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S’il y a un gouvernement qui excelle en scandales, c’est sans doute celui de Bruno Tshibala. Alors que l’article 97 de la constitution rend formellement  incompatible les fonctions de membre du gouvernement avec toute responsabilité au sein d’un parti politique, c’est le premier ministre qui se met premier en vedette pour violer cette disposition constitutionnelle. Ni Antoine Gizenga, ni Adolphe Muzito, moins encore Augustin Matata Ponyo, aucun de ses prédécesseurs ci-haut cités ne s’est ainsi comporté. Non seulement qu’il s’affiche publiquement et préside des manifestations à caractère politique, mais aussi il signe des documents avec son titre de secrétaire général adjoint de l’UDPS.  Ancien donneur des leçons quand il était hors institutions, il broie pratiquement du noir aux affaires.

Tenez, dans une correspondance du 13 novembre 2017, avec entête de l’UDPS (Présidence du Parti, Secrétariat général), que Bruno Tshibala adresse à Joseph Olenghankoy pour recommander le député national Martin Kabuya comme candidat gouverneur au Kasaï central, il signe : « le secrétaire général adjoint chargé du Rassop, Porte-parole du Rassemblement ». Comme si cela ne suffisait pas, c’est en cette qualité de secrétaire général adjoint de l’UDPS qu’il a ouvert mercredi 29 novembre et clôturé vendredi 1er décembre derniers, le conclave de son UDPS. Immoralité manifeste, il s’est même amené dans ces activités purement privées avec des véhicules escortes de l’Etat alors que dans pareil cas, l’élégance lui recommande de dissocier son statut de premier ministre à celui politique du haut cadre de l’UDPS.

Les autres violeurs de l’article 97 de la constitution, sont Emmanuel Shadary et Joseph Kokonyangi.  Respectivement Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur et ministre de l’Urbanisme et Habitat, ces deux maniemards ne se sont jamais dépouillés de leurs fonctions de secrétaire général adjoint du PPRD et secrétaire général adjoint  de la Majorité présidentielle. Dans les médias, les interventions de Kokonyangi sont plus d’un militant de la MP que de ministre de l’Urbanisme et Habitat. Il organise et anime publiquement des manifestations politiques avec la casquette de SG adjoint de la MP.  Il ne s’est même pas gêné de signer comme secrétaire général adjoint de la MP, la lettre adressée récemment au gouverneur André Kimbuta pour annoncer la marche de la MP le 28 novembre dernier. Toutes ces violations de l’article 97 se passent sous l’indifférence totale de la MP et du PPRD alors que du temps d’Augustin Matata, le Vice-premier ministre de l’Intérieur Evariste Boshab et le Vice-premier ministre du Travail Willy Makiashi avaient été contraints de se départir de leurs charges politiques au sein de leurs partis. Quoi de plus normal. Quand le premier ministre Tshibala en personne,  s’imbibe de cette incongruité, qui pourrait alors contraindre les autres ?

Puisque le premier ministre ne prêche pas par l’exemple, les ministres comme Justin Bitakwira et Steve Mbikayi crachent orgueilleusement sur cette disposition constitutionnelle rendant incompatible les fonctions de membre du gouvernement avec toute responsabilité au sein d’un parti politique. Mais jusqu’à quand violeront-ils cet article ? Le gendarme de la loi, le PGR Flory Kabange, est malheureusement et tristement amorphe.

Ginno Lungabu
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