Pour le leader des Fonus et DECO, le mandat de la Monusco qui prend fin ce 31 mars 2015 devra ĂȘtre revu en fonction de l’Ă©volution de la situation sur Terrain et la rĂ©alisation des objectifs fixĂ©s. Etant donnĂ© que, pense-t-il, la situation est alarmante, en dĂ©pit des traques des FDLR par le Gouvernement de la RDC. Ci-aprĂšs, l’intĂ©gralitĂ© de la dĂ©claration politique des Fonus sur ce qu’il convient de qualifier de ‘‘l’affaire Monusco’’.

FONUS : Déclaration politique sur la situation qui prévaut entre le Gouvernement de la RDC et la MONUSCO

Les «Fonus» et «DE.CO» sont perplexe au sujet de la position prise par notre Gouvernement pour le dĂ©part de la MONUSCO de notre Territoire alors que l’apport de cette derniĂšre nous est encore salutaire pour la sĂ©curisation de notre Peuple ;

Point n’est besoin de rappeler ici que les forces Onusiennes sont arrivĂ©es chez nous, c’est suite Ă  la demande de la RDC et Ă  cause de l’instabilitĂ© qui la guettait dans sa partie Est Ă  travers les agressions extĂ©rieures ;

Nous ne saurons pas donner notre position dans ce dossier sans retracer ne fut-ce que de façon succincte les quelques temps forts qui ont militĂ© pour la prĂ©sence des forces Onusiennes en RDC jusqu’Ă  ce jour ;

En effet, aprĂšs le gĂ©nocide perpĂ©trĂ© au Rwanda en 1994, prĂšs de 1,2 million de Hutus rwandais, dont certains avaient pris part aux massacres, ont fui vers le Nord-Kivu et le Sud-Kivu Ă  l’Est de notre pays ;
en 1996, les Tutsis Rwandais en appui aux troupes dirigĂ©es par Laurent DĂ©sirĂ© Kabila avaient formĂ© les forces de l’Afdl et pĂ©nĂ©trĂ© dans notre pays pour renverser le MarĂ©chal Mobutu. A la stupĂ©faction gĂ©nĂ©rale, les troupes redoutables de Mobutu, la DSP ont Ă©tĂ© mises en dĂ©route et pour la premiĂšre fois depuis plus de 30 ans, le pouvoir de Mobutu Ă©tait Ă©branlĂ©. Soutenu par plus de huit pays de la RĂ©gion, L.D.Kabila entra triomphalement Ă  Kinshasa le 17 Mai 1997 ;

En 1998, les accompagnateurs de L.D.Kabila insatisfaits du partage des intĂ©rĂȘts ont créé un soulĂšvement contre le Gouvernement dans les deux Provinces de l’Est oĂč ils avaient, comme rebelles, occupĂ© une importante partie du pays. MalgrĂ© le cessez-le-feu et l’interdiction faite aux Etats Ă©trangers Ă  ne pas intervenir dans les affaires intĂ©rieures d’un autre Etat recommandĂ©s par le Conseil de SĂ©curitĂ©, le Rwanda et l’Ouganda ont continuĂ© Ă  soutenir des mouvements rebelles et insurrectionnels et ils les font mĂȘme jusqu’Ă  ce jour ;

En juillet 1999, aprĂšs la signature de l’accord de cessez-le-feu de Lusaka entre la RDC et cinq Etats de la RĂ©gion, nous citons l’Angola, la Namibie, l’Ouganda, le Rwanda et le Zimbabwe, le Conseil de SĂ©curitĂ© a créé, par sa RĂ©solution 1279 du 30 novembre 1999, la Mission de l’Organisation des Nations Unies en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo « MONUSCO » qui a vu ses tĂąches se multiplier par la volontĂ© d’une sĂ©rie de RĂ©solutions ultĂ©rieures prises par le mĂȘme conseil de SĂ©curitĂ© en dehors de celle du contrĂŽle de l’accord de cessez-le-feu ;

Le 30 juillet 2006, Ă  l’occasion des premiĂšre Ă©lections libres organisĂ©es dans le pays, 46 ans aprĂšs l’indĂ©pendance, Joseph Kabila a Ă©tĂ© Ă©lu PrĂ©sident de la RĂ©publique dans les conditions que nous connaissons tous. C’est ici l’occasion de souligner que les Nations Unies ont contribuĂ© beaucoup dans l’organisation de ces Ă©lections et mĂȘme aprĂšs. Elles sont intervenues en mĂ©diation politique, dans les tĂąches sĂ©curitaires et celles relatives Ă  l’Etat de droit et au renforcement des capacitĂ©s dans certains domaines stratĂ©giques et vitaux pour notre Peuple ;

Au mois de juillet 2010, Compte tenu de la nĂ©cessitĂ© de la prĂ©sence des forces Onusiennes dans notre pays pour consolider la dĂ©mocratie naissante, le Conseil de SĂ©curitĂ© avait, par la RĂ©solution 1925 (2010), transformĂ© la « MONUC » en « MONUSCO » Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo ;

En 2011, en dĂ©pit de toutes les fraudes et tricheries qui avaient Ă©maillĂ© les Ă©lections, la MONUSCO nous avait Ă©tĂ© d’une grande importance par rapport Ă  la logistique et Ă  la lutte contre les violations des droits de l’homme et au maintien de la paix sur toute l’Ă©tendue du Territoire National ;

C’est dans cette perspective que le Conseil de SĂ©curitĂ© avait dĂ©cidĂ© que les reconfigurations futures seront fonctions de l’Ă©volution de la situation sur le terrain, en particulier de l’achĂšvement des opĂ©rations militaires en cours dans les Kivus et dans la Province Orientale, de l’amĂ©lioration des moyens dont dispose le Gouvernement de la RDC pour protĂ©ger efficacement la population, et du renforcement de l’autoritĂ© de l’Etat sur l’ensemble du Territoire.

A notre connaissance, les efforts du Gouvernement ne sont encore arrivĂ©s au seuil du souhaitable. De mĂȘme, en dehors de tous les exploits des casques bleus pour la stabilisation de l’Est, il faut dire que cette partie du pays est toujours en proie Ă  des crises humanitaires chroniques et Ă  des violations graves des droits de l’homme, en particulier des violences sexuelles et sexistes. Le cycle de violence est entretenu par la prĂ©sence persistance de groupes armĂ©s congolais et Ă©trangers profitant de la vacance du pouvoir et du vide sĂ©curitaire qui caractĂ©risent l’Est du pays, l’exploitation illĂ©gale des ressources, l’ingĂ©rence de pays voisins, l’impunitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e, des affrontements intercommunautaires et l’incapacitĂ© de l’armĂ©e et de la police nationale de protĂ©ger efficacement les civils et le territoire national et de maintenir l’ordre public ;

D’ailleurs, le PrĂ©sident de la RĂ©publique, lors de son dernier passage dans la Ville de Beni au Nord-Kivu, a officiellement dĂ©plorĂ© les morts et a demandĂ© Ă  la MONUSCO de protĂ©ger la population civile, comme pour reconnaitre les insuffisances de notre armĂ©e quant Ă  la sĂ©curisation de la population ;

VoilĂ  pourquoi, dĂ©jĂ , le 24 fĂ©vrier 2013 Ă  Addis-Abeba, en Ethiopie, l’Accord-cadre pour la paix, la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration pour la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo et dans la RĂ©gion a Ă©tĂ© signĂ© par les reprĂ©sentants de 11 pays de la rĂ©gion, les PrĂ©sidents de l’Union africaine, la ConfĂ©rence Internationale sur la RĂ©gion des Grands Lacs, la CommunautĂ© de DĂ©veloppement de l’Afrique australe et le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de l’Organisation des Nations Unies ;

Ainsi, en soutien de l’Accord-cadre prĂ©citĂ©, le Conseil de SĂ©curitĂ© a adoptĂ© le 28 mars 2013 la RĂ©solution 2098 (2013) par laquelle il proroge jusqu’au 31 mars 2014 le mandat de la MONUSCO et crĂ©e une «Brigade d’intervention» pour renforcer les opĂ©rations de maintien de la paix qui aura pour responsabilitĂ© de neutraliser les groupes armĂ©s et pour l’autoritĂ© de l’Etat et la sĂ©curitĂ© des civils dans l’Est de la RDC et de prĂ©parer le terrain pour les activitĂ©s de stabilisation ;

La RĂ©solution condamne fermement le Mouvement du 23 mars (M23), les Forces DĂ©mocratiques de LibĂ©ration du Rwanda (FDLR), l’ArmĂ©e des rĂ©sistances du Seigneur (LRA) et les autres groupes armĂ©s ainsi que les violences et les atteintes aux droits de l’homme. Elle charge la nouvelle Brigade de mener, unilatĂ©ralement ou conjointement avec les forces armĂ©es congolaises, des offensives robustes, en faisant preuve d’une grande mobilitĂ© et adaptabilitĂ© dans l’optique de perturber les activitĂ©s de ces groupes ;

Cet objectif n’a jamais Ă©tĂ© atteint pour aussitĂŽt demander le dĂ©part des forces Onusiennes ;

Le 28 mars 2014, le Conseil de SĂ©curitĂ©, par sa RĂ©solution 2147 a prorogĂ© jusqu’au 31 mars 2015 le mandat de la MONUSCO en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo et de sa Brigade d’intervention Ă  titre exceptionnel et sans crĂ©er de prĂ©cĂ©dent ni sans prĂ©judice des principes convenus du maintien de la paix, dans les limites de l’effectif maximum autorisĂ© de 19815 militaires, 760 observateurs militaires et officiers d’Ă©tat-major, 391 policiers et 1050 membres d’unitĂ©s de police constituĂ©es.

Dans la mĂȘme RĂ©solution, le Conseil a notĂ© la nĂ©cessitĂ© d’une stratĂ©gie de sortie clairement dĂ©finie et a dĂ©cidĂ© que les reconfigurations futures de la Monusco et de son mandat seront fonction de l’Ă©volution de la situation sur le terrain et des progrĂšs vers la rĂ©alisation des objectifs fixĂ©s conformĂ©ment aux trois prioritĂ©s Ă©noncĂ©es dans le concept stratĂ©gique, Ă  savoir la protection des civils et l’appui Ă  la mise en Ɠuvre de l’Accord-cadre pour la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo et la RĂ©gion ;

Au vu de ce qui prĂ©cĂšde, le mandat de la Monusco qui prend fin ce 31 Mars 2015 devra ĂȘtre revu en fonction de l’Ă©volution de la situation sur Terrain et la rĂ©alisation des objectifs fixĂ©s. Or, vous le savez aussi bien que la situation est alarmante, en dĂ©pit des traques des FDLR par notre Gouvernement ;

C’est pour cette raison que Monsieur Martin Kobler, ReprĂ©sentant spĂ©cial du SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de l’ONU en RDC a regrettĂ© la suspension de la participation des Casques Bleus aux opĂ©rations conjointes avec l’armĂ©e congolaise contre les rebelles des FDLR et appelĂ© les autoritĂ©s congolaises Ă  rĂ©tablir la coopĂ©ration avec l’ONU ;

En tout Ă©tat de cause, tout en reconnaissant la souverainetĂ© de notre Pays, nous n’allons pas la confondre aux humeurs des gens pour dĂ©cider sans faire l’examen de tous les paramĂštres dans l’intĂ©rĂȘt de notre Peuple qui en est le Titulaire ;

Comment comprendre, sans forfaiture et en dehors de tout rĂ©fĂ©rendum, s’agissant d’un problĂšme de la survie pour la nation, que le Gouvernement de la RĂ©publique organise le retrait des forces de la MONUSCO et ce, Ă  la veille des Ă©chĂ©ances capitales pour notre dĂ©mocratie naissante ! Nous pensons qu’il s’agit d’une mĂ©prise qu’il faut rapidement rectifier pour la survie de la RĂ©publique ;

En rapport avec la souverainetĂ©, l’article 5 alinĂ©a 1 et 2 de la Constitution de la RDC disposent que :

«La souverainetĂ© nationale appartient au peuple. Tout pouvoir Ă©mane du peuple qui exerce directement par voie de rĂ©fĂ©rendum ou d’Ă©lections et indirectement par ses reprĂ©sentants. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.

Aujourd’hui, c’est ce Peuple qui est exposĂ© Ă  l’insĂ©curitĂ© et c’est lui pour qui le mandat de la MONUSCO a Ă©tĂ© prorogĂ© et c’est pour lui encore qu’il sera tenu compte de l’Ă©volution de la situation sur terrain et des progrĂšs vers la rĂ©alisation des objectifs fixĂ©s dans la RĂ©solution 2147 pour dĂ©cider d’un autre mandat. DĂšs lors, il ne faudrait pas que le Gouvernement ou le PrĂ©sident de la RĂ©publique, selon le cas, dĂ©cident sur le sort de tout un Peuple sous influence de leurs humeurs ou de leurs tempĂ©rances ;

Il est donc souhaitable que la Monusco nous accompagne dans le processus d’alternance au pouvoir jusqu’Ă  l’installation du nouveau PrĂ©sident Ă©lu qui, avec son Gouvernement et l’appui des reprĂ©sentants du Peuple, feront l’Ă©valuation objective du maintien ou du retrait progressif de la MONUSCO. Demander le dĂ©part de cette derniĂšre alors qu’un processus Ă©lectoral important nous attend et pendant que les couleurs annoncĂ©es par la majoritĂ© au pouvoir ne rassurent personne lorsqu’on sait la tentative malheureuse du glissement de mandat prĂ©sidentiel, dans la loi Ă©lectorale, qui a Ă©chouĂ© au prix de sang humain les 19, 20 et 21 Janvier 2015, c’est sacrifier le peuple au bĂ©nĂ©fice duquel, curieusement, on invoque la souverainetĂ©. Malheureusement, la mĂȘme tentative de glissement est encore en gestation sous d’autres formes ;

Tout ce que nous pouvons dire aux dirigeants de la RDC, c’est rappeler Ă  leur intention la mission noble qu’ils ont de gouverner qui suppose aussi prĂ©voir et de ne se laisser conduire et guider que par l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et non par des calculs politiciens en violation de l’article 5 alinĂ©as 1 et 2 de notre Constitution prĂ©citĂ©e ;

Nous avons encore frais Ă  l’esprit des mauvais souvenirs de la « guerre » aux grandes consĂ©quences nĂ©fastes en pleine ville de Kinshasa entre les forces des deux challengers KABILA et BEMBA aprĂšs la proclamation des rĂ©sultats des prĂ©sidentielles de 2006 sous Chars de combat. Heureusement que la MONUC Ă©tait prĂ©sente, il faut le reconnaitre ;

Ce cas amer, parmi tant d’autres des violations intentionnelles des droits de l’homme vĂ©cus Ă  Kinshasa et dans les Provinces de notre Pays en 2006 tout comme en 2011, ne nous permet pas d’accepter immĂ©diatement le dĂ©part de la Monusco avant la fin de ce processus Ă©lectoral sans garanties nĂ©cessaires prouvant l’amĂ©lioration des moyens dont dispose le Gouvernement de la RDC pour protĂ©ger efficacement la population et sa capacitĂ© de faire sentir l’autoritĂ© de l’Etat sur l’ensemble du Territoire comme le souligne la RĂ©solution 2147 prĂ©citĂ©e ;

Au Peuple congolais, souverain primaire, qui croit Ă  notre lutte pour laquelle nous avons sacrifiĂ© toute notre vie pour l’idĂ©al de la dĂ©mocratie et des droits de l’homme, nous demandons de soutenir et d’accepter encore la prĂ©sence de la Monusco pour nous accompagner dans l’alternance au pouvoir et cela ne viole en rien notre souverainetĂ© dĂšs lors que c’est vous « Peuple » qui sortez victorieux et sĂ©curisĂ© ;

N’oublions pas qu’en sa qualitĂ© de Membre de l’ONU, la RDC et cette derniĂšre sont liĂ©es aux prescrits de l’article 24 point 1 de la Charte des Nations Unies qui dispose que : « Afin d’assurer l’action rapide et efficace de l’Organisation, ses Membres (dont la RDC) confĂšrent au Conseil de sĂ©curitĂ© la responsabilitĂ© principale du maintien de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales et reconnaissent qu’en s’acquittant des devoirs que lui impose cette responsabilitĂ© le Conseil de sĂ©curitĂ© agit en leur nom ».

Ainsi donc, pour terminer, il y a lieu de souligner que c’est au nom de la souverainetĂ© que l’ONU Ă©tait invitĂ©e en RDC et pensons nous sĂ©parer dignement au nom de la mĂȘme souverainetĂ©, aprĂšs qu’elle (ONU) nous ait accompagnĂ© Ă  l’alternance, c’est-Ă -dire Ă  l’entrĂ©e du PrĂ©sident Ă©lu et au sortir de l’ancien PrĂ©sident. Et c’est au PrĂ©sident Ă©lu et Ă  son Gouvernement qu’incombera la charge d’Ă©valuer ensemble avec les amis de la MONUSCO ce qui reste Ă  faire et ce qui est dĂ©jĂ  fait pour une dĂ©cision responsable, en conformitĂ© avec la RĂ©solution 2147 du Conseil de SĂ©curitĂ©.

Fait Ă  Kinshasa, le 25 Mars 2015

Tout Pour le Peuple, et rien que pour le Peuple !

Joseph Olenghankoy

Président National


Le direct


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