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Le seuil de représentativité de 3 %, tel que proposé dans le projet de Loi electorale déposé le mardi 28 novembre à la Chambre basse du Parlement, suscite déjà des réactions tant dans les milieux politiques que dans les organisations estampillées de droits de l’homme. Interrogé par les confrères de la Radio Okapi, la deputé nationale Eve Bazaiba rejette ce seuil de 3% qui, selon elle "brise le pacte republicain". Présentant le projet de loi électorale à l’Assemblée nationale le mardi 28 novembre, le vice-Premier ministre, ministre de l’intérieur et sécurité, Emmanuel Ramazani Shadary a indiqué que ce seuil de représentativité, fixé à 3%, presente l’avantage de réduction de coût excessif des elections. Il améliore la proportionnelle au regard des expériences électorales de 2006 et 2011. L’argumentaire déployé par le VPM n’a pas rencontré l’assentiment des élus du peuple. La députée nationale, Eve Bazaiba, rejette en bloc cette disposition qui fixe le seuil de 3% de représentativité de suffrages pour obtenir un siège au Parlement. "Nous rejetons le seuil de représentativité préconisé dans le projet de loi électorale déposé à l’Assemblée nationale. Il vient briser le Pacte républicain que nous avons obtenu à l’issue du Dialogue inter-congolais à Sun city", a fait savoir la Secrétaire du parti cher à Jean-Pierre Bemba. CONTRE ARGUMENT Interrogés à ce sujet, certains députés de la Majorité estiment que ce seuil répond à l’exigence de l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016, qui recommande au Gouvernement de rationnaliser le système électoral en vigueur pour réduire le coût excessif des élections. "En France, depuis 1982, la première répartition des sièges est l’élection uninominale où le parti qui a plus de voix que les autres, même une seule voix, prend automatiquement la moitié de sièges", ont-il rappelé. Pour Eve Bazaiba, à Sun-City, les acteurs politiques avaient adopté un système électoral "qui permettait que celui qui gagne ne gagne pas tout et que celui qui perd ne perd pas tout, afin de gagner la cohésion nationale et la paix sociale." Elle dénonce, par ailleurs, la précipitation avec laquelle le bureau de l’Assemblée nationale exige d’examiner ladite loi électorale. D’après elle, le président de la Chambre a instruit la commission Politique, administrative et juridique (PAJ) de se réunir après l’intervention du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, sans respecter le délai de 48 heures tel que requis par la plénière. « Cette précipitation démontre qu’il y a anguille sous roche. La loi électorale est éminemment politique. Le juridisme ne vient que mettre de l’ordre dans la politique. Cette loi requiert un minimum de consensus autour de ces fameuses innovations", a supputé Eve Bazaiba. Elle se félicite que les travaux déjà entamés par la Commission PAJ soient suspendus suite à la pression de certains députés nationaux, qui ont voulu faire passer la rationalité avant leurs préférences idéologiques. Eve Bazaiba fustige, en outre, la fixation de la caution par siège à 500 000 francs congolais, soit plus de 300 USD. "Cela veut dire que la République devra être dirigée par les riches. La compétence et l’intégrité morale ne compte plus ? Nous dénonçons aussi le fait qu’on utilise certaines positions juridiques pour écarter certains opposants qui gênent", a déploré l’élue de Basoko. Le vice-Premier ministre, ministre de l’intérieur et sécurité, Emmanuel Shadary, qui répondait aux questions des députés lors de la séance consacrée à l’examen de ce projet de loi, a fait savoir que ce texte de loi apporte des solutions notamment à la répartition des sièges, aux problèmes liés à la succession des chefs coutumiers cooptés, députés provinciaux, à la représentativité de la femme sur les listes électorales, à la candidature des indépendants et à la prolifération des partis politiques aux élections.
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