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C’est avec impatience que tout malade attend son ordonnance médicale et, évidemment, se presse de prendre les remèdes prescrits. Ce, pour un et un seul résultat : guérir et sortir de l’impasse d’un mal particulier. Au Congo-Kinshasa, par ailleurs, le mal bien que protéiforme, à ce jour, est fortement cristallisé autour d’une et une seule chose : la problématique de la tenue des élections. En effet, depuis fin 2016, avec l’expiration du deuxième et dernier mandat constitutionnel du Président Kabila et la non-tenue des élections avant le 19 décembre 2016, le pays s’est retrouvé catapulter dans une crise de légitimité ‘‘exorcisable’’ uniquement par la voie des urnes. La navigation à vue quant à l’après 2017 est, désormais, terminée puisque la CENI a, enfin, publié le calendrier électoral. Attendu comme une thérapeutique de choc à la crise de l’avant comme de l’après décembre de l’année en cours, ce calendrier ne s’avère pas un remède-miracle mais plutôt une pomme de discorde de plus si pas de trop. Car, en effet, les langues se délient et les réactions fusent de partout quant à ses contours. La CENI et Nangaa à sa tête se trouvent, aujourd’hui plus qu’hier, au centre des tirs croisés entre la Majorité et ses partisans face à l’Opposition et toute la cohorte d’associations sympathisantes. L’Opposition qui ne s’est pas encore exprimée d’une même voix, car les vues s’accordent encore, est d’ores et déjà contre la perspective d’une programmation des élections fin décembre 2018. Ce, pour une évidente crainte : le risque d’un glissement du jour des scrutins, prévu pour le 23 décembre 2018, vers 2019 est trop grand. Et, ce n’est point des arguments qui manquent. Le calendrier chronométré tel un schéma de puzzle peut s’effondrer en termes de délais si un, juste un seul raté majeur s’enregistre. Avec la série de contraintes, 16 d’ordre successivement légales, logistiques, financières, sécuritaires et Cie, ce calendrier laisse sceptique les opposants qui semblent céder, peu-à-peu, aux sirènes dévastateurs de la rue pour en découdre d’ici le 31 décembre avec le pouvoir de Kinshasa. Toutefois, les tractations sont encore en cours. Si Kamerhe est à Kinshasa, Félix Tshisekedi, Moise Katumbi et le Chairman Jean-Pierre Bemba Gombo, qui doivent valider la prise de décision commune au nom de leurs structures, sont, eux, à l’étranger. D’où, ont-ils été inaccessibles pour la grand’messe de l’Opposition d’hier, au siège du G7. Quelle que soit la teneur de la décision finale de ce quatuor de l’Opposition, la Majorité Présidentielle s’affiche déjà, sans surprise pour plusieurs, très partant pour le chronogramme publié dimanche par la CENI. Remède visiblement non-curatrice de la crise politico-électorale congolaise, le calendrier électoral actuel ne devrait-il pas servir de document de travail plutôt que d’être une pomme de discorde ? Au vu de la nécessité d’exorciser la crise perdurant à l’horizon lointain de décembre comme plus proche de ce mois même de novembre, la première option parait de très loin la meilleure. Si le calendrier reste le remède miracle à la crise, la molécule prescrite par Nangaa et la CENI demande d’être retouchée en laboratoire. Où le faire, comment et quand? Là sont les questions. Mais, le Congo-Kinshasa doit guérir du mal de l’illégitimité des animateurs des institutions.
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