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En difficulté sur les terrains politique et budgétaire, le président Joseph Kabila s’est lancé dans de grandes manœuvres pour pomper l’argent des compagnies pétrolières.

Ainsi, le 15 janvier, le ministre des Hydrocarbures, Aimé Ngoy Mukena, a soumis au conseil des ministres un projet d’ordonnance approuvant le contrat de partage de production signé en décembre 2007 entre la RDC et la joint venture constituée entre la Société nationale des hydrocarbures (Sonahydroc) et la Compagnie minière du Congo (Comico), pour la mise en valeur des blocs I, II et III de la Cuvette centrale. Un dossier longtemps gelé dans l’attente de l’entrée en vigueur la nouvelle loi sur le pétrole, survenue en août 2015.

Le deal devrait permettre à la COMICO, fondée par l’homme d’affaires grec Adonis Pouroulis, propriétaire de la compagnie sud-africaine Petra Diamonds, d’entamer ses activités sur ces blocs, qui couvrent une superficie de 146 000 km2, soit cinq fois la surface de la Belgique.

Négociation avec Total

Simultanément, Aimé Ngoy, fidèle de Kabila ayant, selon International Crisis Group, recruté des milices au Katanga quand il était gouverneur de la province (2001-2004), négocie avec Total et ses partenaires sud-africains, Efora Energy et Dig Oil, le renouvellement du permis du bloc 3 d’exploitation dans le Graben Albertine, à la frontière ougandaise. La validité du permis expirant le 26 janvier prochain, cela peut expliquer pourquoi, selon la Lettre Afrique Energies de Paris, “un climat plutôt pro-investisseurs français flotte au palais présidentiel” congolais.

Total et les Sud-Africains convoitent la reprise des blocs 1 et 2, dont l’opérateur – la société Oil of Congo, du partenaire en affaires de Kabila, l’homme d’affaires israélien Dan Gertler – est sous sanctions du Département du Trésor américain depuis décembre.

Tshisekedi: ceux qui signeront des contrats avec Kabila…

De son côté, Kabila cherche des partenaires non pestiférés. Mais les accords que pourrait conclure Kabila risquent d’être invalidés car ils émanent d’institutions qui n’ont plus de légitimité depuis l’expiration des mandats du Président et de l’Assemblée nationale, le 19 décembre 2016; et leur prolongation ne fait pas l’objet d’un consensus politique car elle était conditionnée à la tenue d’élections avant la fin 2017.

Sentant venir l’échéance, le 8 novembre 2017, le président du Rassemblement de l’opposition, Félix Tshisekedi, avait déclaré à Bruxelles devant les militants de son parti, l’UDPS: “Tous ceux qui signent des contrats avec Joseph Kabila, lorsque les choses vont changer, qu’ils considèrent ces contrats comme nuls et de nul effet ».

Par François Misser.
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