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Le Cardinal Laurent Monsengwo a commenté sa récente déclaration au sujet de la marche des fidèles catholiques réprimée le 31 décembre par les forces de l’ordre et de sécurité. Dans une interview accordée ce jeudi 4 janvier 2018 à la Radio Vatican, l’archevêque de Kinshasa a, d’entrée de jeu, qualifié “du jamais vu” la répression de la marche.

« C’est du jamais vu. Ils sont entrés dans nos paroisses y compris la cathédrale, ils ont jeté de gaz lacrymogène dedans. Ils ont empêché les gens de célébrer la messe, c’est du jamais vu. C’est pourquoi j’ai dû parler à ces gens et faire cette déclaration parce qu’on était à la limite du tolérable », a-t-il expliqué.

Pour le prélat catholique, les autorités ont assimilé la marche pacifique de laïcs à une tentative de prise de pouvoir politique.

« Ils ont voulu uniquement qu’on applique les accords de la Saint Sylvestre et rien de plus. Naturellement il y en a qui croyaient qu’on voulait leur arracher le pouvoir mais le pouvoir politique ne nous intéresse nullement. Nous l’avons dit plusieurs fois», s’est défendu Monsengwo.

Selon Monsengwo, cette situation n’inspire pas “confiance” et dénote de “médiocrité” dans la “gouvernance”.

«On ne peut pas faire confiance aux gens qui sont incapables de protéger la population, on ne peut pas faire confiance aux gens qui font la mystification qu’ils présentent comme étant de vérité véridique. Et c’est à cause de ça que j’ai dû faire cette intervention pour leur dire que les médiocres doivent dégager et que les gens qui sont capables de gouverner puissent gouverner le pays ».

Le pouvoir politique ne devrait pas “enfreindre” la liberté religieuse qui selon le Cardinal, est à la base d’autres libertés.

« La liberté religieuse est essentielle dans un État de droit. Si on touche à la liberté religieuse, toutes les libertés tombent et on ne peut pas avoir la paix dans le pays. On prétendait que nous travaillons avec des gens mais nous avons cité tout un tas de faits : le fait d’empêcher aux gens d’entrer à l’église et participer à la messe, le fait de poursuivre les gens pour voler l’argent de leurs poches, les appareils téléphoniques, la fouille systématique des personnes et de leurs biens dans l’église, ce n’est pas normal et on devait nécessairement réagir », a-t-ajouté.

« L’église enseigne la doctrine sociale et l’église a le droit d’enseigner cette doctrine sociale parce qu’elle permet aux chrétiens d’organiser leurs vies politiques de façon que la société aille mieux. Et c’est pour cela que nous croyons qu’il était essentiel que nous puissions leur adresser cette parole », a soutenu Laurent Monsengwo.

Sur un ton ferme, l’archevêque “espère” que sa déclaration sera prise en compte par les autorités.

« J’espère que je serai entendu parce qu’on ne peut pas ne pas entendre une voix de sagesse, on ne peut pas ne pas entendre une voix prophétique. Nous parlerons à temps et à contretemps, advienne que pourra mais nous parlerons », a-t-il conclu.

Mardi, Laurent Monsengwo a fustigé la répression de la marche des chrétiens catholiques par les forces de l’ordre. Il n’avait pas hésité à qualifier les auteurs de la répression des “prétendus vaillants hommes en uniforme”.

Patrick MAKI
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