Le PrĂ©sident Joseph Kabila a procĂ©dĂ© hier lundi 27 avril Ă  l’ouverture des Ă©tats gĂ©nĂ©raux de la justice congolaise, 19 ans après ceux de 1996. Les participants aux travaux vont rĂ©flĂ©chir sur des rĂ©formes prioritaires. Selon Human Rights Watch, les participants devront formuler des recommandations dans le but de renforcer la lutte contre l’impunitĂ© pour les crimes les plus graves. Ces recommandations vont porter sur la lutte contre l’impunitĂ© ; l’indĂ©pendance de la justice ; l’organisation, la compĂ©tence et les procĂ©dures judiciaires ; l’accès Ă  la justice ; la justice pĂ©nale ; la planification, la coordination, le suivi des rĂ©formes et le financement de la justice. Tous les intervenants qui ont pris la parole hier, ont convenu que la justice n’est pas bien rendue en RDC.

Etats généraux de la justice en République Démocratique du Congo

Proposition des recommandations sur la lutte contre l’impunitĂ© pour les graves crimes internationaux

Avril 2015

Du 27 avril au 2 mai se tiennent Ă  Kinshasa, Ă  l’initiative du Ministre de la Justice et des Droits Humains congolais, des Etats gĂ©nĂ©raux sur l’Ă©tat de la justice en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo (RD Congo).

Selon les termes de rĂ©fĂ©rences, les objectifs des Etats gĂ©nĂ©raux sont de poser un diagnostic du fonctionnement de l’appareil judiciaire en RD Congo, d’Ă©valuer les rĂ©formes dĂ©jĂ  entreprises et de formuler des recommandations autour des rĂ©formes et actions prioritaires qui devraient encore ĂŞtre mises en Ĺ“uvre. Des reprĂ©sentants du système judiciaire militaire et civil, des fonctionnaires du Ministère de la Justice, d’autres ministères et de la prĂ©sidence, des reprĂ©sentants du pouvoir lĂ©gislatif et des barreaux, des universitaires, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile nationale et internationale sont attendus pour participer aux travaux. Plus de 200 participants devraient ĂŞtre prĂ©sents dont la moitiĂ© en provenance des provinces.

Diagnostic de la lutte contre l’impunitĂ© devant les tribunaux nationaux

Depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, l’Est de la RD Congo est en proie Ă  une sĂ©rie de conflits locaux et rĂ©gionaux. De nombreux groupes rebelles ont Ă©mergĂ© Ă  rĂ©pĂ©tition, parfois avec le soutien de pays voisins. Des armĂ©s, ainsi que les forces armĂ©es rĂ©gulières qui les combattent ont commis et continuent de commettre des violations graves du droit international humanitaire et du droit international des droits humains Ă  l’encontre des populations civiles.

Pendant longtemps, l’impunitĂ© la plus complète a rĂ©gnĂ© pour ces crimes.

En 2002, la RD Congo a ratifiĂ© le Statut de la Cour PĂ©nale Internationale (CPI) et en 2004 le PrĂ©sident Joseph Kabila a renvoyĂ© la situation en RD Congo Ă  la Cour. Depuis lors, en plus des affaires Ă  la CPI, on a Ă©galement constatĂ© un certain progrès concernant la justice pour les crimes les plus graves devant le système judiciaire national. Soucieux d’encourager la complĂ©mentaritĂ© entre la CPI et les juridictions nationales, les autoritĂ©s congolaises et les partenaires internationaux ont Ă©laborĂ© de nombreux projets visant Ă  renforcer les capacitĂ©s du système judiciaire militaire pour la poursuite des graves crimes internationaux (parmi lesquels, les formations spĂ©cialisĂ©es, audiences foraines, soutien aux parties civiles, et appui Ă  la protection).

Au cours des dix dernières annĂ©es, une trentaine de procès pour crimes de guerre ou crimes contre l’HumanitĂ© se sont tenus devant les juridictions militaires. Environ deux tiers de ces procès concernent des membres de l’armĂ©e congolaise, le reste des membres des groupes armĂ©s. De plus, les tribunaux militaires et civils ont Ă©galement rendu plusieurs centaines de jugements portant sur des viols et violences sexuelles en tant que crimes de droit commun (notamment lors d’audiences foraines soutenues par les partenaires internationaux). Ces progrès sont encourageants et mĂ©ritent d’ĂŞtre soulignĂ©s.

Toutefois, malgrĂ© ces progrès, il convient de noter que le nombre total de procès concernant des crimes de guerre ou crimes contre l’HumanitĂ© est extrĂŞmement limitĂ© au vu de l’ampleur des crimes graves commis en RD Congo. De nombreux crimes graves ne font jamais l’objet d’enquĂŞte ou, bien souvent, les enquĂŞtes sont bloquĂ©es pendant des annĂ©es. De plus, la grande majoritĂ© de ceux qui ont Ă©tĂ© poursuivis demeurent des soldats de rang et les procès qui ont eu lieu n’ont pas Ă©tĂ© sans problèmes. Les enquĂŞtes prĂ© juridictionnelles ne sont souvent pas de bonne qualitĂ©, les victimes et tĂ©moins, ainsi que les magistrats parfois, font l’objet d’intimidation, et les droits des accusĂ©s Ă  un procès Ă©quitable ne sont pas toujours bien respectĂ©s. Les procès les plus sensibles ont Ă©tĂ© marquĂ©s par des ingĂ©rences de la part d’officiels politiques ou d’officiers de l’armĂ©e, et ceux qui sont condamnĂ©s arrivent parfois Ă  s’Ă©chapper Ă©tant donnĂ© le mauvais Ă©tat des prisons.

Selon les normes internationales et rĂ©gionales, c’est le système judiciaire civil qui devrait ĂŞtre compĂ©tent pour juger les graves crimes internationaux mais aucune procĂ©dure pour ces crimes n’a encore eu lieu devant les juridictions civiles en RD Congo.

Reformes et actions prioritaires à intégrer dans les recommandations adoptées par les Etats généraux

Au cours des Etats gĂ©nĂ©raux, les participants travailleront au sein de neuf groupes de travail sur divers aspects du secteur de la justice en RD Congo. Ci – dessous, nous donnons un aperçu des rĂ©formes prioritaires qui devraient ĂŞtre incluses selon Human Rights Watch dans les recommandations adoptĂ©es par les Etats gĂ©nĂ©raux pour les six groupes suivants, dans le but de renforcer la lutte contre l’impunitĂ© pour les crimes les plus graves : 1) lutte contre l’impunitĂ© ; 2)indĂ©pendance de la justice ;3) organisation, compĂ©tence et procĂ©dures judiciaires ; 4) accès Ă  la justice ; 5) justice pĂ©nale ; 6) planification, coordination, suivi des rĂ©formes et financement de la justice.
Lutte contre l’impunitĂ©
Elaborer une politique nationale pĂ©nale en matière de poursuites graves crimes internationaux. Cette politique gĂ©nĂ©rale pourrait dĂ©tailler la stratĂ©gie du gouvernement en matière de lutte contre l’impunitĂ©, y compris la coopĂ©ration avec la Cour PĂ©nale Internationale (CPI), la mise en place des chambres spĂ©cialisĂ©es et le renforcement du système judiciaire ordinaire. Elle pourrait identifier les faiblesses actuelles du système judiciaire national en la matière, les actions prioritaires Ă  mener, et des stratĂ©gies pour mieux diriger et coordonner le soutien des partenaires de dĂ©veloppement dans ce domaine.
Adopter la loi de mise en œuvre du statut de Rome de la CPI
Adopter et mettre en œuvre le projet de loi portant création de chambres spécialisées au sein du système judiciaire national :

Le gouvernement congolais a proposĂ© de mettre en place au sein de trois Cours d’appel (juridictions civiles) des chambres spĂ©cialisĂ©es mixtes chargĂ©es exclusivement de poursuivre les crimes de guerre, crimes contre l’humanitĂ© et crimes de gĂ©nocide. Ces chambres seraient composĂ©es de personnel judiciaire militaire et civil, national et international. L’idĂ©e des chambres spĂ©cialisĂ©es est très largement soutenue par la sociĂ©tĂ© civile congolaise.

Comme cela est expliquĂ© dans l’exposĂ© des motifs du projet de loi du Gouvernement (version mai 2014), ce projet, bien rĂ©alisĂ©, pourrait rĂ©pondre aux obstacles principaux qui freinent la lutte contre l’impunitĂ© en RD Congo aujourd’hui. En effet, il est reconnu que les crimes internationaux sont particulièrement complexes et demandent une expertise spĂ©cifique. La spĂ©cialisation des chambres et la prĂ©sence d’experts internationaux permettent au personnel judiciaire d’acquĂ©rir et renforcer leur expĂ©rience et expertise en matière d’enquĂŞtes et de poursuites de graves crimes internationaux, de protection des tĂ©moins, et de dĂ©fense des droits des accusĂ©s. De plus, les chambres permettront de diminuer les interfĂ©rences pouvant provenir de la hiĂ©rarchie militaire ou des autoritĂ©s politiques dans le fonctionnement de la justice.

En mai 2014, le Parlement congolais a citĂ© des erreurs techniques dans le projet de loi sur les chambres spĂ©cialisĂ©es et ne l’a pas inscrit Ă  l’agenda de la session parlementaire. Nous encourageons le Gouvernement congolais Ă  corriger ces erreurs et Ă  reprĂ©senter le projet de loi après avoir consultĂ© et expliquĂ© l’objectif du projet aux membres du Parlement et Ă  toutes les autres parties prenantes.

De nombreux pays dans le monde ont créé des unitĂ©s d’enquĂŞtes ou des chambres spĂ©cialisĂ©es nationales ou mixtes, pour la poursuite des crimes les graves. Des chambres spĂ©cialisĂ©es mixtes existent en Bosnie- HerzĂ©govine, au Cambodge, au Kosovo, au Timor Oriental, ainsi qu’au SĂ©nĂ©gal. Le 22 avril 2015, le Parlement de transition de la RĂ©publique Centrafricaine a adoptĂ© Ă  une Ă©crasante majoritĂ© un projet de loi crĂ©ant ne Cour PĂ©nale spĂ©ciale au sein de son système judiciaire pour connaitre des crimes graves commis sur le territoire depuis 2003, avec la participation d’experts internationaux.


Garantir la compĂ©tence exclusive des cours civiles pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanitĂ© et crimes de gĂ©nocide :

En RD Congo, jusqu’Ă  prĂ©sent, ce sont les juridictions militaires exclusivement qui ont exercĂ© leur compĂ©tence en matière de crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ©. Comme expliquĂ© ci-dessus, la gestion de ce contentieux par les tribunaux militaires connait un certain nombre de problèmes.

Prenant en compte les difficultĂ©s qui se posent pour les systèmes de justice militaire dans la poursuite de crimes commis part du personnel militaire contre des civils, les normes internationales et rĂ©gionales recommandent que les tribunaux militaires ne soient pas impliquĂ©s dans les poursuites graves violations des droits humains et ses focalisent seulement sur les infractions militaires. Cette approche est recommandĂ©e pour un certain nombre de raisons, parmi lesquelles : le fait que les violations graves des droits humains ne peuvent ĂŞtre considĂ©rĂ©es comme faisant partie des fonctions militaires, fait que l’accès Ă  la justice militaire peut ĂŞtre plus difficile ou traumatisant pour les victimes de crimes graves commis par des militaires par rapport Ă  la hiĂ©rarchie militaire.

En avril 2013, une nouvelle loi portant organisation, fonctionnement et compĂ©tences des juridictions de l’ordre judiciaire a donnĂ© compĂ©tence aux cours d’appel civiles sur les crimes de guerre, crimes contre l’humanitĂ© et crimes de gĂ©nocide « commis par les personnes relevant de leur compĂ©tence et de celle des tribunaux de grande instance ».

Cette disposition sous-entend que l’article donnant compĂ©tence aux cours d’appels ne s’appliquent pas si les prĂ©sumĂ©s responsables sont des membres de l’armĂ©e ou des civils qui bĂ©nĂ©ficient de « privilèges de juridiction » en droit congolais, et qui ne sont donc pas jugĂ©s par les cours d’appels ou les tribunaux de grande instance en temps ordinaire (voir ci-dessous Ă  propos des privilèges de juridiction). La loi entretient donc un manque de clartĂ© en droit congolais quant Ă  quelles juridictions ont vĂ©ritablement compĂ©tence pour ces crimes. Il y a en effet des dĂ©saccords entre juristes et acadĂ©miques sur la question de savoir si le système judiciaire militaire a compĂ©tence exclusive sur les militaires et policiers en vertu de l’article 156 de la Constitution. Nous appelons les autoritĂ©s congolaises Ă  clarifier cette situation, si nĂ©cessaire par l’adoption d’une loi ou en demandant une interprĂ©tation de la Constitution Ă  la Cour Constitutionnelle, afin de favoriser une compĂ©tence exclusive des juridictions civiles pour les graves crimes internationaux.



V. CrĂ©er un pĂ´le spĂ©cialisĂ© d’enquĂŞteurs, procureurs et magistrats spĂ©cialisĂ©s dans la poursuite des crimes les plus graves qui seraient affectĂ©s pour des durĂ©es longues dans les tribunaux militaires et civils des provinces oĂą la majoritĂ© des graves crimes internationaux sont commis.



Vi. Renforcer la qualitĂ© et l’impact des Cellules d’appui aux poursuites (CAP) des Nations Unies en s’assurant de la prĂ©sence du personnel ayant vĂ©ritablement une expertise dans le domaine de la poursuite des crimes les plus graves et renforcer la collaboration entre magistrats nationaux et experts des CAP afin d’amĂ©liorer la qualitĂ© des enquĂŞtes prĂ©-juridictionnelles dans les affaires de crimes graves internationaux.



Vii. Finaliser la réforme du Code judiciaire militaire de 2002 afin de le mettre en conformité avec la Constitution de 2006. Inclure dans le nouveau Code judiciaire militaire les réformes suivantes :
TransfĂ©rer aux juridictions civiles la compĂ©tence pour les poursuites des graves crimes internationaux, mĂŞme quand le prĂ©sumĂ© responsable est un membre de l’armĂ©e.


Tant que les juridictions civiles ont la compĂ©tence pour les poursuites des graves crimes internationaux, adopter des mesures afin de s’assurer que les hauts officiers de l’armĂ©e peuvent ĂŞtre poursuivis en pratique. Afin de diminuer les consĂ©quences nĂ©gatives de la règle exigeant que les juges des cours militaires doivent ĂŞtre de rang Ă©gal ou supĂ©rieur Ă  l’accusĂ©, considĂ©rer les actions suivantes : 1) nommer un nombre suffisant de magistrats militaires de haut-rang ; 2) Ă©liminer cette règle dans le cas de militaires pour les magistrats militaires, qui pourraient ĂŞtre affectĂ©s dans une catĂ©gorie distincte.


Tant que les juridictions militaires continuent de juger les graves crimes internationaux, garantir qu’une majoritĂ© de magistrats militaires soient prĂ©sents dans les cours militaires pour les affaires concernant ces crimes, qui impliquent souvent des concepts complexes de droit international, comme la responsabilitĂ© pĂ©nale du supĂ©rieur hiĂ©rarchique. Selon le code judiciaire actuel, les magistrats de carrière sont en minoritĂ© assistĂ©s par des officiers de l’armĂ©e sans formation juridique.

Viii. Recruter des enquêteurs, procureurs et magistrats féminins, les former dans le domaine des poursuites pour crimes internationaux, y compris les violences sexuelles, et les affecter dans les tribunaux militaires et civils des provinces où la majorité des graves crimes internationaux sont commis.

ix. Renforcer les droits des accusĂ©s Ă  un procès juste et Ă©quitable, y compris en garantissant le droit d’appel pour tous ; en adoptant une loi sur l’aide lĂ©gale pour les accusĂ©s indigents qui garantisse une aide lĂ©gale payĂ©e par l’Etat ; et en suspendant les frais de levĂ©e de copie des dossiers pour les avocats pro deo :

Le droit de tout Ă  avoir sa cause entendue en appel est garanti Ă  l’article 21 de la constitution congolaise ainsi qu’Ă  l’article 14 du pacte international sur les droits civils et politiques ,que le RD Congo a ratifiĂ© en 1976 .Toutefois ,ce droit Ă©lĂ©mentaire et fondamental n’est pas disponible pour tous en RD Congo .

En effet ,le code judiciaire militaire dispose Ă  son article 87 qu’aucun recours n’est disponible devant les cour militaires opĂ©rationnelles Ă©tablies en temps de’ guerre. La cour militaire parmi opĂ©rationnelle de Goma, Ă©tablie en 2008, a jugĂ© des affaires concernant des crimes de guerre parmi lesquelles l’affaire concernant les viols et pillage de masse commis par des soldats de l’armĂ©e congolaise dans et aux alentours de la ville de Minova en novembre 2012, sans recours possible .

En mai 2014, la Ministre de la Justice alors en exercice, Mme Wivine Mumba Matipa , avait dĂ©posĂ© un projet de loi visant Ă  crĂ©er un double de juridiction devant les Cours militaires opĂ©rationnelles. Le Parlement , toutefois , n’a pas inscrit ce projet de loi Ă  l’agenda de la session parlementaire .

La deuxième catĂ©gorie de personnes qui n’ont pas accès au droit sont celles bĂ©nĂ©ficiant de privilèges de juridiction en droit congolais , soit en vertu de l’article 153 de la Constitution ( une longue liste d’officiels Ă©lus et magistrats de l’Etat qui relèvent de la compĂ©tence de la cour de cassation et non pas des tribunaux de grande instance ), soit en vertu de l’article 120 du code judiciaire militaire (gĂ©nĂ©raux de l’armĂ©e congolaise ou personnes accusĂ©es dans une affaire impliquant un gĂ©nĂ©ral , qui relèvent de la compĂ©tence de la Haute Cour Militaire ) . Ces personnes Ă©tant poursuivies devant les plus hautes cours du pays (Cour de Cassation et Haute Cour Militaire ) ,elles n’ont pas accès Ă  une instance d’appel .Ceci signifie que l’intĂ©gritĂ© de tout procès concernant un gĂ©nĂ©ral de l’armĂ©e congolaise , comme par exemple le rĂ©cent du GĂ©nĂ©ral JĂ©rĂ´me Kakwavu , jugĂ© coupable de viol, est fortement compromise .

2 Indépendance de la Justice
Assurer des enquĂŞtes et poursuites Ă  l’encontre de toute personne qui tente de faire obstruction ou d’interfĂ©rer dans les affaires portant sur de crimes graves internationaux .
Garantir la compĂ©tence exclusive des cours civiles pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanitĂ© et gĂ©nocide.
Finaliser la réforme du code judiciaire militaire de 2002 afin de le mettre en conformité avec la constitution de 2006. Inclure dans le nouveau code judiciaire les réformes susmentionnées.
Renforcer le fonctionnement et l’efficacitĂ© du Conseil supĂ©rieur de la magistrature ( CSM), en exigeant la tenue rĂ©gulière d’AssemblĂ©es gĂ©nĂ©rales, et plus de transparence au sujet des dĂ©libĂ©rations qui mènent aux dĂ©cisions prises par le CSM .

3.Organisation, compétence et procédures judiciaires
Garantir la compĂ©tence exclusive des cours civiles pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanitĂ© et gĂ©nocide (voir ci-dessus).


i. Adopter une loi sur l’aide lĂ©gale qui garantisse une aide lĂ©gale payĂ©e par l’Etat au profit des accusĂ©s indigents. ConsidĂ©rer l’adoption d’une loi qui permettrait aux parties civiles indigentes d’avoir accès Ă  un avocat sans frais.

ii. Adopter une loi portant sur la protection des victimes et des tĂ©moins, notamment dans les affaires de crimes graves internationaux et de violences sexuelles. Cette loi devrait complĂ©ter les dispositions qui existent Ă  l’article 74 du code de procĂ©dure pĂ©nale et dĂ©tailler les mesures de protection et de soutien psychologique disponibles avant, pendant et après les procès (en s’inspirant de mesures dĂ©jĂ  prises par la cour militaire de Bukavu et la cour militaire de et crimes contre l’humanitĂ© en application du statut de Rome). La loi devrait Ă©galement prĂ©voir la crĂ©ation d’une agence nationale de protection avec l’assistance de la force de maintien de la paix des Nations Unies en RD Congo, MONUSCO, afin du pĂ©renniser l’expĂ©rience disponible auprès de la force de maintien de la paix un sein du système judiciaire national.

Iii. ExĂ©cuter immĂ©diatement les jugements en rĂ©paration prononcĂ©s au profit des victimes Ă  l’encontre de l’Etat dans les affaires portant sur des crimes graves internationaux et les violences sexuelles. De plus, le Gouvernement devrait engager des consultations afin d’Ă©laborer une stratĂ©gie nationale de rĂ©parations pour les crimes graves internationaux qui soit pĂ©renne et efficace.

5. Justice pénale

i. Elaborer une politique nationale pénale en matière des poursuites des crimes internationaux (voir ci-dessus).

ii. Adopter et mettre en œuvre le projet de loi portant création de Chambres spécialisées au sein du système judiciaire national (voir ci-dessus).

6. Planification, coordination, suivi des réformes et financement de la justice :

i. CrĂ©er un sous-groupe sur la complĂ©mentaritĂ© et la lutte contre l’impunitĂ© au sein du Groupe thĂ©matique Justice et Droits de l’Homme qui rĂ©unit le Ministère de la Justice et les bailleurs de fonds. Ce sous-groupe devrait se focaliser sur la coordination des activitĂ©s visant Ă  souvenir les poursuites pour les crimes les plus graves et les violences sexuelles afin de combler les lacunes et d’Ă©viter les duplications d’efforts. Le bureau de la Cour PĂ©nale Internationale Ă  Kinshasa pourrait aider Ă  coordonner ce sous-groupe.

ii. Les bailleurs de fonds devraient privilĂ©gier la durabilitĂ© et la diversification des projets sur la lutte contre l’impunitĂ© pour les crimes les plus graves.






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