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Alors que l'armée a pris le contrôle de la capitale Harare depuis mercredi, le président Robert Mugabe s'est entretenu avec le général Constantino Chiwenga. Au pouvoir depuis 37 ans au Zimbabwe, le chef de l'État a refusé de démissionner.

La rencontre a eu lieu jeudi 16 novembre, au siège de la présidence à Harare. Dans une veste bleue marine et pantalon gris, le président Robert Mugabe s'est entretenu avec le chef de l'armée, le général Constantino Chiwenga, en présence de deux ministres sud-africains dépêchés par le président Jacob Zuma.

Au pouvoir depuis 37 ans, Robert Mugabe "a refusé de démissionner, je pense qu'il essaie de gagner du temps", a rapporté à l'AFP une source proche des militaires sous couvert de l'anonymat. La teneur des discussions n'a pas été rendue publique.

Mercredi matin, l'armée a opéré un coup de force à Harare en déployant soldats et blindés autour de plusieurs points stratégiques de la capitale. Elle est intervenue quelques jours après l'éviction du vice-président Emmerson Mnangagwa, 75 ans, qui s'était longuement opposé à la Première dame Grace Mugabe dans la succession du président. Vétéran de la lutte pour l'indépendance et proche des militaires, il faisait figure jusque-là de dauphin potentiel.

Un porte-parole des militaires, le général Sibusiyo Moyo, a expliqué que l'opération avait pour seules cibles les "criminels" qui entourent le président, pointant du doigt sans les nommer les partisans de son épouse.

"Mugabe doit démissionner"

Robert Mugabe a annoncé son intention de briguer, malgré son âge et sa santé de plus en plus fragile, un nouveau mandat lors de l'élection présidentielle prévue en 2018. Jeudi, plusieurs voix de l'opposition sont sorties de leur silence pour exiger à leur tour son départ et une transition vers des élections libres. "Dans l'intérêt du peuple zimbabwéen, Robert Mugabe doit démissionner", a déclaré Morgan Tsvangirai, le chef du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), le principal parti de l'opposition.

"Il ne fait aucun doute qu'il nous faut un accord de transition qui doit traiter de la reprise économique et de la réforme électorale", a renchéri l'ex-vice-présidente Joice Mujuru, écartée en 2014 sur ordre, elle aussi, de Grace Mugabe.

Emblème de la fronde qui a secoué le pays en 2016, le pasteur Evan Mawarire s'est dit prêt à discuter avec l'armée. "En tant que citoyens, nous ne pouvons rester les bras croisés", a-t-il plaidé sur Facebook, "nous devons participer".

Crise économique depuis 2000

Selon les analystes, les militaires sont déterminés à sortir rapidement de la crise. "Ils veulent que Mugabe signe sa démission au plus vite", a commenté à l'AFP Knox Chitiyo, du centre de réflexion britannique Chatham House. "Ensuite ils veulent un président de transition, qui serait probablement Mnangagwa".

Le Zimbabwe est plongé depuis le début des années 2000 dans une crise économique et financière catastrophique qui nourrit la colère de la population contre le régime.

Avec AFP
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