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La crise politique en Republique démocratique du Congo a basculé dans une nouvelle dimension avec l’entrée en scène le 31 décembre 2017 du comité laïc de coordination (CLC), une structure très suivie de l’église catholique. À l’appel du CLC, plusieurs milliers de Congolais sont descendus dans la rue pour réclamer l’« application intégrale » de l’accord de la Saint Sylvestre.

Ces manifestations violemment réprimées par les forces de sécurité ont permis de mettre en évidence un homme, jusque-ci connu de Congolais dans les arcanes académiques du pays : Isidore Ndaywell. Membre de la direction du CLC, ce professeur des universités est au-devant de la scène dans ce qui ressemble bien à un mouvement de contestation, par le bas, qui monte en puissance, contre le régime de Joseph Kabila.

Au lendemain des violences du 31 décembre, c’est Ndaywell qui sonne la poursuite de la mobilisation. Il faut, écrit-il, dans un communiqué co-signé avec Thierry Landu, également professeur des universités, « que ceux qui s’accrochent au pouvoir dans notre pays sachent que le pouvoir nous appartient, que le pays nous appartient, à tous […]. Nous ne pouvons plus faire marche arrière ». Des mots assez durs, qui ne souffrent pourtant d’aucune ambiguïté sur le caractère désormais frontal des relations entre l’académicien et le Pouvoir qui avait tant sollicité son savoir-faire ces dernières années. Que ce soit pour les préparatifs des 50 ans d’indépendance en 2010 ou dans le cadre de l’organisation du sommet de la francophonie en 2012.


« On ne se laissera pas faire »


Dans une interview au Journal Le Monde ce mercredi, l’historien a enfoncé encore un peu plus le clou en promettant que les événements de dimanche n’étaient qu’un « début ». Car, explique-t-il, « on ne se laissera pas faire. Le peuple, selon lui, ayant compris qu’il devait prendre son destin en mains, « et pas seulement par des discours ».




Historien de formation et enseignant de l’histoire dans les universités de Kinshasa et Lubumbashi, le natif de Bandundu est mieux placé pour comprendre et faire comprendre de quoi est faite l’histoire de la Republique démocratique du Congo et ses « convulsions contemporaines » qu’il raconte dans l’« Histoire générale du Congo ».

Alors que la crise que traverse le pays montre jour après jour l’écart abyssal qui ne cesse de se creuser entre le pouvoir public et la société congolaise, l’auteur de l’ « invention du Congo contemporain » alertait déjà en juillet 2016 – soit, en plein débat sur l’intention du chef de l’État de se maintenir au pouvoir – que l’histoire et la mémoire du Congo constituaient des sites d’affrontements entre l’État et la société. Ce passé et cette mémoire qui, aux yeux du chercheur, conservent un « pouvoir de construction de la réalité, du pouvoir et de la légitimité ». Une légitimité ? Pour laquelle son comité laïc de coordination se bat aujourd’hui ? En tout cas, en pure historien, Isidore Ndaywell ne s’en cache pas, au moment d’évoquer, avec le CLC, la RDC comme « notre patrimoine » à nous tous. « Il nous revient à nous tous d’assumer nos responsabilités comme l’ont fait certains de nos compatriotes avant nous ».Par CAS-INFO
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