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(Par Christelle Gibemba, sous la coordination de Yves KALIKAT) L’avenue Bongolo se meurt. Cette artère, qui relie l’avenue Kasa-Vubu au rond-point Bongolo (au niveau de la jonction entre la 7ème rue de Limete et l’avenue de l’Université), est devenue impraticable. La route bitumée est quasiment engloutie dans un lac artificiel, qui s’étend sur une distance d’environ 20 mètres, partant de la rivière Kalamu à deux rues de l’avenue Kimwenza. Redoutant de sombrer dans la marre d’eau, plusieurs transporteurs préfèrent faire des détours plutôt que s’engager sur l’avenue Bongolo. Les voitures personnelles et les taxis dits ‘‘ketches’’ ne sont plus visibles sur cette artère, leurs conducteurs ne voulant pas exposer leurs véhicules aux éventuelles pannes. Seuls, des camions gros porteurs et des bus Mercedès de marque 207 osent foncer dans ce lac artificiel, sans peur de se noyer. Plus sollicités, les conducteurs des taxis-motos empruntent le plus souvent les trottoirs réservés aux piétons, occasionnant ainsi des embouteillages. DES IMMONDICES DANS LA RIVIERE KALAMU « Voici pratiquement un an depuis que cette route est devenue impraticable. Le bourgmestre de la commune de Kalamu était passé ici pour constater les dégâts, mais jusque-là nous ne voyons aucun changement’’, nous explique un habitant du quartier. « Ce lac artificiel que vous voyez n’existait pas auparavant, précise une trentenaire, habitant les parages. Cette marre a été créée par les eaux des pluies qui n’ont pas trouvé des débouchés dans le lit de la rivière Kalamu, bouché au niveau du pont par des tas d’immondices - et particulièrement des bouteilles en plastique - que jette la population des quartiers environnants. Au cours des averses qui se sont succédé il y a quelques mois, ces eaux ont débordé au point d’envahir un important tronçon de l’avenue Bongolo jusqu’à ce jour ». A LA MERCI DES MOUSTIQUES ET DES ODEURS NAUSEABONDES Juste à côté du pont, la Police nationale congolaise a installé un poste constitué de tôles pour traquer des bandes de ‘‘kuluna’’, ces brigands qui menacent les passants sur ce tronçon aux heures tardives, en usant des armes blanches. « Si nous avons été placés ici, c’est pour assurer la sécurité de la population qui habite ce quartier et des piétons qui empruntent ce parcours », nous révèle un policier en tenue. « Bien que notre mission soit noble, nous sommes toutefois exposés à des odeurs nauséabondes émanant de ces eaux stagnantes qui polluent l’atmosphère. Comme d’ailleurs tous les passants qui fréquentent ce tronçon ! Nous sommes aussi à la merci des maladies courantes, notamment la malaria, le lieu étant infesté de milliers de moustiques », nous confie le policier. CONTRAINTS D’ETRE TRANSPORTES SUR LE DOS Lorsqu’il pleut, la situation devient encore pire. La rivière Kalamu est vite inondée et déverse ses eaux sur l’avenue Bongolo et les propriétés environnantes. Les principales victimes de ces inondations sont, sans doute, les occupants de l’université Simon Kimbangu, érigée juste à la lisière de la rivière Kalamu. « Nous avons du mal à entrer dans la cour de l’université suite aux eaux qui occupent toute l’enceinte de notre établissement, y compris la voie d’accès de notre alma mater. Pour ne pas nous mouiller, nous sommes souvent contraints de nous faire transporter sur des chariots (pousse-pousses) ou sur les dos de certains volontaires, moyennant quelques sous. Que ce soit pour entrer sur le site universitaire ou pour en sortir », nous renseigne un étudiant de cette université. Dépités de voir cette situation perdurer, les habitants de cette contrée de Kalamu demandent aux autorités municipales et de la ville de Kinshasa de s’impliquer au plus vite pour déboucher le lit de la rivière Kalamu et sauver ainsi l’avenue Bongolo.
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