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Depuis la publication du calendrier électoral le 5 novembre 2017, il y a comme un air d’incompréhension du côté de l’opposition congolaise. Pendant que la Majorité présidentielle jubile et se révèle, soudainement être la chantre des positions exprimées par la communauté internationale. Et pour une bonne raison.
Il y a quelques mois, Joseph Kabila, ce « diable » qui a mis le feu dans le Kasaï pour se construire un nouveau prétexte d’éviter l’organisation des élections, était sous les feux des occidentaux, avec en première ligne, une certaine Nikki Haley, insistant en juin 2017, au Conseil des droits de l’Homme de Genève, sur la nécessité de mettre en place une commission d’enquête internationale censée faire la lumière sur les violences dans le Kasaï. Censée surtout éclabousser le chef de l’État dont des proches sont mises en cause par des rapports de l’ONU et d’autres ONG.


 Cinq mois plus tard, la représentante permanente des États-Unis aux Nations unies est au cœur du tournant, dans la crise politique que traverse la RDC. En une visite, quelques phrases intimidantes et clichés émotifs, Nikki Haley a changé le visage et l’approche de la première puissance du monde sur le conflit politique à Kinshasa. Et ce n’est pas pour plaire à l’opposition.

Nous demandons à nos partenaires de ne pas essayer de nous convaincre de patienter encore
Sans doute Félix Tshisekedi le sait-il déjà lorsqu’il réaffirme la position du Rassemblement consistant à insister, après le passage de l’ambassadrice americaine, qu’une transition « sans Kabila » était le seul moyen d’aller aux élections dans la sérénité. « Nous demandons à nos partenaires [internationaux] de ne pas essayer de nous convaincre de patienter encore », a prévenu sur RFI, le leader du Rassemblement. Envoyant ainsi le signe que des discussions tournent mal avec les diplomates, quant au souhait de l’Opposition de voir le chef de l’État quitter son poste après le 31 décembre 2017, au profit d’une « personnalité consensuelle », telle que le préconise la coalition née à Genval.
Yamamoto soutient Kabila
Car depuis, les frustrations sont visibles et de plus en plus exprimées sur la place publique. Ainsi, le chef de file de l’UDA – depuis longtemps méfiant de l’approche internationale où le seul principe qui prime c’est celui des intérêts, soulignait Claudel André Lubaya dans ses nombreux tweets – persiste à appeler ses camarades à mettre plutôt l’accent sur la mobilisation populaire. « Seule une transition sans Kabila serait acceptable. Le peuple n’est pas prêt pour un schéma qui le [Kabila] maintient même pour un jour », martèle l’élu de Kananga.
Pour autant, les signaux venus de Washington ne sont pas de nature à renforcer cette position. Après une série de déclarations de soutien à un calendrier électoral qui renvoie les élections à fin 2018, par les autorités américaines suivis par l’Union européenne et sans surprise l’Union africaine, le chef de bureau Afrique du département d’État a enfoncé encore un peu plus le clou ce weekend. Interrogé vendredi par le comité des affaires étrangère de la chambre des représentant, qi traitait de la crise congolaise, Donald Yamamoto, le « monsieur Afrique » du président américain, a, sans ambages, soutenu qu’il n’y avait pas d’autre alternative au maintien de Joseph Kabila à son poste. « J’ai eu des discussions avec l’opposition. Certains m’ont dit, il faut un gouvernement de transition. Moi je leur ai dit, non. Suivant la constitution et l’accord de la Saint Sylvestre, Kabila sera là jusqu’à l’élection du nouveau président », a-t-il détaillé.

Donald Yamamoto a certes précisé que le président actuel n’avait plus d’espace politique pour manœuvrer, se défiler ni pour reporter les élections, mais sur le débat d’avec ou sans Kabila après le 31 décembre, qui agite la classe politique congolaise, les États-Unis ont clairement choisi leur camp. Et il n’est pas à Limete.

Par Yvon Muya
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