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Décidément, les autorités de Congo-Kinshasa ne veulent plus encaisser. Après le coup de gueule du Vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères et Intégration régionale, Léonard She Okitundu, contre le vice-premier et ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders, et le ministre angolais en charge des relations extérieures, Manuel Domingos Augusto, à cause de leur immixtion dans le processus électoral en cours en RDC, le patron de la diplomatie congolaise revient en charge avec une menace du pays de Lumumba de se retirer de la Cour Pénale Internationale (CPI). « La RDC qui, en son temps, avait contribué significativement à l’élaboration du Statut de Rome portant création de la Cour Pénale Internationale et, ensuite, à la mise en œuvre de celui-ci, n’exclut point, en désespoir de cause, de s’en retirer », prévient She Okitundu.

En effet, dans un communiqué de mise au point publié, ce samedi 15 septembre, le diplomate congolais révèle que plusieurs indices en possession des autorités congolaises indiquent que certains gouvernements exerceraient des pressions sur les juges de la CPI visant la politique intérieure de la RDC, voire des questions sous examen par devant elle en relation avec la situation en RDC, susceptibles d’avoir une incidence sur le processus électoral en cours. Même si le VPM congolais des affaires étrangères voile, en diplomate, son langage comme dans sa protestation du 12 septembre dernier contre la Belgique et l’Angola, plusieurs analystes font facilement allusion à l’affaire Jean-Pierre Bemba dont le verdict que Kinshasa soupçonne l’orientation à la CPI dans le dossier de subornation, peut mettre en mal l’arrêt de la Cour Constitutionnelle congolaise ayant invalidé ce dernier à l’élection présidentielle de décembre prochain.


Pour She Okitundu, la propension à instrumentaliser la CPI à des fins inavouées risque de saper irrémédiablement sa crédibilité, alors qu’elle est censée être garante de la lutte noble contre les crimes internationaux qui révoltent la conscience universelle. Avec cette menace de la RDC de se retirer de la CPI qui, d’ailleurs est en voie de se concrétiser, cette Cour risque de devenir une coquille vide, étant donné que beaucoup de pays, surtout africains sont en train de la quitter à cause de sa partialité. Si l’Afrique du sud a formellement annulé, en mars 2017, sa décision annoncée depuis 2016 de claquer la porte de la CPI, en octobre 2017, le Burundi l’a fait. Le Gabon annonçait aussi qu’il suivrait l’exemple du pays de Pierre Kurunziza. Voilà maintenant la RDC de Joseph Kabila à sa porte de sortie. On se retrouve avec cette Cour Pénale Internationale dans la fable de Jean de Lafontaine : « les animaux malades de la peste » dont la leçon à tirer est simple : « selon que vous êtes fort ou faible, les cours et tribunaux vous rendront noir ou blanc ».

Owandi.
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