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* "On peut aider son pays sans pour autant entrer au Gouvernement", a estimé par ailleurs, le leader de Ensemble, lors de sa conférence de presse hier.
Revenu au pays le lundi 20 mai après trois ans d’exil, Moïse Katumbi Chapwe a tenu sa toute première conférence de presse hier mercredi 22 mai, dans sa résidence à Lubumbashi. Face à un parterre de journalistes venus de différents horizons, l’ancien Gouverneur de l'ex-province du Katanga a révélé sa nouvelle vision au sein de l’Opposition, tenant à souligné qu’il restera à l’écart de toute gestion du pouvoir.
De blanc vêtu, Moïse Katumbi s’est montré profondément religieux en abordant cet échange avec la presse. Marqué par les trois ans d’exil, l'actuel coordonnateur de la coalition Lamuka élu pour trois mois et Commandant en chef de d’Ensemble pour le changement estime avoir été façonné par l’épreuve divine qui l’a poussé à lutter pour l’alternance en République démocratique du Congo.Se présentant en artisan de la paix, il accueille avec beaucoup d’optimisme cette ouverture qui lui a permis de revenir au pays.
«Je voudrais, tout d’abord, remercier notre Seigneur. Je crois que nous tous nous prions le même Dieu ! Ce n’était pas, en fait, facile d’aller en exil. Mais, mon Dieu m’avait donné un autre travail. Je devrais donc participer à la libération du Congo. Contribuer à la tenue des élections, sans toutefois cautionner un troisième mandat ou le troisième penalty».






«LE PRESIDENT ACTUEL ETAIT AUSSI DANS L’OPPOSITION COMME NOUS»
«Aujourd’hui, je suis de retour au pays. Je voudrais ainsi remercier mes compatriotes et surtout mes amis de "Ensemble", et tous les autres amis de l’Opposition... N’oubliez pas que le Président actuel était aussi dans l’Opposition comme nous ! Nous avons mené un grand combat ensemble pour que nous puissions vraiment finir avec les antivaleurs dans notre pays».
«Mon message est donc un message de la paix. Si je suis rentré, c’est pour que nous puissions voir ensemble l’avenir de notre pays. Les Congolais ont tant souffert, et il y a eu beaucoup de problèmes. Beaucoup de gens ont été tués», a affirmé Moïse Katumbi.
«JE DEMANDE L’OUVERTURE D'UN BUREAU DE RECENSEMENT»
Tenant à ce que l’histoire soit réécrite et que justice soit faite, le porte-étendard de Lamuka réclame la mise sur pied d’un bureau de recensement, chargé d’inventorier l’effectif de personnes tuées, massacrées pendant ces périodes de conflits. «J’ai ainsi demandé à toutes les ONG que nous puissions voir ensemble comment inventorier le nombre de personnes qui sont mortes. Des personnes qui ont été massacrées à Beni, à Butembo… Car, il ne faut pas avoir peur de réécrire l’histoire de notre pays», a-t-il souligné.
«Je demande donc aux journalistes, aux avocats, aux juristes, aux ONG… de contribuer à l’ouverture un bureau de recensement. Il y a des gens qui ont été empêchés de pleurer leurs morts. D’autres ont été emprisonnés illégalement pour des raisons politiques. Je pense à Jean-Claude Muyambo, à Franck Diongo… sans compter les combattants de Lucha. Comment allons-nous corriger notre passé si nous oublions notre histoire ?»
«NOUS SERONS UNE OPPOSITION REPUBLICAINE ET EXIGEANTE»
Quelle place compte-t-il désormais occuper au sein de la classe politique, maintenant qu’il est revenu au bercail ? A cette question, l’ancien Gouverneur du Katanga s’est voulu précis: «Moïse Katumbi est dans une coalition. Nous serons une opposition républicaine et exigeante. Nous allons féliciter là où il faudra féliciter, condamner là où il faudra condamner.Nous n’allons plus accepter la corruption dans notre pays, le trafic d’influence, (avec des personnes, par exemple, qui se disent être le fils de, le frère de, le cousin de…)».
«Quand j’étais au Gouvernorat ici au Katanga,m’avez-vous entendu travailler avec ma sœur, mon frère, ma tante… ? Nous devons éviter ces antivaleurs-là. Le changement, c’est nous tous. C’est vous, c’est moi. Nous devrons faire ce qui est bien pour permettre au pays d’aller de l’avant. Aujourd’hui, nous sommes de l’opposition. Mais, nous devons pousser le Gouvernement à faire de bonnes choses pour le pays», a-t-il lâché.
«MARTIN FAYULU ET FELIX TSHISEKEDI SONT DES FRERES ; ILS ONT UNE MEME EGLISE ET UN MEME PASTEUR»
A propos de la direction du pays, Moïse Katumbi a confirmé sa boutade selon laquelle un véhicule ne peut être concomitamment conduit par deux chauffeurs, sans citer nommément à quels acteurs il fait allusion. «Je laisse, dès lors, à la population la liberté de faire ses interprétations, comme on en fait pour la Bible», a-t-il indiqué.
Serait-ce une façon de dissuader l’un des deux candidats à la présidentielle de 2018 de renoncer à la course au pouvoir ? Moïse Katumbi lève l’équivoque, assurant qu’un jour tous les hauts cadres de l’opposition républicaine, lui et Martin Fayulu compris, iront rencontrer le Président Félix Tshisekedi de jour et non de nuit, puisqu’il ne veut rien faire en cachette.
Se voulant l’apôtre de la réconciliation, le numéro un de la coalition Lamuka tient à concilier tous ‘‘ses frères’’ de l’opposition autour d’un idéal commun : l’intérêt de la population. «Martin Fayulu, Jean-Pierre Bemba, ce sont mes frères. Même Martin Fayulu et Félix Tshisekedi sont des frères ! Ils sont dans la même église, et ils ont le même pasteur ! Martin Fayulu connaît bien Félix Tshisekedi et vice-versa. Nous ne sommes donc pas des ennemis».






«Dans notre opposition républicaine, nous allons mettre les deux frères ensemble. Mettre les deux personnes ensemble ne veut pas dire entrer au Gouvernement. Nous voulons être du côté de l’Opposition et faire avancer le pays. Je veux la paix et le progrès au pays. Moi et Martin Fayulu, nous sommes des frères. Nous sommes dans une même coalition. Nous parlons de temps en temps avec Martin Fayulu. Nous parlons avec tout le monde. Tout récemment en Belgique, vous nous avez vu ensemble lorsqu’il fallait changer la plateforme électorale en plateforme politique !», a rétorqué Moïse Katumbi face à ceux qui relèvent déjà des distances entre lui et ‘‘le défenseur de la vérité des urnes’’.
«MOISE KATUMBI NE VA PAS ENTRER AU GOUVERNEMENT»
Et si Félix Tshisekedi tendait la main à Moïse Katumbi, Fayulu ou autres cadres de Lamuka pour entrer au Gouvernement, quelle serait la position de Katumbi ? «Le plus important pour moi, c’est d’abord la population congolaise. Je reste dans l’opposition. Il y a le Premier ministre qui va former son Gouvernement. On peut aider notre pays sans pour autant entrer au Gouvernement. Moise Katumbi ne va pas entrer au Gouvernement. Il aura, au contraire, un bic rouge. Ainsi, là où c’est bon, nous allons féliciter, là où c’est mauvais nous allons critiquer et proposer des solutions», a tranché le numéro un de Lamuka.
Moïse Katumbi encourage, dès lors, les cadres de Cap pour le Changement (CACH) à se ruer pour la gestion du pouvoir.«L’UDPS s’est battue pendant trente-sept ans. Les anciens militants doivent occuper des postes, parce qu’ils ont lutté pour le changement. Mais moi, je vois très mal comment Moïse va quitter là où il est pour aller chercher un poste au Gouvernement. Je souhaite donc à tous les militants de l’UDPS une bonne chance pour changer la situation du peuple congolais. De même, pour mon frère Vital Kamerhe de l’UNC. Mais, je n’aime pas être opportuniste dans ma vie. Je reste constant dans ce que je fais».
«J’AI CHOISI DE ME RANGER DU COTE DU PEUPLE».
Quid alors de la Mutation d’Ensemble en parti politique ? Moïse Katumbi se veut ici très ambitieux. «Nous allons faire d’Ensemble un grand parti politique. Et nous aurons aussi des alliés. Nous allons tout faire pour avoir un parti modèle. Nous ne voulons pas avoir des opportunistes chez nous», a clamé Katumbi, promettant qu’il va bientôt sillonner toutes les provinces du pays pour présenter sa nouvelle vision politique.
Et à ceux qui lui demandent s’il garde rancœur au président sortant. La réponse est directe : «Je n’ai pas de haine contre l’ancien Président Joseph Kabila. J’ai travaillé avec lui, mais j’ai dû quitter moi-même mon poste. J’avais même publié sur mon compte twitter les raisons de ma démission. A l’époque, nous étions à six Gouverneurs qui ne voulaient plus de la continuité et qui étaient prêts à démissionner. Mais, le jour J, certains ne décrochaient plus leurs téléphones. D’autres avaient laissé leurs téléphones à leurs secrétaires, parce qu’ils avaient des cadavres à protéger. Moi, je n’avais aucun cadavre à protéger. J’ai alors choisi de me ranger du côté du peuple». Yves KALIKAT, Envoyé spécial à Lubumbashi
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