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La sortie médiatique du président de la Chambre haute du parlement RD-congolais et autorité morale de l’Union des forces pour le Congo -UFC-, Léon Kengo wa Dondo, est de nature à alimenter le débat dans les cabarets et salons huppés à travers la République.

Bref mais clair et précis, Kengo a, à la faveur d’un entretien accordé à la Radio France internationale -RFI- jeté le pavé dans la mare en décortiquant au micro de Florence Maurice le processus électoral à quelques trois jours de la publication de la liste des candidats devant livrer bataille le 23 décembre 2018 en vue de briguer la magistrature suprême. En attendant cette échéance, Léon Kengo wa Dondo, s’estimant libre bien que membre du Front commun pour le Congo -FCC-, ne se sent pas dans l’obligation de soutenir Emmanuel Shadary, porte-étendard de cette plateforme politique dont l’autorité morale est Joseph Kabila Kabange arrivé fin mandat.

«J’attends que la Commission électorale présente la liste des candidats à l’élection présidentielle. Je ferai mon choix… Je le dirai en temps voulu», a-t-il déclaré non sans avancer qu’il a signé la charte du FCC «pour donner à cette charte une crédibilité».

Réputé fin stratège, Kengo wa Dondo, ancien procureur général de la République, trois fois Premier ministre pendant la deuxième République sous le régime du maréchal Mobutu Sese Seko, ambassadeur, n’écarte pas la reproduction du scénario Poutine-Medvedev en RD-Congo par la désignation de Ramazani Shadary comme dauphin du Président Kabila. «C’est peut-être l’une des raisons, mais elle n’est pas nécessaire et suffisante», a-t-il commenté à ce sujet, qualifiant ce scénario de «crédible».

«Le Président est le garant de la Constitution. Il a respecté cette Constitution, personne ne peut émettre de critiques. Analysons tout : il fait passer Ramazani, Ramazani peut être élu une fois, lui peut revenir. Moi, je crois qu’il a bien joué. S’il revient après, il peut rester autant qu’il veut», a scruté le président de la Chambre basse.







Dans le chapitre Moïse Katumbi Chapwe, candidat déclaré à la présidentielle mais qui n’a pas pu franchir les frontières nationales tant par la voie des airs que de surface et de ce fait, a été incapable de déposer régulièrement son dossier à la CENI, Kengo a plaidé pour le retour et l’alignement de l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga. «Je suis pour que Moïse Katumbi rentre et se présente… On doit donner à tout le monde les mêmes cartes de manière à ce qu’on ne critique pas qu’on a exclu l’un ou l’autre», a-t-il estimé. Puis: «L’exclure, c’est avoir peur qu’il se présente et qu’il puisse être élu. Il vaut mieux qu’il se présente. S’il n’est pas élu, il baissera ses prétentions. Et s’il est élu, c’est très bien, il est le fils du pays». A Katumbi, ce vieux routier de la politique RD-congolaise a conseillé de solliciter l’amnistie auprès du Président Kabila à qui il a tourné le dos, l’ex gouverneur du grand Katanga estimant que le Président nourrissait les ambitions de briguer un troisième mandat en violation de la Constitution. Après avoir longtemps entretenu le suspense au sujet d’un éventuel troisième mandat, anticonstitutionnel pour les uns et constitutionnel pour les autres, le Président Joseph Kabila Kabange a surpris tout le monde, en ce compris ses proches, avec la désignation d’Emmanuel Ramazani Shadary comme son dauphin. Cet acte salué de vive voix dans les rangs du FCC n’a pas surpris Kengo qui rejette en bloc toute allégation selon laquelle la désignation du dauphin serait le fruit de la pression populaire ou de l’Opposition ou encore de la communauté internationale. «Le président Kabila est le seul qui a observé la Constitution. Il faut plutôt rendre hommage», a souligné Kengo qui, dans sa liberté de pensée, croit en la victoire de l’Opposition à l’élection présidentielle à la seule condition qu’elle fasse bloc autour de la présentation d’une candidature commune et unique. «Si l’Opposition veut sortir gagnante, ils doivent se mettre tous ensemble. S’ils ne le font pas, je doute qu’ils gagnent», a-t-il dit. Au sujet de la machine à voter, rejetée par l’Opposition et la Société civile, Kengo est favorable à l’audit de cet outil par les experts pour en vérifier la fiabilité étant donné que les arguments de la CENI et des Opposants ont tout l’air de convergences parallèles.

«Je ne critique pas la machine parce que je ne connais pas la fiabilité de cette machine, mais si tout le monde dit qu’elle risque de désorienter les électeurs, et bien, il faut suivre», a lancé Kengo wa Dondo, inquiet de l’existence de six millions d’électeurs enregistrés sans empreintes, selon le rapport de l’Organisation internationale de la francophonie -OIF. «Cela m’inquiète pour la simple raison qu’au début d’une élection, il faut que tout le monde se mette d’accord sur les paramètres, de manière à ce qu’il n’y ait pas de critiques. Trop de critiques tuent l’élection», a-t-il avancé, croyant dur comme fer à la tenue des élections au 23 décembre 2018 sur financement propre du gouvernement de la République. «Je suppose qu’un président de la République ne peut pas dire ça, urbi et orbi, sans qu’il ait pris toutes les dispositions nécessaires pour que les élections se déroulent dans la transparence… Il faut que les élections se tiennent le 23 décembre et la parole du Président doit rester crédible», a déclaré l’ancien PGR.

Laurent OMBA
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