante, rapportent les enquêteurs, qui dénombrent parmi ces déplacés une prédominance des malades, des malnutris et des enfants victimes des violences sexuelles et qui malheureusement n’ont pas encore été pris en charge. ACCES AUX SERVICES SOCIAUX DE BASE On retrouve aussi, parmi ces déplacés, des enfants en rupture scolaire, des femmes enceintes et celles allaitantes. " Les conditions de vie de ces déplacés laissent à désirer. Ils font quotidiennement face aux problèmes de santé, de logement, d’eau, d’insécurité alimentaire, d’assainissement, d’hygiène et de prise en charge psychosociale. Ils manquent même d’autres biens non alimentaires, pourtant indispensables (vêtements, récipients, assiettes….) ", clament les enquêteurs. Constatant avec regret l’indifférence qui caractérise l’Etat congolais quant au cri du cœur de ces déplacés, ces organisations de la société civile appellent les décideurs politiques, les organisations humanitaires et les personnes de bonne volonté, à se saisir de ce problème, en y opposant une réponse humanitaire conséquente. " Au regard de la gravité de la situation humanitaire qui prévaut actuellement dans la ville de Kikwit, le CNONGD et la LIFDED se doivent d’interpeller la communauté tant nationale qu’internationale. Celles-ci doivent assumer leurs responsabilités, en permettant à ces déplacés du Kasaï de retrouver une vie digne et épanouie dans ce nouveau milieu d’accueil", a indiqué Rigo Gene, secrétaire général du CNONGD. NECESSITE D’UNE ASSISTANCE HUMANITAIRE Ces ONG appellent le Gouvernement congolais à organiser, sans tarder, une assistance humanitaire en faveur de ces flux de déplacés, à renforcer techniquement le Comité de coordination de la crise, institué par la Mairie de la ville de Kikwit et à élaborer un plan national de la mise en œuvre de la convention de Kampala, relative à la protection des déplacés des violences. Elles en appellent, par ailleurs, à une forte implication des organisations internationales et agences humanitaires. " Au regard de la précarité des conditions de vie des déplacés du Kasaï à Kikwit, les organisations internationales ont intérêt à accélérer la mise en place d’une assistance humanitaire urgente et à assurer le renforcement des capacités des acteurs de la société civile en la matière ", a insisté pour sa part Grâce Lula, coordonnatrice nationale de la LIFDED. A la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ces ONG demandent de prendre des dispositions adéquates pour enrôler ces déplacés dont le nombre d’électeurs potentiels est estimé à 10.733 personnes. En ce qui le concerne, le Ministère des affaires foncières est invité à construire des lotissements sociaux pour ces déplacés sans abris. En menant cette enquête, le CNONGD et la LIFDED, visent principalement à mobiliser davantage les acteurs politiques et sociaux, en vue d’une assistance humanitaire en faveur des déplacés du Kasaï. Pour ce faire, ces organisations entendent mener des actions de plaidoyer en direction du Gouvernement congolais et d’autres partenaires internationaux.
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