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KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
L’homme n’a jamais eu sa langue dans sa poche. Alexis Thambwe Mwamba a toujours appelé un chat un chat. Sous Mobutu et aux côtés de Kengo - le même -, les Zaïro-Congolais l’ont connu comme patron des Douanes (l’actuelle DGDA) où il fit la pluie et le beau temps, certains l’avaient surnommé Tarzan sinon Terreur. On sait par exemple comment il menaça dans des termes sans équivoque, un fils Mobutu qui jouait des douanes... («Ça ne marchera pas avec moi et je vous conseille d’aller dire à votre père de m’enlever d’ici...»).
Aujourd’hui garde des Sceaux de la République, poste qu’il occupe après un intermède intervenu après un passage remarqué au ministère des Affaires étrangères où le langage, devant les diplomates, fit parfaitement le même, ATM est toujours ATM. Lors d’un conflit avec un avocat de l’Etat, le ministre n’hésita pas à le faire «coffrer», puis, à l’envoyer, pour plusieurs mois, en prison. A Makala! A ses confrères qui envisagèrent de faire montre de solidarité et de déclencher un mouvement de grève, il n’eût point besoin de leur brandir la menace de retrait de tout contrat avec le Gouvernement et, ipso facto, avec toute entreprise et service de l’Etat. Le respect était au rendez-vous! Tout récemment, il qualifie ses juges, devant eux, humiliés comme jamais, dans un discours officiel lors d’une rentrée judiciaire, de «Messieurs 3 V» (V comme Veste, V comme Voiture, V comme Villa). Aussi vite qu’il a été nommé par le Magistrat Suprême, le juge congolais n’a en tête que le Grand Chelem... On s’attendait à une réaction musclée des juges, elle n’est jamais arrivée. Nul doute, ATM inspire respect...
C’est ce constat qui l’a conduit à instruire une procédure de police visant à la vérification des dossiers administratifs et de contrôle physique des juges congolais. Trop de faussaires, semble-t-il!
Dans une ordonnance d’organisation judiciaire n°002/2017 datée du 28 décembre 2017 (fac-similé) signée par le président du Conseil Supérieur de la Magistrature, Benoît Lwamba Bindu, également président de la Cour Constitutionnelle, ATM a institué une COSVECOM, la Commission Spéciale du Conseil Supérieur de la Magistrature chargée de la vérification des dossiers administratifs et du contrôle physique des magistrats. Ses attributions? En quinze jours chrono, et, «à travers toute la République et à l’égard de tous les magistrats tant civils que militaires», les flics ATM ont mission d’«extirper les fictifs non magistrats et autres pris en charge par le Trésor public afin de maîtriser les effectifs réels; de vérifier les dossiers personnels des magistrats en ce, compris le cursus académique, le processus de recrutement et de nomination, la régularité et l’authenticité des titres académiques conférant qualifications requises»; de «s’assurer de la régularité de recrutement ou nomination des Magistrats du siège ou du ministère public, civils et militaires en 2010 et 2011 et 2016 ainsi que ceux l’ayant été par les différents mouvements politico-militaires d’avant la Constition de la transition du 4 avril 2003».

CHASSE AUX FAUX MAGISTRATS.
Le ministre prend appui sur une résolution de la cinquième session extraordinaire de l’Assemblée Générale du Conseil Supérieur de la Magistrature tenue en octobre 2017 appelant à l’institution de cette COSVECOM.
La commission est placée sous l’autorité directe d’un délégué du ministre. C’est le 1er avocat général de la République émérite, Nkata Bayoko, directeur de cabinet du ministre de la Justice et Garde des Sceaux qui sera secondé de M. Elameji Tsbiakampa, président du Tribunal pour enfants, conseiller au cabinet du ministre.
Les autres membres de la COSVECOM
proviennent de la Cour Constitutionnelle, à savoir, deux (M. Kombe Kalala, conseiller principal au Cabinet du Président de la Cour Constitutionnelle en charge du Conseil Supérieur de la Magistrature et de M. Valentin Ngoie Kalenda, Président à la Cour suprême de Justice), un de la Cour Suprême de Justice (M. Tuka Ika Bazongula), un du Parquet Général de la République (M. Safari Kasongo, 1er Avocat Général de la République), un de la Haute Cour Militaire (M. Kalala Shambuyi, conseiller à la Haute Cour Militaire), un de l’Auditorat Général des Forces Armées de la RDC (M. Kangudi Mungul Diaka, avocat général des FARDC), et un du Secrétariat Général du Conseil Supérieur de la Magistrature (M. Nduba Kilima, Président de la Cour d’Appel et Chargé de la Carrière au Secrétariat Permanent).-
S’agissant du fonctionnement de cette COSVECOM, si la Plénière en est l’organe de décision, le Bureau composé d’un président, de deux vice-présidents et de deux rapporteurs, en est l’organe de coordination et d’exécution des résolutions.
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