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Béatrice Hôtel, dans la commune de la Gombe, a abrité le samedi 26
août 2017, la première édition de remise des diplômes d’honneur et de
mérite à une brochette de personnalités du Grand Kasaï élevées, à
l’occasion, au rang de « Grand Patriarche » et « Patriarches » Baluba.
On a reconnu dans la catégorie « Grand Patriarche », Etienne Tshiskedi
wa Mulumba seul. Tandis dans celle des « Patriarches », on compte
Albert Kalonji Ditunga Mulopwe, Joseph Ngalula Mpandanjila, Cardinal
Joseph-Albert Malula, Joseph Nkongolo wa Ngoyi Kabwe ka Ntanda, Jonas
Mukamba Kadiata Nzemba.
Comme on peut le constater, l’unique survivant parmi les lauréats se
trouve être Jonas Mukamba, ancien ambassadeur, ancien gouverneur de
province et PAD honoraire de la Miba.
Signalons que la cérémonie était organisée par l’ASBL « Buakane », qui
signifie « Harmonie », « Entente ». Le mot de bienvenue a été présenté
par Véronique Tshiala et l’animation assurée par le groupe folklorique
de Kabongo Tshinsense, Jean Goubald ainsi que le groupe du rire «
Tumahaut ».
Dans son message de circonstance, le professeur Jean Kambayi Bwatshia,
président de « Buakane », a rappelé ses idées-forces que sont l’unité,
l’amour, l’honnêteté et l’entraide. Il a exhorté les filles et fils «
Baluba » à ne pas se laisser distraire par les démons de la haine, de
la division et à se réveiller pour resserrer ses rangs et reprendre
son destin en mains. A son avis, les divergences de vue ne devraient
en rien entamer leur fraternité.
D. Kabamba

TEMOIGNAGES DU PROFESSEUR KAMBAYI BWATSHIA
1. Etienne Tshisekedi wa Mulumba

Un jour en plein régime dictatorial du Maréchal Mobutu, j’avais publié
dans un journal de la place un papier assez retentissant « Mourir pour
E. Tshisekedi ». Après une lecture de cet article par celui que nous
appelons aujourd’hui le Grand Patriarche du peuple Muluba E.
Tshisekedi wa Mulumba, celui-ci ne tarda pas à nous inviter dans son
bureau de travail pour nous dire sa satisfaction.
Ce « vertébré », incarnation de l’opposition en R.D. du Congo jadis
République du Zaïre, n’a cessé de se présenter comme réellement un «
Sphinx ». Jusqu’au 01 février 2017 date de sa mort, il n’a cessé de
proclamer : « Le Peuple d’abord ». Combattant le bon combat politique,
E. Tshisekedi wa Mulumba n’a cessé de dénoncer les antivaleurs,
annoncer les valeurs, les vérités ; et on l’a vu être sans relâche aux
côtés des valeurs annoncées pour être crédible auprès de son peuple.
Quoi de plus intéressant de dire que ce grand citoyen a exercé et
exerce encore un grand aura sur son peuple. A telle enseigne qu’il
est célébré à nos jours comme tombeur incontesté du fabuleux «Léopard»
et Sphinx qui a terrassé les fauves et les vautours. Incomparable
combattant de la liberté, il s’en est allé rejoindre ses amis de la
même lignée tels que : Thomas Jefferson, Abraham Lincoln, Mahatma
Gandhi, Martin Luther King, Léopold Sédar Senghor, Kwame N’Krumah,
Patrice-Emery Lumumba, Nelson Mandela.

2. Albert Kalonji Ditunga Mulopwe

A une question lui posée par Bruno Ndunga Mule, lui demandant s’il
regrettait la période de l’Etat autonome du Sud Kasaï, Albert Kalonji
Ditunga a dit clairement sans hésiter qu’il était fier. « C’est la
période, dira-t-il, la plus dynamique et la plus productive de ma vie
; c’est la période pendant laquelle j’ai implanté dans l’âme muluba la
fierté d’être lui-même ».
A-t-il raison ou pas aujourd’hui ? C’est aux Baluba de voir ; et nous
estimons que sur base de nous-même, le peuple baluba sauvegardera ses
traditions positives concernant les fondements de la bulubaïté : «
Etre muluba traduit la bulubaïté » exprimée dans la personne muluba
dans le Buakane du muntu muluba dans toutes ses dimensions. C’est pour
nous, dans ce sens-là, que Kalonji Albert mérite le titre de
Patriarche.

3. Joseph Ngalula Mpandanjila

«Voici un autre leader charismatique du peuple Muluba que nous avons
personnellement connu au moment où son peuple était plongé dans la
tourmente de l’injustice contre lui (1960-1961), il était aux
Etats-Unis, au Conseil de Sécurité, où il est allé plaider la cause de
son peuple. A son retour, comme il le dira plus tard à la Conférence
Nationale Souveraine (CNS), il s’est étonné et indigné qu’en dépit du
nombre aussi impressionnant des victimes, que les sanctions
préconisées par la CNS soient dérisoires par rapport à la gravité des
faits : « la conférence, a dit J. Ngalula du haut de la tribune, au
lieu de condamner l’acte en soi et même de s’indigner, les
conférenciers se sont, d’une manière timide, attelés à déterminer les
responsabilités collectives…Tous les boucs émissaires sont désignés du
doigt mais on ne désigne pas les vrais responsables au niveau du
Gouvernement Central de Léopoldville. Contrairement à d’autres cas et
fort curieusement, a dit J. Ngalula, le rapport de la CNS ne réclame
pas l’indemnisation en faveur des familles des victimes. « Qu’est-ce
qui prouve à la commission que les enfants des victimes n’ont pas eux
; aussi gardé haut l’idéal de leurs parents, pour qu’on doive les
écarter du bénéfice d’une décoration de bravoure qui a été pourtant
réclamée pour d’autres ? »
Il a parlé spécialement de « l’hécatombe de Kasengulu » du 12 février 1961.

4. Le cardinal Joseph- Albert Malula

Celui-ci est connu comme un « Pasteur Prophétique ». Dans la préface
rédigée par Mgr Tharcisse Tshibangu bien connu du milieu intellectuel
congolais, j’ai pu épingler quelques repères biographiques dégageant
l’engagement ecclésial du cardinal : combat pour l’inculturation ;
combat pour une Eglise authentiquement africaine ; l’engagement
social, plein de créativité. On le sait, le Cardinal s’est illustré
activement dans la société et la vie politique. Père de l’Eglise
africaine, il est connu comme un homme de forte personnalité
rayonnante qui lui a permis d’avoir une véritable aura populaire, un
orateur confirmé, doté de dons extraordinaires de communication.
Sur lui, le Père Léon de Saint Moulin a rédigé une somme
extraordinaire d’œuvres, de gestes et d’actes de cet homme prodigieux.
Il fut un grand exemple d’héroïsme, de foi religieuse inébranlable,
adversaire de toute médiocrité et animé d’idéal de vérité avérée.

5. Joseph Nkongolo wa Ngoyi Kabue ka Ntanda

Il est le fondateur du diocèse de Mbuji-Mayi et considéré par tous
comme le bienfaiteur de l’ancienne province du Kasaï-Oriental. De lui,
on parle avec émotion qu’il fut un homme qui témoignait d’une grande
dignité et d’une fierté désarmante qui lui permettait de démasquer
tout complexe de supériorité. Homme d’amitié et d’échange, Monseigneur
Nkongolo savait bien partager le sens critique dans un jugement plein
des raisons. Il savait discerner la mission de l’Eglise dans une
situation politique radicalement nouvelle et qui, en fait, allait
constituer le début d’une longue marche de l’Eglise de son diocèse.
C’est avec fermeté et courage et aussi avec sagesse qu’il savait lire
et discerner les signes des temps surtout à l’époque de l’authenticité
mobutiste. A ce point, il n’est pas exagéré d’établir un rapprochement
entre la grande stature du cardinal Malula et la sienne propre.

6. Jonas Mukamba Kadiata Nzemba

Voici un homme qui a toujours eu l’habitude de dire que la vie est un
combat, que le secret d’une victoire réside pour lui en 2 principes :
:
« Ne pas se laisser inutilement effrayer par les concurrents et viser
l’objectif à atteindre et non pas les adversaires à battre. La
victoire étant la palme d’un combat mené, elle ne peut nullement
devenir l’objet d’une peur ; plus une victoire constitue une
interpellation pour bien accomplir ses devoirs. »
Mukamba Kadiata Nzemba a toujours défendu des valeurs éthiques et
culturelles de la civilisation. Il a considéré que le sport avait un
rôle important dans la vie d’un peuple et il s’y est appliqué
fermement.
Considérant que les classes politiques congolaises sont rongées par
des plaies culturelles, il ne cessait de parler du code de bonne
conduite comme le disaient les vieux sages baluba : Le remède le plus
efficace contre toute entreprise de « buloji » (sorcellerie,
malfaisance) est d’être réservé, prudent et circonspect de sorte qu’on
n’excite point l’envie et la haine. Il faut de toute manière (par
conséquent) éviter de susciter un quelconque de ces sentiments en
n’importe qui, ce « n’importe qui » fut-il votre propre père, ou votre
femme, ou votre frère, ou même l’un de vos fils. N’allez donc pas vous
vanter de votre prospérité, de la bonne santé de vos enfants, du bon
état de vos affaires, de la fécondité de votre femme, du succès de
vos plantations, de vos bénéfices aux marchés du pays : méfiez-vous
extrêmement de celui qui, d’une voix douce, vous pose des questions au
sujet de votre famille, de vos affaires, de votre menu bétail, de vos
volailles de basse-cour, ayant l’’air de se réjouir de votre bonheur.
Si vos affaires vont bien, si votre famille fleurit, prospère, va de
l’avant, n’en dites rien à personne, soyez heureux, mais n’exhibez pas
votre bonheur ; soyez homme de société, tâchez de plaire à tout le
monde, recevez bien, soyez généreux envers tous, offrez à boire et à
manger, ne dédaignez personne, ne marquez pour personne le moindre
mépris, ne dites du mal de personne, vivez sans bruit et n’étalez
jamais votre prospérité ».
C’est tout dit.
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