Martin Fayulu face à l’histoire : Entre quête de stature et mémoire sélective

Par Christian Lumu

Les récentes sorties médiatiques de Martin Fayulu, marquées par des attaques verbales acerbes, soulèvent une question fondamentale : le leader de l'ECiDé a-t-il oublié d'où il vient ? Pour comprendre la virulence actuelle de ses propos, qu’il convient de qualifier de provocations politiques plutôt que de débat républicain, un rappel historique s’impose sur l’échiquier politique congolais des années 2000.

L’UDPS : Le passage obligé de la légitimité

À l’époque où Martin Fayulu cherchait encore ses marques, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba était l’épicentre de la résistance. Malgré le boycott des élections de 2006, le leadership du "Sphinx de Limete" était l'unique boussole de la lutte démocratique.

Le poids du parti était tel que même les géants de l’époque sollicitaient son onction. On se souviendra qu’en 2006, Jean-Pierre Bemba, par l’entremise de Jeannot Bemba Saolona, avait entrepris des démarches pour obtenir le soutien de l’UDPS afin de consolider sa candidature présidentielle. À cette période, l’UDPS n'était pas seulement un parti ; c'était la source de toute crédibilité politique nationale.

Fayulu : Un poids plume en quête de visibilité

Pendant que l’UDPS se redynamisait sous l'impulsion de cadres comme Alexis Mutanda, et que Félix Antoine Tshisekedi effectuait sa première grande tournée historique au Kasaï, quelle était la réalité de Martin Fayulu ?

Il n'était alors qu'un député provincial à l'influence limitée. Sa notoriété de l'époque, plus culturelle que politique, passait davantage par des dédicaces dans les chansons de musiciens de renom, tels que Fally Ipupa, que par des actions d'éclat sur le terrain républicain. Plus grave encore, sa stature avait été ébranlée par des accusations de trahison lors de l’élection du gouverneur de Kinshasa, où il aurait tourné le dos à Adam Bombole, candidat de l’Union pour la Nation, au profit d’André Kimbuta.

Graviter autour du géant pour exister

Conscient de son déficit de stature, Martin Fayulu a longtemps gravité autour des cadres de l’UDPS pour acquérir une visibilité nationale. Des figures telles que l’actuel Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo ou Moleka ont été les points d'ancrage qui lui ont permis de sortir de l'anonymat politique de l'assemblée provinciale.

Aujourd'hui, voir ce même acteur multiplier des déclarations excessives à l'égard de ceux qui incarnaient déjà la lutte alors qu'il n'était qu'une "ombre" sur l'échiquier national est une ironie de l'histoire. Ces attaques ne sont pas le signe d'une force politique renouvelée, mais semblent plutôt relever d'une stratégie de provocation visant à masquer un passé où la stature de leader national lui faisait cruellement défaut.

Le débat républicain mérite mieux que l'agitation ; il exige la reconnaissance des faits et une dose nécessaire d'humilité face à l'histoire.

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