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Interrogée par « Le Monde », la chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo, a exhorté la France à prendre « ses responsabilités ». Quelques jours après avoir rappelé son ambassadeur à Paris pour consultation, la ministre des affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, a donné une interview conjointe, dimanche 29 octobre à Kigali, à TV5 Monde, RFI et Le Monde. Elle a déclaré à cette occasion que l’interminable instruction portant sur l’attentat du 6 avril 1994, qui avait coûté la vie au président rwandais de l’époque, Juvénal Habyarimana, ne saurait durer indéfiniment. Cet attentat est considéré comme le déclencheur du génocide qui coûta la vie à 800 000 Tutsi et Hutu modérés.

« Il y a un problème avec cette instruction sans fin, avec ces témoins de la 25e heure, avec ces juges qui succèdent aux juges, les Jean-Louis [Bruguière], les Jean-Marc [Herbaut]… Il faut que ce soi-disant procès se termine un jour. Et si la France ne le fait pas, nous allons le faire. »
« La France a l’occasion de se confronter à sa propre histoire »

Cette instruction, qui dure depuis bientôt deux décennies et qui a déjà été à l’origine d’une rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali, est la source de la nouvelle crispation en cours. Les juges Nathalie Poux et Jean-Marc Herbaut ont en effet convoqué le ministre de la défense rwandais, James Kabarebe, pour une confrontation avec un nouveau témoin accusant l’ancienne rébellion tutsi, dirigée à l’époque par l’actuel président rwandais, Paul Kagamé, d’être responsable du tir de missile ayant abattu l’avion présidentiel.

Mme Mushikiwabo voit dans ce développement judiciaire l’influence de « certains responsables [français] qui étaient les soutiens d’un régime qui a commis un génocide, et qui essaient depuis vingt-trois ans de cacher leurs traces, de brouiller les pistes ». Pour elle, « ce soi-disant procès n’a aucune raison d’être. Nous avons collaboré car nous voulions aller de l’avant. Mais on a trouvé du côté de la France une certaine arrogance ». La ministre n’accorde à la justice française aucune indépendance : « Comme par hasard, quand les relations politiques étaient bonnes [sous Nicolas Sarkozy], la justice avançait bien. Ce n’est pas de la justice, c’est de la politique. »
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