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Le Calendrier électoral tant attendu a finalement été rendu public par la Centrale électorale, en début de soirée du dimanche 5 novembre 2017. Sans surprise, une frange de l’Opposition congolaise dite radicale a rejeté en bloc ce chronogramme au grand dam de la Majorité au pouvoir, d’une partie de la Société civile de même que de la communauté internationale. En sa qualité de président national de l’Union Démocratique Africaine (UDA), parti membre du Rassemblement aile Limete, André Lubaya a fustigé le fait que ledit calendrier viole à la fois la Constitution et l’Accord du Centre Interdiocésain. Et cet acteur politique ne cesse d’exiger, à cor et à cri, la tenue du scrutin présidentiel d’ici le 31 décembre 2017. La classe politique et sociale va-t-elle revisiter l’Accord de la Saint-Sylvestre en vue de découpler les élections ? Wait and see. Le président Joseph-Désiré Mobutu n’avait-il pas raison de déclarer que le seul pays au monde où les opposants ont peur des élections, c’est le Zaïre (RD Congo) ? A cette interrogation et à d’autres, André Lubaya a répondu, sans langue de bois, au travers l’interview ci-après, tout en promettant de priver le président de la CENI, Corneille Nangaa, de son sommeil. Lisez-le. Entretien Monsieur André Lubaya, vous et vos amis du Rassemblement aile Limete venez de rejeter en bloc le calendrier électoral rendu public par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le dimanche 5 novembre 2017. Alors, que proposez-vous à la place dudit calendrier pour que le peuple congolais aille vite aux élections, en séquence unique, telles que prévues dans l’Accord de la Saint-Sylvestre? D’abord, je ne suis pas porte-parole du Rassemblement pour parler, ici, au nom de cette méga plate-forme. Je m’exprime en tant que président de l’Union Démocratique Africaine (UDA) originelle. Donc, je n’engage pas le Rassemblement. La position qui a été communiquée par notre parti, n’engage que l’UDA. Et en rejetant ce qui a été brandi comme un calendrier, dimanche 5 novembre dernier, cela n’engage que notre formation politique parce que ce document de Nangaa est contraire à la Constitution de même qu’à l’Accord du 31 décembre 2016. Par conséquent, cela n’appelle pas débat au niveau du parti pour la simple raison que ça ne permet pas à l’UDA d’atteindre son principal objectif qui est celui de conquérir le pouvoir par les élections, par voie des urnes. Ce n’est pas un calendrier puisque ça nous éloigne de cette perspective, de cet objectif. Donc ça ne nous concerne pas. Et nous nous préparons autrement avec le peuple congolais. Qu’est-ce que nous proposons en alternative ? En alternative, pour nous, il n’y a pas de miracle. Primo, c’est appliquer l’Accord, c’est-à-dire, organiser les élections en 2017. Secundo, découpler les scrutins : organiser la présidentielle impérativement en 2017 et ramener les législatives nationales et provinciales en mars ou juin 2018. Autrement, nous considérons tout ce qui est fait comme manœuvres dilatoires en vue de maintenir Kabila au pouvoir. C’est cela la position de l’UDA. Sinon, nous allons nous joindre au peuple pour mettre en application l’article 64 de la Constitution dans son alinéa premier. Récemment, l’Ambassadrice Nikki Haley a proposé l’année 2018 pour la tenue des élections en RDC. Avec une telle prise de position, les Etats-Unis d’Amérique et la communauté internationale ne vont-ils pas tourner le dos à la frange radicalisée de l’Opposition congolaise? J’aimerais, avant tout, que vous évitiez des expressions telles que «frange radicalisée de l’Opposition». C’est quoi la frange radicalisée de l’Opposition par rapport à la misère aggravée et aggravante de la population ? C’est quoi la frange radicalisée de l’Opposition par rapport à tous ces fachos et tous ces faucons de la Majorité présidentielle qui boivent du champagne pendant qu’ils arrêtent, tuent, assassinent et exécutent au Kasaï et partout ailleurs ? Qu’est-ce qui est radical ? Est-ce la manière violente, est-ce la répression sauvage ou le fait de riposter à cette répression, à cette violence, de manière cohérente. L’expression «frange radicalisée de l’Opposition» est inappropriée. Ensuite, nous sommes la République démocratique du Congo et la communauté internationale est partenaire de notre pays sur plusieurs chapitres, notamment sur celui des élections. Nous devons disposer d’un agenda national. Et notre agenda national en matière électorale est défini par la Constitution. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui le régime Kabila n’a pas appliqué la Constitution qu’on va dire que la communauté internationale a demandé des élections en 2018 et qu’on va le faire. Non, ici, il faut plutôt expliquer à la communauté internationale que la mauvaise foi de ce régime a fait qu’il n’y ait pas élection. Et on ne va pas traiter avec un gouvernement qui refuse d’organiser des élections. Parce que c’est un gouvernement sans aucune légitimité aujourd’hui. Autrefois, Feu le Maréchal Mobutu disait que le seul pays au monde où les opposants ont peur des élections c’est le Zaïre (actuelle RDC). Aujourd’hui, une certaine opinion soutient que les opposants congolais ont peur des scrutins à venir. Qu’en dites-vous ? C’est la Majorité qui a peur des scrutins parce que, aussitôt organisées, elle perdra son leader, Joseph Kabila, qui ne pourra pas se représenter. Je suis président de l’UDA et je suis prêt même si la campagne commence maintenant. Les militantes et militants de l’UDA de même que les instances dirigeantes et les organes de base du parti, nous sommes tous prêts. C’est la Majorité présidentielle qui a peur faute de candidat à présenter mais aussi et, surtout, peur de perdre le pouvoir avec tous les dégâts et les humiliations qu’ils sont en train d’infliger au peuple congolais. Donc, il ne faut pas faire référence au Maréchal Mobutu qui aurait dit ceci ou cela puisque ce n’est ni un modèle, ni une référence. Par contre, il faut affirmer que c’est la Majorité qui a peur des scrutins parce que des élections qui se feraient aujourd’hui vont évacuer monsieur Joseph Kabila. La sanction du peuple aux urnes évacuera aussi tous ces caciques qui maintiennent les Congolais dans la domination, l’oppression et la répression. Enfin, le jour où les scrutins se dérouleront, conformément à votre schéma, est-ce que l’UDA alignera des candidats à tous les niveaux (présidentielle, législatives nationales et provinciales, locales, municipales, etc.) ? Dans ses statuts, il est clairement dit que l’objectif est de conquérir le pouvoir. Et la conquête du pouvoir c’est par les urnes. C’est-à-dire en participant aux élections. Comment le parti ne va-t-il pas présenter des candidats ? Alors en ce moment-là, il faut que nous nous transformions en «moziki 100 kilos» où nous pouvons boire, manger, puis c’est tout. La conquête du pouvoir, pour nous qui sommes légalistes, c’est par la voie des urnes. C’est pour cela que nous disons à Nangaa : «Vous nous avez empêché d’aller aux élections, nous allons vous empêcher de dormir aussi parce vous nous condamnez à rester dans cet état alors que le peuple congolais veut rapidement nous voir gouverner le Congo autrement.» Merci monsieur le journaliste.
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